La plupart des comparatifs bancaires alignent toutes les enseignes dans un même tableau. La source publique française, elle, refuse de le faire : dès le premier écran, elle vous demande de choisir entre les établissements avec agences et les banques en ligne, et elle ne rend pas du tout la même chose selon votre réponse.
Cette séparation n’est pas un caprice d’ergonomie. Elle dit quelque chose de précis sur la structure du marché bancaire français, et elle a des conséquences directes sur la façon dont vous devez chercher. Cet article explique l’asymétrie, place les huit enseignes que tout le monde cite de part et d’autre de la ligne, et donne les deux pièges d’usage qui font écrire des contresens à des articles pourtant sourcés. Aucun tarif n’est recopié : la méthode vous permettra de les relever vous-même, à jour.
Ce genre de vérification se fait mieux quand la fin du mois n’est pas tendue. I am Beezy rémunère la consultation de contenus — vidéos, articles, publicités — avec un ordre de grandeur de 5 à 15 € par jour selon l’activité, crédité sur votre moyen de paiement habituel, en euros et sans conversion depuis la France.
Un outil public, deux listes qui ne se lisent pas de la même façon
Avant de comprendre l’asymétrie, il faut savoir d’où vient l’outil. Ce n’est pas un site d’affiliation : il ne renvoie vers aucune souscription et ne tire aucun revenu des établissements qu’il présente.
Qui l’édite et sur quel texte
Le comparateur est édité par le ministère de l’Économie avec le Comité consultatif du secteur financier. Son existence repose sur le décret n° 2015-1432 du 5 novembre 2015, qui a modifié l’article D. 614-1 du code monétaire et financier : il charge le Comité d’instituer et de gérer un comparateur public en ligne permettant de comparer gratuitement les principaux frais facturés aux particuliers. Les valeurs comparées proviennent du document d’information tarifaire, document normé que tous les établissements publient depuis l’entrée en vigueur, le 31 octobre 2018, du décret n° 2018-774. Le suivi relève de l’Observatoire des tarifs bancaires du Comité et la collecte est confiée au cabinet Sémaphore Conseil.
Le premier choix du formulaire
Le critère d’ouverture porte sur le type d’établissement, et il propose quatre valeurs. Les résultats obtenus le 16 août 2026 pour Paris montrent immédiatement ce qui sépare les deux mondes.
| Choix proposé | Ce qu’il rend | Résultat mesuré pour Paris le 16 août 2026 |
|---|---|---|
| Établissements avec agences | Les enseignes physiquement présentes dans le département choisi | 18 établissements |
| Établissements en ligne | Une liste nationale, identique quel que soit le département saisi | 15 établissements |
| Établissement public à caractère industriel et commercial | Une catégorie distincte | Aucun résultat |
| Tous établissements | L’union des trois | 33 établissements |
Une contrainte d’écran à connaître
Le département reste obligatoire dans le formulaire, y compris pour interroger les banques en ligne dont la liste est pourtant nationale. C’est une contrainte de saisie, pas une propriété du résultat : le même jeu d’établissements en ligne apparaît que vous saisissiez la Gironde ou le Bas-Rhin. Le sélecteur couvre les départements métropolitains, la Corse sous ses deux codes, ainsi que la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, La Réunion, Saint-Pierre-et-Miquelon, Mayotte, Wallis-et-Futuna, la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie.
Pourquoi les agences sont-elles listées par ville et les banques en ligne à l’échelle nationale ?
La réponse tient à la structure juridique des réseaux français, et c’est le point que la plupart des comparatifs commerciaux ignorent.
Un réseau mutualiste a autant de grilles que de caisses
Dans la liste des établissements avec agences, les réseaux mutualistes n’apparaissent pas sous leur marque nationale mais sous leur caisse régionale : pour Paris, on lit « Crédit Agricole d’Île-de-France », « Crédit Mutuel Île-de-France », « Caisse d’Épargne Île-de-France » ou « Banque Populaire Rives de Paris ». Changer de département change l’entité interrogée, et donc la grille tarifaire affichée. Il n’existe pas de tarif national pour ces réseaux, puisque la grille appartient à la caisse et non à l’enseigne.
Une banque en ligne n’a qu’une adresse
À l’inverse, un établissement sans agence n’a ni caisse régionale ni implantation locale : sa grille est unique et vaut pour la France entière. Le lister par département n’aurait aucun sens, et le site bascule d’ailleurs sur une adresse de résultat distincte quand vous choisissez cette catégorie. Une seule liste suffit donc à couvrir tout le territoire.
Ce que l’asymétrie dit du marché
Elle dit que le marché bancaire français n’est pas un marché unique mais une juxtaposition de marchés locaux, à laquelle s’ajoute une couche nationale récente. Elle a une conséquence directe pour vous : tout comparatif bancaire français qui ne précise pas le département est incomplet du côté des agences. Un article qui affiche un tarif de réseau mutualiste sans dire de quelle caisse il parle ne vous donne pas une information utilisable, même s’il l’a lue au bon endroit.
Où se placent les huit enseignes que tout le monde cite
Passons de la théorie au repérage concret, avec les noms que vous avez en tête. Attention : ce sont les libellés exacts de l’outil qu’il faut chercher, et deux d’entre eux ne correspondent pas à la marque du public.
Côté établissements avec agences
Le Crédit Agricole, BNP Paribas, la Société Générale, LCL, le CIC, le Crédit Mutuel et La Banque Postale se trouvent tous dans la liste dépendant du département. Trois précisions de vocabulaire évitent une recherche infructueuse : le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel apparaissent sous leur caisse régionale, et la Société Générale s’affiche sous la marque « SG », adoptée depuis la fusion avec le Crédit du Nord.
Côté banques en ligne
BoursoBank figure dans la liste nationale, aux côtés d’Allianz Banque, d’AXA Banque, de BForBank, de Carrefour Banque, de Monabanq, de Fortuneo, d’EasyBourse, de Hello bank!, de NiCKEL, d’Anytime, de N26, d’Orange Bank, d’Oney et de Ma French Bank. Rappelons au passage que BoursoBank est un nom commercial de Boursorama, filiale de la Société Générale : les deux camps du tableau ne sont pas aussi étanches qu’ils en ont l’air.
Les acteurs qui n’y sont pas du tout
Le comparateur retient les établissements ayant vocation à servir l’ensemble des consommateurs particuliers, à l’exclusion de certains acteurs spécialisés. Plusieurs enseignes très visibles n’y figurent donc pas : Revolut, bunq, Sumeria, Trade Republic et Wise en sont absentes. Écrire que le comparateur officiel classe toutes les banques françaises est faux. Pour ces acteurs, aucune source officielle française de prix n’existe : il faut remonter à leur propre grille tarifaire, avec la prudence que cela suppose.
| Enseigne | Liste où la chercher | Libellé à saisir |
|---|---|---|
| Crédit Agricole | Avec agences | Caisse régionale du département |
| BNP Paribas | Avec agences | BNP Paribas |
| Société Générale | Avec agences | SG |
| LCL | Avec agences | LCL |
| CIC | Avec agences | CIC |
| Crédit Mutuel | Avec agences | Fédération régionale |
| La Banque Postale | Avec agences | La Banque Postale |
| BoursoBank | En ligne | BoursoBank |
Comment éviter les deux pièges d’usage de la source publique ?
Ces deux pièges ne se voient pas. La page s’ouvre normalement, les valeurs sont plausibles, et rien n’avertit. Ils ont été mesurés le 16 août 2026.
Premier piège : aucune date d’extraction générale n’est publiée
Ni la page d’accueil, ni la page d’explication, ni l’en-tête du tableau ne portent de date de relevé. Le site annonce seulement une mise à jour « au fil de l’eau ». En revanche, chaque cellule porte la sienne, sous une mention que l’on découvre en survolant la valeur, du type « stabilité du tarif depuis le… », déclinée aussi en hausse, baisse, modification, apparition ou disparition. Ce n’est pas une date de relevé mais une borne de fraîcheur : elle indique depuis quand la valeur n’a pas bougé. Écrire « tarifs au 1er janvier 2026 » pour l’ensemble du tableau est donc faux, chaque établissement ayant sa propre date.
Second piège : des établissements fermés y figurent encore
Le tableau retient des établissements dont la dernière donnée remonte à plusieurs années, sans le signaler autrement que par la mention de la cellule. Dans la liste des banques en ligne, la plus ancienne date observée remonte au 23 mars 2018 pour Anytime ; deux autres, Ma French Bank et Orange Bank, portent des dates de 2024 — et ces deux-là ont depuis cessé leur activité de banque de détail, Orange Bank au fil de 2024 et 2025, Ma French Bank en juillet 2025. Leur ligne figure pourtant toujours dans le comparateur. À l’autre extrémité, la valeur la plus récente relevée datait du 6 août 2026 : le jeu de données est bien alimenté, mais de façon très inégale d’une enseigne à l’autre. Avant de citer un établissement, lisez la date de sa cellule et vérifiez qu’il existe encore.
Deux confusions de lecture qui coûtent cher
La mention NC signifie « non communiqué » : l’établissement ne communique pas ce tarif dans l’extrait standard, ce qui peut simplement vouloir dire qu’il ne propose pas le produit. NC n’est pas « gratuit », et une valeur à zéro n’est pas un NC. Par ailleurs, une mention « modification » signale un changement de produit ou de mode de tarification qui ne permet pas de comparer avec la valeur précédente : aucune évolution en pourcentage ne peut en être tirée.
Ce que l’outil ne compare pas
Quinze lignes tarifaires seulement sont couvertes, et elles laissent de côté les agios, les frais de rejet de prélèvement, la lettre d’information pour compte débiteur, les frais de succession, les retraits hors zone euro et le prix des offres groupées de services. Un article « tous les frais bancaires » ne peut donc pas s’appuyer sur ce seul outil. Pour l’outre-mer, le comparateur renvoie vers les observatoires de l’Institut d’émission des départements d’outre-mer et de l’Institut d’émission d’outre-mer.
Compléter son budget pendant la comparaison avec I am Beezy
Une comparaison sérieuse prend une soirée, et le changement qui en découle prend quelques semaines. Pendant cette période, deux comptes coexistent et un prélèvement peut se présenter du mauvais côté.
Le principe
Avec I am Beezy, vous consultez des contenus — vidéos, articles, publicités — et chaque consultation génère un gain. L’ordre de grandeur observé va de 5 à 15 € par jour selon l’activité, en euros, sans conversion depuis la France.
Le moment où cela sert le plus
Juste avant la bascule, quand l’ancien compte doit rester approvisionné le temps que les émetteurs prennent en compte vos nouvelles coordonnées. Les gains arrivent sur votre moyen de paiement habituel : pensez à l’actualiser avant le transfert du solde.
Ce que vous devez faire de cette asymétrie
Retenez d’abord la règle de recherche : deux listes, donc deux recherches. Une par département pour les établissements avec agences, une seule pour la liste nationale des banques en ligne. Retenez ensuite que la séparation n’est pas cosmétique : elle traduit le fait qu’un réseau mutualiste tarife par caisse régionale et qu’une banque en ligne tarife pour la France entière. Retenez enfin les deux pièges, parce qu’ils sont invisibles à l’écran : aucune date générale n’existe, chaque cellule porte la sienne, et des établissements dont la dernière donnée remonte à 2018 figurent toujours dans le tableau. Avec ces trois réflexes, la source publique devient exactement ce qu’elle prétend être — un outil gratuit qui ne vend rien, sur lequel vous relevez vous-même des montants à jour plutôt que de recopier ceux d’un article. Et si votre but, derrière cette comparaison, est simplement de reprendre un peu d’air chaque mois, un revenu d’appoint comme I am Beezy se cumule avec n’importe laquelle des enseignes des deux listes.