Un crédit à la consommation se signe souvent vite : en agence, sur un site, ou à la caisse d'un magasin pendant qu'on emballe l'appareil. Le code de la consommation part du principe inverse. Il impose au prêteur une longue liste d'informations à remettre avant la signature, il vous laisse revenir sur votre engagement, et il encadre ce que la publicité peut affirmer.
Ce guide ne dit pas s'il faut emprunter — cette décision n'appartient qu'à vous, et un crédit engage. Il dit ce que vous avez le droit d'obtenir, de vérifier et de refuser avant de signer, et ce que le prêteur doit vous laisser faire ensuite. Vous verrez également, en fin de parcours, comment un revenu d'appoint obtenu sur une application de contenus rémunérés comme I am Beezy permet parfois de ne pas ouvrir le sujet du tout.
Ce que la loi appelle un crédit à la consommation
Le terme recouvre des produits très différents, mais un même régime juridique. Savoir si votre situation entre dans ce cadre décide de tous les droits qui suivent.
Un montant compris entre 200 € et 75 000 €
Le crédit à la consommation est un prêt dont le montant se situe entre 200 € et 75 000 €, portant sur des opérations autres qu'immobilières : achat de biens d'équipement, financement d'un véhicule, mise à disposition de trésorerie. La location-vente et la location avec option d'achat sont assimilées à des opérations de crédit à la consommation (service-public.gouv.fr, fiche Crédit à la consommation : règles du contrat, vérifiée le 7 août 2024).
Trois formes principales, un même socle de droits
Le prêt personnel n'est affecté à aucun achat précis. Le crédit affecté finance un bien ou une prestation identifiés, et son sort est lié à celui de la vente. Le crédit renouvelable met à disposition une réserve utilisable en plusieurs fois. Les trois relèvent des mêmes obligations d'information et du même délai de rétractation.
Où il se souscrit, et auprès de qui
Un crédit à la consommation se souscrit auprès d'un établissement de crédit, d'une société de financement, ou de leurs intermédiaires — commerçant, enseigne de distribution, courtier. Le fait de signer chez un commerçant plutôt qu'en agence ne réduit aucun de vos droits. Le prêteur doit même veiller à ce que les explications vous soient données sur place, de manière complète et dans des conditions garantissant la confidentialité des échanges.
Que doit vous remettre le prêteur avant la signature ?
La procédure commence obligatoirement par un entretien. Ce n'est pas une formalité commerciale : c'est le moment où le prêteur doit remettre des documents dont la liste est fixée par le code de la consommation.
La fiche d'information précontractuelle
Le prêteur doit vous remettre une fiche standardisée, sur papier ou sur support durable, qui permet de comparer plusieurs offres entre elles. Elle porte l'identité du prêteur, le type de crédit, le montant total, la durée, le nombre et la périodicité des échéances, le montant total dû, le coût total des frais, le taux débiteur et sa nature, le TAEG illustré par un exemple représentatif, les indemnités de retard, l'existence du droit de rétractation, le droit au remboursement anticipé et l'obligation faite au prêteur de consulter le fichier national des incidents de remboursement.
L'examen de solvabilité n'est pas facultatif
Avant d'accorder un crédit, le prêteur doit vérifier votre capacité de remboursement. Il peut réclamer justificatifs d'identité, de domicile et de revenus, et il consulte les fichiers de la Banque de France. En magasin ou à distance, il doit vous faire remplir une fiche de renseignements distincte, portant sur vos ressources, vos charges et vos prêts en cours, que vous signez et certifiez sur l'honneur. Au-delà de 3 000 €, des pièces justificatives doivent y être jointes.
Ce que la publicité n'a pas le droit d'affirmer
Toute publicité doit porter la mention « Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager ». Il est interdit d'y écrire qu'un prêt améliore la situation financière ou le budget de l'emprunteur, qu'il augmente ses ressources, qu'il constitue un substitut d'épargne, ou qu'il peut être accordé sans examen de la situation financière. Sont également interdits les lots promotionnels conditionnés à l'acceptation d'une offre de crédit.
| Ce que la fiche doit indiquer | Pourquoi cela vous sert |
|---|---|
| Montant total du crédit et montant total dû | Mesurer l'écart entre ce que vous recevez et ce que vous rendez |
| TAEG avec un exemple représentatif | Comparer deux offres sur une base identique |
| Nombre, montant et périodicité des échéances | Confronter la mensualité à votre budget réel |
| Coût total des frais, exprimé en euros | Repérer les frais de dossier et les frais annexes |
| Existence du droit de rétractation | Savoir jusqu'à quand vous pouvez revenir en arrière |
| Conditions du remboursement anticipé | Anticiper l'indemnité éventuelle |
Source : service-public.gouv.fr, fiches Crédit à la consommation, vérifiées le 7 août 2024 et le 1er juillet 2026.
Le TAEG, seul indicateur qui permet de comparer
Deux offres affichant le même taux d'intérêt peuvent coûter des sommes très différentes. Un seul chiffre règle la question, et le code de la consommation oblige à le publier.
Ce que le TAEG englobe
Le taux annuel effectif global rassemble l'ensemble des frais que vous devez supporter pour obtenir le crédit : intérêts bancaires, frais de dossier versés à la banque, commissions d'intermédiaires comme un courtier, coût de l'assurance emprunteur lorsqu'elle est exigée, et tous les autres frais imposés pour obtenir le prêt — y compris des frais de tenue de compte si le prêteur impose l'ouverture d'un compte. Le taux débiteur, lui, ne couvre que les intérêts.
Le taux d'usure, et où le lire
Le TAEG proposé doit rester inférieur au taux d'usure, c'est-à-dire au taux maximum qu'un prêteur a le droit d'appliquer au moment où le crédit est accordé. Ce plafond est fixé chaque trimestre par la Banque de France et varie selon le type de crédit, le montant emprunté et la durée. Comme il change quatre fois par an, sa valeur ne se recopie pas : elle se lit sur le site de la Banque de France à la date de votre projet.
Le même droit dans toutes les enseignes
Les obligations d'information et le plafond d'usure s'imposent à tout prêteur exerçant en France, quel que soit son réseau et quel que soit le canal de souscription. Ce qui diffère d'une enseigne à l'autre n'est pas le droit, c'est ce que chacune accepte de chiffrer avant que vous ne poussiez la porte — y compris pour la part bancaire du dossier, puisque le TAEG intègre les frais de tenue de compte lorsque le prêteur impose l'ouverture d'un compte. La section suivante mesure exactement cela, marque par marque.
Ce que chaque banque chiffre avant tout rendez-vous
Le droit vous garantit des documents une fois la discussion engagée. Il ne garantit rien sur ce que vous pouvez lire seul, chez vous, avant d'appeler qui que ce soit. Sur ce terrain, les huit marques relevées le 17 août 2026 ne se comportent pas du tout de la même façon — et le prix d'un adulte ordinaire manque à trois d'entre elles.
| Marque | Prix de formule chiffré sur la page | Revenu minimum chiffré | Ce qui n'est chiffré qu'en agence ou en caisse régionale |
|---|---|---|---|
| BNP Paribas | Non : seulement des prix de carte, « avec l'offre Esprit Libre » | Aucun revenu minimum affiché | Le montant des frais de tenue de compte, annoncés « inclus » sans chiffre |
| SG (Société Générale) | Oui, à partir de 7,75 € par mois, ou 3,50 € pour les 18-24 ans, tarifs au 1er avril 2026 | « Sans conditions de revenu minimum », écrit en questions fréquentes | Rien sur ce point : SG est la seule des huit à chiffrer les frais de tenue de compte hors formule, 7,65 € par trimestre |
| Crédit Agricole | Oui, par tranche d'âge : 10 € par mois pour Essentiel et 16 € pour Premium à 31 ans et plus, prix au 29 avril 2026 | Non affiché | Le tarif de l'offre Prestige, les chèques de banque et l'exonération des commissions d'intervention, tous renvoyés à la caisse régionale |
| LCL, groupe Crédit Agricole | Oui, 2 € par mois pour LCL Essentiel et 1 € pour LCL Initial, guide tarifaire au 1er janvier 2026 | Non affiché | Les frais de tenue de compte, renvoyés au guide tarifaire ; l'ouverture suppose d'être rappelé par un conseiller pour un rendez-vous |
| Crédit Mutuel | Non : aucun prix, pour aucune des huit déclinaisons de l'Eurocompte | Non affiché | Le prix lui-même, la marque l'écrivant en toutes lettres : les formules et leurs prix « sont disponibles auprès du conseiller » |
| CIC, groupe Crédit Mutuel | Oui, de 6,80 € à 23,95 € par mois selon le contrat, conditions au 1er janvier 2026 | Non affiché | Les frais de tenue de compte, absents de la page des contrats personnels |
| La Banque Postale | Partiellement : 2,60 à 6,10 € par mois, tarifs réservés aux 18-25 ans et assurance comprise | Non affiché | Le prix d'un adulte de plus de 30 ans, qui suppose d'ouvrir la plaquette au 1er janvier 2026 ; la souscription hors Formule de Compte passe par un bureau de poste |
| BoursoBank, groupe Société Générale | Oui, mais la base tarifée est la carte : offre METAL à 9,90 € par mois, WELCOME et ULTIM gratuites, ULTIM sous condition d'utilisation, tarifs au 15 avril 2026 | Oui : 2 400 € nets par mois pour ULTIM à débit différé, 6 250 € pour METAL, aucun en débit immédiat | Rien : la brochure tarifaire est consultable en ligne, et la marque est la seule des huit à renvoyer au comparateur public |
Données relevées le 17 août 2026 sur les pages publiques des huit marques, à cette date et à aucune autre. Un prix lu sur une page produit n'est ni contractuel ni définitif : la plaquette tarifaire, avec sa date d'effet, fait foi. Pour les quinze lignes de frais courants, le seul outil public de comparaison est tarifs-bancaires.gouv.fr, qui ne couvre pas tout le marché et n'a pas de date d'extraction unique.
Cinq marques sur huit publient un prix de formule utilisable par un adulte, deux n'en publient aucun et une ne publie que des tarifs jeunes. Sur le revenu minimum, le décompte est plus sévère encore : une seule marque le chiffre, BoursoBank, et c'est aussi la seule à écrire qu'elle n'exige pas la domiciliation des revenus. SG est la seule des réseaux à agences à écrire les deux « non » en toutes lettres, absence de revenu minimum et absence de versement minimum. Partout ailleurs, la case est vide — ce qui ne signifie pas qu'aucune condition n'existe, mais qu'elle ne se lira qu'en rendez-vous.
La dernière colonne est celle qui coûte le plus de temps au lecteur. Deux marques sur huit seulement chiffrent leurs frais de tenue de compte hors formule ; les six autres écrivent « inclus » ou n'écrivent rien, alors que ces frais entrent dans le TAEG dès lors que le prêteur impose l'ouverture d'un compte. Une seule des huit publie ses critères chiffrés de fragilité financière, BNP Paribas, quand la réglementation demande à chaque banque de publier les siens. Ces décomptes portent sur les pages compte courant et tarifs relevées ce jour-là, pas sur les barèmes de crédit : ceux-là ne s'obtiennent que dans une offre nommée et datée, remise à vous seul.
Ce que ce comparatif ne peut pas dire
Il ne dit rien du coût d'un crédit à la consommation. Le TAEG qui vous sera proposé dépend de votre dossier, du montant, de la durée et du trimestre, et il ne se lit que sur l'offre qui porte votre nom — aucun comparateur public ne le publie, l'outil officiel des tarifs bancaires ne couvrant que les frais courants du compte. Le tableau ne classe pas non plus les huit marques : « non affiché » décrit une politique de publication, pas un prix, et encore moins une qualité de service. Il ne vaut enfin pas au niveau national pour le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel, qui ne publient aucun document tarifaire national et renvoient respectivement à 39 caisses régionales et à 14 fédérations.
Rétractation, déblocage des fonds, remboursement anticipé
Signer n'est pas s'engager définitivement. Trois mécanismes vous laissent une porte de sortie, et deux d'entre eux sont d'ordre public.
Quatorze jours calendaires, sans avoir à se justifier
Le délai de rétractation est de quatorze jours calendaires à compter du jour où vous avez signé l'offre. Le prêteur doit joindre au contrat un formulaire détachable pour l'exercer. Pendant ce délai, aucun paiement ne peut vous être réclamé. La rétractation entraîne automatiquement l'annulation des contrats accessoires, dont l'assurance, et il est interdit au prêteur d'enregistrer vos coordonnées dans un fichier au motif que vous vous êtes rétracté.
Le délai de sept jours et le cas du crédit affecté
Le contrat n'est parfaitement formé que si vous ne vous êtes pas rétracté et si le prêteur a donné son accord dans les sept jours suivant votre acceptation. Attention au cas particulier du crédit affecté : si vous demandez par écrit une livraison immédiate, vous ne pouvez plus vous rétracter passé un délai de trois jours calendaires. Si les fonds ont déjà été mis à disposition et que vous vous rétractez, vous remboursez dans les trente jours, avec les intérêts courus mais sans autre indemnité.
Rembourser par anticipation
Le remboursement anticipé, partiel ou total, est un droit. Le prêteur doit alors renoncer aux intérêts et frais correspondant à la période remboursée par avance. Une indemnité n'est possible qu'au-delà de 10 000 € remboursés par anticipation sur douze mois, et elle reste plafonnée à 1 % du montant remboursé si la fin du contrat est à plus d'un an, à 0,5 % si elle est à moins d'un an, sans jamais dépasser les intérêts qui restaient à courir. Aucune indemnité n'est due sur une autorisation de découvert, sur un remboursement déclenché par une assurance, ni pendant une période à taux non fixe.
| Étape | Délai |
|---|---|
| Validité de l'offre de crédit | Quinze jours minimum |
| Droit de rétractation | Quatorze jours calendaires après signature |
| Accord du prêteur | Sept jours après votre acceptation |
| Crédit affecté avec livraison immédiate | Trois jours calendaires |
| Restitution des fonds en cas de rétractation tardive | Trente jours |
| Traitement d'une réclamation par le prêteur | Deux mois maximum |
Le crédit renouvelable proposé en magasin : quelles règles ?
C'est la forme la plus souvent signée sans y avoir réfléchi, parce qu'elle se présente comme une carte d'enseigne ou un programme d'avantages. Le législateur l'a donc encadrée plus étroitement que les autres.
Une réserve qui se reconstitue
Le crédit renouvelable met à disposition une réserve utilisable en une ou plusieurs fois, qui se reconstitue au fur et à mesure des remboursements. Les intérêts ne portent que sur les sommes utilisées, mais le coût de cette souplesse est généralement supérieur à celui d'un crédit amortissable. La loi impose d'employer le terme « crédit renouvelable » dans les documents commerciaux, quelles que soient les appellations maison.
Reconduction annuelle et relevé mensuel
Le contrat est conclu pour un an renouvelable, et vous devez être informé des conditions de reconduction trois mois avant l'échéance. Chaque mois, le prêteur doit vous adresser un relevé actualisé indiquant le capital restant dû, la part encore disponible, la répartition de l'échéance entre capital, intérêts et frais, le taux appliqué, le TAEG et une estimation du nombre de mensualités restantes. Ce relevé doit rappeler que vous pouvez à tout moment rembourser par anticipation, réduire le montant disponible, suspendre l'utilisation ou résilier le contrat.
Ce que le magasin doit vous proposer en face
Pour un achat supérieur à 1 000 €, le vendeur doit proposer une alternative en crédit amortissable, afin que la comparaison soit possible. De même, une enseigne qui inclut un crédit renouvelable dans un programme d'avantages doit en proposer un autre sans crédit. Et lorsqu'une carte donne accès à des réductions, ces avantages ne peuvent pas être réservés aux achats financés à crédit. Chaque mensualité comprend un remboursement minimal de capital, et la durée de remboursement est bornée : trente-six mois pour les crédits jusqu'à 3 000 €, soixante mois au-delà.
Financer un achat sans crédit avec I am Beezy
Une part des crédits renouvelables ouverts en caisse finance des montants modestes, pour lesquels un délai de quelques semaines aurait suffi. C'est là qu'un revenu d'appoint change la nature de la décision.
Comment le gain se constitue
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Ce que cela couvre, et ce que cela ne couvre pas
Sur un achat d'équipement de quelques centaines d'euros, quelques semaines d'usage régulier suffisent à constituer la somme et à éviter d'ouvrir une réserve d'argent qui, elle, se reconduit chaque année. Sur un projet de plusieurs milliers d'euros, ce complément ne remplace pas un financement : il réduit le montant à emprunter, donc le coût total du crédit.
Les cinq documents à réclamer avant de signer
Avant toute signature, exigez la fiche d'information précontractuelle standardisée, sur papier ou support durable. Demandez l'offre de contrat de crédit elle-même, que le prêteur doit vous remettre gratuitement sur simple demande s'il est disposé à vous accorder le prêt, et dont les conditions sont garanties quinze jours. Réclamez la notice d'assurance si une assurance est proposée, avec la mention expresse indiquant si elle est obligatoire ou facultative. Vérifiez la présence du formulaire détachable de rétractation, sans lequel vos quatorze jours sont difficiles à exercer. Et gardez la simulation chiffrée qui vous a été montrée, TAEG compris, pour la confronter au contrat. Si le montant en jeu est modeste et que le délai est la seule contrainte, un complément régulier obtenu sur I am Beezy permet parfois de reporter l'achat de quelques semaines plutôt que de l'emprunter.