La 9e Biennale de Lubumbashi a ouvert le jeudi 15 octobre 2026 à l’Institut des beaux-arts de Lubumbashi et se tient jusqu’au dimanche 15 novembre 2026. Son thème : « Manger la terre » (Kukuria bulongo en swahili, Eating the Soil en anglais), une réflexion sur l’extraction minière, la mémoire et la crise écologique. Elle est portée par le centre d’art et de recherche Picha, sous la direction artistique de Sorana Munsya, selon le dossier de presse de la biennale et l’Agence congolaise de presse.
Le site officiel recense 35 artistes et collectifs, dont William Kentridge, Joseph Kasau et Soñ Gweha, répartis dans seize lieux de la ville, de Picha à l’Université de Lubumbashi, jusqu’à Kipushi. Bonne nouvelle pour ton budget : selon le site officiel, toutes les expositions et activités sont en accès libre et gratuit, sauf indication contraire dans le programme.
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Que veut dire « Manger la terre », le thème de cette 9e édition ?
Des « mangeurs de cuivre » à « l’épistémologie du trou »
Le titre part de l’histoire des communautés du Katanga connues comme les « mangeurs de cuivre », qui connaissaient finement les gisements bien avant l’extraction coloniale, explique la page de présentation de la biennale. La biennale propose de regarder au-delà de ce qu’elle appelle une « épistémologie du trou » : une façon de voir le Congo uniquement à travers ce qui lui a été arraché.
La commissaire résume la question de départ, rapportée par le magazine Diptyk : « Comment se nourrir d’une terre qui a déjà été mangée ? » Jean Katambayi, cofondateur de la biennale et du collectif Picha, va plus loin dans le dossier de presse : « Nous sommes peut-être en train de manger non seulement la terre, mais aussi la poussière de la terre ».
V. Y. Mudimbe, fil rouge de l’édition
Le concept s’appuie sur la pensée du philosophe congolais Valentin-Yves Mudimbe, auteur de « L’invention de l’Afrique », mort le 22 avril 2025 selon Culture Congo. Avant sa disparition, il a légué sa bibliothèque personnelle à l’Université de Lubumbashi, et l’équipe de la biennale y a eu un accès privilégié, confirment la Biennial Foundation et Culture Congo. Des œuvres y sont exposées à partir du lundi 19 octobre.
Qui sont la commissaire et les artistes invités ?
Sorana Munsya, et Jermay Michael Gabriel
Sorana Munsya est une curatrice belgo-congolaise basée à Bruxelles, fondatrice de la plateforme Nsomi. En mai 2026, la Biennial Foundation annonçait un duo de commissaires avec Jermay Michael Gabriel, artiste et professeur à l’Addis Ababa University, fondateur du Black History Month Milano. Sur la page de l’équipe du site officiel, Sorana Munsya est aujourd’hui présentée comme la curatrice de la 9e édition et Jermay Michael Gabriel comme chargé de la recherche de fonds.
Une liste d’artistes de Lubumbashi et d’ailleurs
Le dossier de presse cite notamment Soñ Gweha, Chimurenga, Félix Shumba, Kris Verdonck, Sandra Mujinga, Christ Mukenge et Lydia Schellhammer, Noor Abed, Victor Gama, Beau Disundi, Melisa Kayowa, William Kentridge et Kevin Kabambi. L’ACP décrit deux œuvres : « Entre ciel et terre » de Joseph Kasau, et l’installation de l’artiste camerounaise Soñ Gweha, un lit de terre garni de matières recueillies dans la région, dont des fossiles, autour des plantes médicinales des zones minières du Haut-Katanga.
Programme de la Biennale de Lubumbashi 2026 : les dates à retenir
Une ouverture en musique à l’Institut des beaux-arts
Le jeudi 15 octobre, l’ouverture officielle a eu lieu à 13 h à l’Institut des beaux-arts, suivie du vernissage à 16 h avec notamment William Kentridge, Beau Disundi et Soñ Gweha. Toutes les heures ci-dessous sont celles du programme officiel, à l’heure de Lubumbashi (UTC+2), soit une heure de plus qu’à Kinshasa.
Ce samedi 17 octobre et la suite
Ce samedi, deux rendez-vous : la Galerie Dialogue, au Musée national de Lubumbashi, puis l’Institut supérieur des arts et métiers, où une discussion sur l’activité minière et le partage des ressources réunit à 16 h 30 la commune de la Ruashi et des représentants des sociétés minières. Le cycle de films « Fault Lines » de Christian Nyampeta revient ensuite jusqu’au 14 novembre.
| Date | Lieu | Heure de Lubumbashi (UTC+2) | Au programme |
|---|---|---|---|
| Jeudi 15 octobre | Institut des beaux-arts | 13 h, 16 h | Ouverture officielle, vernissage (Kentridge, Disundi, Gweha…) |
| Vendredi 16 octobre | Picha, puis Park Hotel | 14 h, 19 h 30 | Vernissages, dont Kris Verdonck |
| Samedi 17 octobre | Galerie Dialogue, puis ISAM | 15 h, 15 h 30 | Sandra Mujinga, Félix Shumba, Noor Abed, Ruth Mpombo |
| Dimanche 18 octobre | Galerie Mast’Art | 14 h | Vernissage de Joseph Kasau |
| Lundi 19 octobre | Université de Lubumbashi, bibliothèque Mudimbe | 11 h, 13 h 30 | Conférences Mudimbe, vernissage Kevin Kabambi |
| Mercredi 21 octobre | Picha | 18 h | 1re séance du cycle de films « Fault Lines » |
| Dimanche 25 octobre | Salle Casa Nospa, Kipushi | 15 h | Discussion « Ubatizo : derrière l’image et le mythe » |
| Samedi 14 novembre | Picha | 18 h | 4e et dernière séance de « Fault Lines » |
Entrée, lieux et budget : visiter la biennale avec I am Beezy en complément
Une entrée libre, sauf exception
Aucun prix de billet n’est publié : le site officiel indique que les expositions et activités sont gratuites, sauf mention contraire dans le programme. Le centre Picha, au 7, avenue du Parc, à Makomeno, sert de point de départ. Pour circuler, l’équipe signale que Yango fonctionne en ville, mais conseille de garder du liquide.
Si tu viens d’une autre province
La biennale a négocié deux tarifs d’hôtel, fixés en dollars : 65 dollars la nuit au Park Hotel et 175 dollars au Pullman Grand Karavia, petit-déjeuner compris, soit environ 146 000 FC et 394 000 FC au cours de la Banque centrale du Congo du 4 août 2026 (1 dollar pour 2 252 FC). Le cours flotte : vérifie-le avant de payer.
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| Information | Détail |
|---|---|
| Dates | Du jeudi 15 octobre au dimanche 15 novembre 2026 |
| Thème | « Manger la terre » / Kukuria bulongo / Eating the Soil |
| Organisateur | Centre d’art et de recherche Picha |
| Point central | Picha, 7, avenue du Parc, Makomeno, Lubumbashi |
| Prix d’entrée | Gratuit, sauf indication contraire dans le programme |
| Autres lieux | Institut des beaux-arts, Institut français (Halle de l’Étoile), ISAM, Université de Lubumbashi, Musée national, Réserve botanique, Kipushi… |
| Contact | +243 972 966 643 |
Questions fréquentes sur la Biennale de Lubumbashi 2026
Combien coûte l’entrée ?
Rien, selon le site officiel : l’accès est libre et gratuit, sauf indication contraire dans le programme.
Jusqu’à quand dure la biennale ?
Jusqu’au dimanche 15 novembre 2026. Les vernissages se concentrent jusqu’au 25 octobre.
Faut-il connaître Mudimbe pour apprécier les œuvres ?
Non. Le club de lecture Mudimbe propose une lecture-performance de « L’invention de l’Afrique » le 19 octobre à 15 h, une bonne porte d’entrée pour découvrir le philosophe.
Un mois pour voir Lubumbashi autrement
Jusqu’au 15 novembre, la 9e Biennale transforme la ville en parcours d’art gratuit autour d’une question qui parle à tout le Haut-Katanga : que reste-t-il après l’extraction ? Commence par Picha, garde le programme sous la main, et prévois tes déplacements au jour le jour. Et pour financer tes sorties culturelles, pense à I am Beezy.
Sources : Agence congolaise de presse, Biennale de Lubumbashi, Biennial Foundation