Vous voulez savoir si votre banque vous coûte plus cher que la voisine, et vous tombez sur un site officiel qui promet de comparer les tarifs. Bonne nouvelle, il existe vraiment, il est gratuit et il repose sur un décret. Moins bonne nouvelle, il se lit avec des précautions que personne n'explique, et un prix relevé sans regarder sa date peut remonter à 2018.
Ce guide vous donne le mode d'emploi qui manque. Vous verrez ce que l'outil compare exactement, comment obtenir un résultat exploitable, pourquoi certaines valeurs sont périmées sans le dire, et comment retrouver votre enseigne quand elle n'y figure pas sous son nom commercial. Et parce que quelques dizaines d'euros de frais annuels se compensent aussi par un revenu d'appoint, vous verrez en chemin comment une application de contenus rémunérés comme I am Beezy entre dans ce calcul.
Ce que compare vraiment le comparateur public des tarifs bancaires
L'adresse est tarifs-bancaires.gouv.fr. Elle n'appartient ni à un courtier, ni à un site d'affiliation, ni à une banque. C'est une différence de nature, pas de degré, et elle change ce que vous pouvez en tirer.
Un outil créé par décret, pas par un éditeur privé
Le comparateur existe parce qu'un texte l'impose. Le décret n° 2015-1432 du 5 novembre 2015 a modifié l'article D. 614-1 du code monétaire et financier pour charger le Comité consultatif du secteur financier, le CCSF, « d'instituer et de gérer un comparateur public en ligne permettant aux consommateurs de comparer gratuitement les principaux frais facturés par les différents établissements à leurs clients personnes physiques ». Le site est édité par le ministère de l'Économie avec le CCSF, et la collecte est assurée par le cabinet Sémaphore Conseil (tarifs-bancaires.gouv.fr, page « Pourquoi ce site ? », consultée le 16 août 2026).
Quinze lignes tarifaires, ni treize ni vingt
Les valeurs affichées proviennent du Document d'information tarifaire, un formulaire normé que chaque établissement publie depuis l'entrée en vigueur, le 31 octobre 2018, du décret n° 2018-774 modifiant l'article D. 312-1-1 du même code. Le comparateur en retient quinze lignes, suivies par l'Observatoire des tarifs bancaires du CCSF : abonnement à la banque à distance, abonnement aux alertes par SMS puis prix de l'alerte reçue, cotisation d'une carte à débit immédiat, d'une carte à débit différé et d'une carte à autorisation systématique, frais de retrait dans le distributeur d'une autre banque et nombre de retraits gratuits mensuels, virement SEPA occasionnel en agence puis par internet, mise en place d'un mandat de prélèvement SEPA, paiement d'un prélèvement SEPA, commission d'intervention à l'opération, cotisation d'assurance des moyens de paiement, et frais de tenue de compte.
Ce que l'outil ne contient pas
Le comparateur ne couvre ni les agios, ni les frais de rejet de prélèvement, ni la lettre d'information pour compte débiteur, ni les frais de succession, ni les retraits hors zone euro, ni le prix des offres groupées de services. Une simulation qui prétend comparer « tous les frais bancaires » à partir de ce seul écran vous trompe par omission : pour les frais d'incident, ce sont les plafonds réglementaires qu'il faut regarder. Le site prévient d'ailleurs que ses tarifs sont des données brutes, sans moyenne ni retraitement, et que le prix réellement appliqué peut être inférieur selon votre profil.
Comment obtenir un résultat sans se tromper de périmètre ?
Le formulaire tient en deux choix. Le premier commande tout le reste, et c'est celui que les lecteurs pressés bâclent.
Le département est obligatoire, même pour une banque en ligne
Vous devez saisir un département avant toute recherche, y compris quand vous voulez comparer des établissements sans agence. C'est une contrainte de l'écran, pas du résultat : la liste des banques en ligne est nationale et ne change pas d'un département à l'autre. Le sélecteur couvre les quatre-vingt-seize départements métropolitains, la Corse en 2A et 2B, ainsi que la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, La Réunion, Saint-Pierre-et-Miquelon, Mayotte, Wallis-et-Futuna, la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie. Pour les collectivités d'outre-mer, le comparateur renvoie d'ailleurs vers les observatoires de l'IEDOM et de l'IEOM, qui publient leurs propres relevés.
Quatre familles d'établissements, quatre résultats différents
Le second choix sépare les banques avec agences, les banques en ligne, les établissements publics à caractère industriel et commercial, et l'ensemble. L'écart est net. Pour Paris, le relevé du 16 août 2026 donne dix-huit établissements avec agences, quinze établissements en ligne, aucun établissement public, et trente-trois au total. Si vous comparez sans avoir arrêté ce choix, vous mélangez deux modèles économiques qui ne se jugent pas sur les mêmes lignes.
Une adresse de résultat ne se partage pas
Les pages de résultats portent une adresse du type /resultats/75/all, mais elles ne fonctionnent qu'à l'intérieur d'une session où le formulaire a été soumis. Appelée à froid, la même adresse renvoie la page d'accueil. Ne gardez donc pas de « lien direct vers le comparatif » en favori : conservez plutôt l'export imprimable, que le site construit à partir de votre recherche.
Pourquoi un prix relevé ici peut-il être faux ?
C'est le point qui justifie ce guide, et il est mesurable. Le comparateur est fiable sur ce qu'il affiche, mais il ne vous dit pas de quand date ce qu'il affiche.
Aucune date d'extraction globale n'est publiée
Ni la page d'accueil, ni la page explicative, ni l'en-tête du tableau ne portent de date de relevé. Le site annonce seulement une mise à jour « au fil de l'eau ». La conséquence est directe : vous ne pouvez pas écrire ni penser « tarifs au 1er janvier 2026 » pour l'ensemble du tableau. En revanche, chaque cellule porte une indication individuelle, du type « Stabilité du tarif depuis le 01/04/2026 », qui vous donne la date depuis laquelle cette valeur n'a pas bougé. Ce n'est pas une date de collecte, c'est une borne basse de fraîcheur, et c'est tout ce dont vous disposez.
Trois établissements sont figés en 2018 et en 2024
Le comparateur affiche encore des établissements dont la dernière donnée remonte à plusieurs années, sans le signaler autrement que par l'indication portée par chaque cellule. Le relevé du 16 août 2026 sur la liste des banques en ligne le montre sans ambiguïté.
| Établissement | Date la plus récente portée par ses cellules | Frais de tenue de compte affichés |
|---|---|---|
| Anytime | 23/03/2018 | 114,00 € par an |
| Ma French Bank | 03/04/2024 | 34,80 € par an |
| Orange Bank | 29/07/2024 | 0,00 € par an |
| AXA Banque | 01/10/2025 | 39,60 € par an |
| Fortuneo | 06/08/2026 | 0,00 € par an |
Source : tarifs-bancaires.gouv.fr, relevé du 16 août 2026. Deux des trois premiers établissements ont d'ailleurs cessé leur activité de banque de détail depuis la date portée par leur cellule : Orange Bank, dont les comptes ont été clôturés au fil de 2024 et 2025, et Ma French Bank, fermée en juillet 2025. Leur ligne figure toujours dans le comparateur — la date d'une cellule ne dit rien de l'existence de l'établissement. Et un tarif daté de 2018 ne renseigne plus sur rien. Une valeur d'août 2026, comme celle de Fortuneo, oui.
La phrase à écrire quand vous citez un tarif
Formulez toujours de la même façon : tarif relevé sur tarifs-bancaires.gouv.fr le jour de votre consultation, stable depuis la date portée par la cellule, donnée issue du Document d'information tarifaire de l'établissement. Si la cellule n'affiche pas de date exploitable, ne retenez pas le tarif et demandez la plaquette à l'agence.
Lire les mentions du tableau sans contresens
La légende du tableau tient en six mentions. Deux d'entre elles provoquent l'essentiel des erreurs de lecture.
« NC » ne signifie jamais « gratuit »
« ND » veut dire qu'aucune valeur n'est disponible. « NC » veut dire que la banque ne communique pas ce tarif dans l'extrait standard, ce qui peut simplement vouloir dire qu'elle ne propose pas le produit. Lire « NC » et conclure « offert » est le contresens le plus fréquent. À l'inverse, une cellule à 0,00 € est une vraie gratuité déclarée par l'établissement, et non une absence d'information.
« Modification » interdit la comparaison
Les cellules signalent aussi le sens d'évolution depuis la plaquette précédente : stabilité, hausse, baisse, apparition, disparition. La mention « Modification » a un statut à part : elle signifie que le produit ou le mode de tarification a changé au point que la comparaison avec la valeur antérieure n'a plus de sens. N'en tirez donc jamais un pourcentage d'augmentation.
Deux abonnements sont ramenés à l'année par le site
L'abonnement à la banque à distance et l'abonnement forfaitaire aux alertes par SMS sont exprimés en montant annuel, y compris quand votre banque les facture au mois. Si vous convertissez de tête pour comparer à une facture mensuelle, dites-le explicitement, sinon vous ferez apparaître un écart de un à douze qui n'existe pas.
Où chercher votre banque dans le comparateur
Le second obstacle est un problème de nom. Plusieurs grandes enseignes n'apparaissent pas sous celui que vous connaissez, et deux réseaux n'ont tout simplement pas de tarif national.
Les réseaux mutualistes sont régionaux
Le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel figurent au comparateur sous leur caisse régionale, si bien qu'un tarif national pour ces réseaux n'existe pas. À Paris, vous lisez « Crédit Agricole d'Ile-de-France » et « Crédit Mutuel Ile-de-France ». Changez de département, et vous changez d'entité juridique comme de grille. C'est la raison pour laquelle un comparatif bancaire français doit être localisé pour valoir quelque chose : votre caisse n'a pas les mêmes prix que celle de votre frère à trois cents kilomètres.
La marque n'est pas toujours le nom affiché
| Ce que vous cherchez | Ce que le comparateur affiche | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|
| Société Générale | SG | Marque du groupe depuis la fusion avec le Crédit du Nord |
| Crédit Agricole | Crédit Agricole d'Ile-de-France, ou votre caisse | Entité et tarifs variables selon le département |
| Crédit Mutuel | Crédit Mutuel Ile-de-France, ou votre fédération | Même logique régionale |
| LCL | LCL, dans la liste des banques avec agences | Filiale du Crédit Agricole SA |
| CIC | CIC, dans la liste des banques avec agences | Entité de Crédit Mutuel Alliance Fédérale |
| BNP Paribas et La Banque Postale | Sous leur nom, sans variante | Réseaux nationaux, un seul jeu de tarifs |
| BoursoBank | BoursoBank, dans la liste nationale des banques en ligne | Nom commercial de Boursorama, filiale de la Société Générale |
« Banque en ligne » ne veut pas dire « gratuite »
Le raccourci coûte cher, et le comparateur le dément ligne à ligne. Au relevé parisien du 16 août 2026, BoursoBank et Fortuneo affichent bien 0,00 € de frais de tenue de compte, mais Monabanq en facture 36,00 € et AXA Banque 39,60 € par an, quand le Crédit Agricole d'Ile-de-France, réseau à agences, s'établit à 18,00 €. Le vrai arbitrage se joue donc ailleurs : dépôt d'espèces possible ou non, présence d'une agence pour un crédit ou une succession, origine de l'IBAN, et conditions de revenus à l'ouverture. Enfin, tous les acteurs ne sont pas dans l'outil : Revolut, bunq, Sumeria, Trade Republic et Wise n'y figurent pas.
Ce que chaque banque publie d'elle-même, hors du comparateur
Le comparateur public confronte des tarifs unitaires. Il ne répond pas à une question qui vient avant : cette enseigne publie-t-elle, de son propre chef, une grille nationale que vous pouvez ouvrir avant d'entrer en agence, et à quelle date d'effet ? Le relevé du 17 août 2026 sur les pages publiques de huit grandes enseignes donne une réponse binaire, et elle coupe le marché en deux.
| Enseigne | Document tarifaire national | Format | Date d'effet affichée | Grille suivante déjà publiée |
|---|---|---|---|---|
| BNP Paribas | Oui | 1er janvier 2026 | Non — mais deux fichiers différents sont servis pour cette même date selon la page de départ | |
| SG | Oui | PDF, deux millésimes | 1er avril 2026 | Oui — version au 1er octobre 2026 déjà en ligne |
| Crédit Agricole | Non | Sélecteur de 39 caisses régionales, aucun PDF national | 29 avril 2026 pour les prix de formule affichés en page | Sans objet |
| LCL | Oui | PDF, plus deux avenants | 1er janvier 2026 | Oui — avenants au 1er juillet et au 1er novembre 2026 |
| Crédit Mutuel | Non | Sélecteur de 14 fédérations, aucun PDF national | Aucune date d'effet nationale | Sans objet |
| CIC | Oui | PDF, le millésime 2025 restant servi à côté | 1er janvier 2026 | Non |
| La Banque Postale | Oui | PDF, plus une plaquette outre-mer distincte | 1er janvier 2026 | Non — mais quatre millésimes cohabitent en page |
| BoursoBank | Oui | Brochure en HTML navigable, sans PDF | 15 avril 2026 | Non |
Données relevées le 17 août 2026 sur les pages publiques de ces huit enseignes. Sur un prix, c'est la plaquette tarifaire qui fait foi, jamais la page commerciale. Et pour confronter des tarifs ligne à ligne, le seul outil public reste tarifs-bancaires.gouv.fr.
Six enseignes sur huit publient un document tarifaire national, deux n'en publient aucun. Le Crédit Agricole ne sert pas de PDF : sa page tarifs est un sélecteur qui vous demande votre localisation, puis vous renvoie vers l'une de ses 39 caisses régionales. Le Crédit Mutuel procède de même avec 14 fédérations. Le fait comparatif est dans la ligne d'en dessous : leurs filiales, elles, publient. LCL, filiale du Crédit Agricole SA, sert une plaquette unique au 1er janvier 2026 assortie de deux avenants déjà en ligne ; le CIC, entité de Crédit Mutuel Alliance Fédérale, sert la sienne au 1er janvier 2026 avec le millésime 2025 accessible à côté. La banque régionale ne publie pas, sa filiale nationale si.
La colonne des dates est la seconde information utile. Sept marques sur huit datent leurs prix ; le Crédit Mutuel n'affiche aucune date d'effet nationale et écrit lui-même que le détail des formules de l'Eurocompte et leurs prix « sont disponibles auprès du conseiller ». Trois enseignes publient déjà la grille suivante, ce qui suffit à rendre incohérent tout relevé non daté. À l'inverse, La Banque Postale fait cohabiter quatre millésimes sur son propre site : plaquette au 1er janvier 2026, tarifs jeunes et découvert au 1er janvier 2025, offre pour clientèle fragile au 1er janvier 2023 ; et les 2,60 €, 3,10 € et 6,10 € par mois mis en avant sur son parcours d'ouverture sont des tarifs réservés aux 18-25 ans, assurance des moyens de paiement comprise, quand sa propre page tarifs donne 2,50 € et 3 € pour les mêmes profils. Le Crédit Agricole, lui, affiche son offre Eko à 0 €/mois sur trois pages produit et « pour 2 €/mois » sur une quatrième page du même domaine, le même jour. C'est très exactement pour cela que la plaquette fait foi et que la page commerciale ne fait pas foi.
Ce que ce comparatif ne peut pas dire
Il ne désigne pas la moins chère, et il n'en prend pas le chemin : une enseigne qui publie peu n'est pas une enseigne qui facture peu, c'est une enseigne qui publie peu. Il ne permet pas non plus d'aligner le prix d'une formule, car ce prix n'est affiché de façon comparable que par cinq marques sur huit — le tarif d'un adulte de plus de 30 ans est introuvable chez BNP Paribas, au Crédit Mutuel et à La Banque Postale. Il ne vaut enfin qu'au niveau national : pour le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel, les pages relevées sont des pages nationales, et le comparateur public confirme le mécanisme en listant ces réseaux sous leur caisse régionale. Dernier réflexe de lecture : le titre de la page tarifaire de BoursoBank contient les mots « banque la moins chère », qui sont un verbatim de la marque et rien d'autre.
Absorber ses frais bancaires avec I am Beezy
Une fois le comparatif fait, il reste souvent une ligne incompressible : une cotisation carte, une assurance des moyens de paiement, une tenue de compte que votre banque régionale ne supprimera pas. C'est là qu'un revenu d'appoint change l'équation.
Un complément adossé à la consultation de contenus
I am Beezy est une application où chaque consultation de contenu, vidéo, article ou publicité, produit un gain crédité sur votre moyen de paiement habituel. La fourchette observée sur l'ensemble du service va de 5 à 15 € par jour. En France, aucune conversion n'est à faire, les montants sont directement en euros.
Ce que cela représente face à une ligne de frais
Rapportée aux ordres de grandeur ci-dessus, une seule journée d'usage couvre la tenue de compte annuelle d'un réseau régional à 18,00 €, et quelques jours suffisent à absorber les 64,00 € du haut de la fourchette parisienne. L'intérêt n'est pas de remplacer le comparatif, mais de neutraliser le résidu que le comparatif révèle sans pouvoir le supprimer.
La méthode en cinq minutes
Ouvrez tarifs-bancaires.gouv.fr, saisissez votre département, choisissez explicitement « avec agences » ou « en ligne », puis sélectionnez les trois lignes qui pèsent réellement dans votre budget : frais de tenue de compte, cotisation carte et commission d'intervention. Sur chaque cellule retenue, lisez la date avant le montant, et écartez tout établissement dont la donnée n'a pas bougé depuis 2018 ou 2024. Cherchez votre enseigne sous son nom au comparateur, SG pour la Société Générale, votre caisse régionale pour le Crédit Agricole ou le Crédit Mutuel, BoursoBank pour Boursorama. Comparez ensuite ce total avec la grille de votre banque actuelle, que vous pouvez exiger sous forme de document tarifaire. Et si l'écart reste faible mais que la facture pèse, un complément régulier obtenu sur I am Beezy couvre la ligne restante sans changer d'établissement.