Ce vendredi 2 octobre 2026, la saison des champignons démarre au ralenti en Belgique. Selon l’IRM, il n’est tombé que 18,4 mm de pluie à Uccle en septembre, contre une normale de 65,3 mm, et le mycologue Bernard Clesse, des Cercles des Naturalistes de Belgique, se disait dès le 6 septembre « assez pessimiste » pour la pousse d’automne. Le retour de la pluie annoncé début octobre pourrait relancer les fructifications dans les forêts ardennaises.
Avant de remplir un panier, deux règles s’imposent : en Wallonie, la cueillette exige l’accord du propriétaire et reste limitée à dix litres par personne et par jour ; à Bruxelles, y compris en Forêt de Soignes, elle est interdite. Et aucun champignon ne se mange sans l’avis d’une personne compétente.
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2026 est-elle une bonne année pour les champignons en Belgique ?
Un mois de septembre exceptionnellement chaud et sec
Le bilan de l’IRM, publié le 1er octobre, décrit un mois de septembre 2026 « exceptionnellement chaud et sec », avec des pluies très loin de la normale.
| Indicateur à Uccle (IRM) | Septembre 2026 | Normale |
|---|---|---|
| Précipitations | 18,4 mm en 9 jours | 65,3 mm |
| Température moyenne | 17,4 °C | 15,2 °C |
| Maximum du 29 septembre | 28,3 °C, record pour cette date | — |
| Mois consécutifs au-dessus de la normale | 20 (depuis février 2025) | — |
Des mycologues inquiets pour le mycélium
Interrogé par L’Avenir, Bernard Clesse, écopédagogue aux Cercles des Naturalistes de Belgique, résumait la situation début septembre : « il n’y a aucune fructification, aucun sporophore en vue ». Selon lui, « le mycélium a été fortement impacté ou même détruit » par la sécheresse de l’été. Il faudra des pluies régulières pour que les champignons reviennent en nombre : la saison s’annonce tardive et sans doute moins abondante.
Que dit la loi sur la cueillette des champignons en Belgique ?
En Wallonie : accord du propriétaire et dix litres par jour
Les règles publiées par le Service public de Wallonie, qui découlent du Code forestier, sont claires. Pour récolter des champignons en forêt, il faut l’accord du propriétaire du bois. La quantité est plafonnée au « contenu d’un seau d’un volume de dix litres par personne et par jour », et le prélèvement n’est permis qu’entre le lever et le coucher du soleil. La cueillette est interdite dans les réserves naturelles, pour les espèces protégées et à des fins commerciales. Dans les forêts domaniales, elle est suspendue lorsque la circulation en forêt est fermée pour la chasse.
Certaines communes vont plus loin : la Région cite l’exemple de Libin, qui réserve la cueillette dans ses bois à ses habitants et à ceux des communes voisines. Renseignez-vous auprès de la commune avant de partir.
À Bruxelles et en Forêt de Soignes : interdiction totale
Bruxelles Environnement est sans ambiguïté : « Il est interdit de cueillir des champignons en forêt ou certaines plantes sur l’ensemble du territoire bruxellois. » La Forêt de Soignes, site Natura 2000, est concernée. D’après Bruxelles Environnement, cité par La Libre, l’interdiction s’applique aussi à la partie wallonne du massif depuis 2017, ce qui harmonise la règle sur toute la forêt. La Libre rappelle que la cueillette est également interdite en Flandre.
Quels champignons comestibles ont des sosies toxiques ?
Les confusions recensées par le Centre Antipoisons
La brochure du Centre Antipoisons belge détaille les erreurs les plus fréquentes. L’amanite phalloïde, responsable de la plupart des accidents mortels, prend plusieurs formes : jeune, en forme d’œuf, elle ressemble à une vesse-de-loup ; verte, elle peut passer pour une russule. Le tableau ci-dessous reprend les confusions citées par le Centre, sans valeur de guide d’identification.
| Champignon que l’on croit cueillir | Sosie toxique | Ce que provoque le sosie |
|---|---|---|
| Rosé des prés | Agaric jaunissant | Troubles gastro-intestinaux |
| Amanite rougeâtre, amanite épaisse | Amanite panthère | Syndrome panthérinien, convulsions possibles |
| Jeune vesse-de-loup | Amanite phalloïde au stade d’œuf | Atteinte du foie, intoxication mortelle |
| Russules ou tricholomes verts | Amanite phalloïde, forme verte | Atteinte du foie, intoxication mortelle |
| Clitopile petite prune | Petits clitocybes blancs | Syndrome sudorien (muscarine) |
| Clitocybe nébuleux | Entolome livide | Gastro-entérite sévère, atteinte hépatique |
| Pholiote changeante | Galère marginée | Amanitines, comme l’amanite phalloïde |
Les idées reçues à oublier
Le Centre Antipoisons le répète : il n’existe aucune astuce fiable. Un champignon grignoté par une limace n’est pas comestible pour autant, la cuisson ne détruit pas les toxines de l’amanite phalloïde, et un seul exemplaire suffit à provoquer une intoxication grave. Évitez aussi les friches industrielles, où les champignons peuvent être contaminés.
Intoxication : pourquoi appeler le Centre Antipoisons au 070 245 245 ?
Environ 400 appels par an liés aux champignons
Selon le Centre Antipoisons, environ 400 appels par an impliquent des champignons, avec un pic entre juin et septembre. Environ 60 % concernent un jeune enfant qui a avalé un morceau de champignon, en général sans gravité. Environ 20 % portent sur des personnes malades après un repas de champignons, des cas plus rares mais plus sérieux. La consommation de champignons hallucinogènes entraîne une dizaine d’intoxications chaque année.
Le délai des symptômes, un signal d’alerte
Des symptômes qui surviennent moins de six heures après le repas signalent en général une intoxication peu grave. Au-delà de six heures, le foie ou les reins peuvent être touchés. Pour l’amanite phalloïde, les premiers signes apparaissent une douzaine d’heures après le repas en moyenne, parfois jusqu’à 48 heures, et environ 17 % des intoxications sont mortelles selon le Centre. Au moindre doute, appelez gratuitement le 070 245 245, joignable 24 heures sur 24, et gardez les restes du repas : un réseau de mycologues bénévoles aide à identifier les champignons en urgence.
Où suivre une sortie guidée en octobre 2026 ?
Des balades encadrées par des mycologues
Le Centre Antipoisons conseille de rejoindre un cercle de mycologie plutôt que de se fier à un livre ou à quelques photos. Plusieurs sorties sont annoncées dans les agendas touristiques wallons ce mois-ci, à des prix modestes.
- Rendeux (Marcourt) : dimanche 4 octobre à 13 h 30, petits groupes guidés par des mycologues, 5 euros boisson comprise, sur réservation.
- Forêt d’Anlier (Habay) : mercredi 14 octobre à 14 h 30 et samedi 31 octobre à 9 h 30 avec le mycologue Paul Pirot, 8 euros par adulte.
- Florenville : samedis 10 et 24 octobre et dimanche 1er novembre avec Les Petites Vadrouilles, 7 euros par adulte.
Apprendre au fil des saisons
Les cercles de mycologie organisent sorties, expositions et séances d’identification : c’est ainsi que l’on apprend à reconnaître les espèces comestibles et les quelques espèces mortelles de nos régions.
Questions fréquentes sur la cueillette des champignons
Peut-on cueillir des champignons en Forêt de Soignes ?
Non. La cueillette est interdite sur tout le territoire bruxellois et, depuis 2017, dans la partie wallonne de la Forêt de Soignes également.
Combien de champignons peut-on ramasser en Wallonie ?
Au maximum le contenu d’un seau de dix litres par personne et par jour, avec l’accord du propriétaire et entre le lever et le coucher du soleil.
Une application peut-elle identifier un champignon ?
Le Centre Antipoisons juge illusoire et dangereux d’identifier un champignon à partir de quelques photos. Faites vérifier votre panier par un mycologue, par exemple lors des séances d’identification des cercles.
En résumé
La saison des champignons 2026 commence tard en Belgique après un mois de septembre très sec, et son ampleur dépendra des pluies d’octobre. Respectez les dix litres et l’accord du propriétaire en Wallonie, laissez les champignons en place à Bruxelles, et ne mangez rien sans identification par un expert. Et pour garder un peu de marge sur vos sorties d’automne, pensez à I am Beezy.
Sources : RTBF, L’Avenir, Centre Antipoisons, Service public de Wallonie.