Votre solde passe sous zéro et, deux semaines plus tard, votre relevé porte trois lignes de frais dont aucune ne s'appelle pareil. C'est normal : un découvert ne coûte pas une chose, il en coûte plusieurs, et chacune relève d'un régime différent. Certaines sont libres, d'autres sont plafonnées par décret.
Ce guide sépare ce qui est négociable de ce qui est opposable. Vous verrez ce que recouvre exactement un découvert autorisé, en quoi le dépassement change la facture, quels plafonds portent un texte daté, et lequel des plafonds les plus cités n'en porte aucun. Vous verrez aussi comment un revenu d'appoint obtenu sur une application de contenus rémunérés comme I am Beezy réduit le nombre de jours passés en négatif.
Découvert autorisé ou découvert non autorisé : quelle différence ?
Les deux situations portent le même nom dans la conversation courante et n'ont pas les mêmes conséquences sur votre facture. La ligne de partage est écrite noir sur blanc dans votre convention de compte.
Il n'existe aucun droit au découvert
Aucune banque n'est jamais obligée d'accepter que votre compte devienne débiteur. C'est le point de départ, et il surprend : le découvert est une facilité consentie, jamais un droit acquis. Un établissement peut la tolérer ponctuellement, sans accord préalable, pour un montant modeste et une durée courte (service-public.gouv.fr, fiche Autorisation de découvert bancaire, vérifiée le 22 octobre 2024).
L'autorisation se lit dans la convention de compte
Le découvert autorisé est celui que vous avez négocié : son montant et sa durée figurent dans la convention de compte, ou dans une autorisation exceptionnelle demandée en agence, par courrier ou par message. Votre banque doit indiquer sur chaque relevé mensuel le plafond de l'autorisation dont vous bénéficiez. Si vous ne savez pas de combien vous disposez, la réponse est donc déjà chez vous.
Le dépassement n'est pas un découvert
Franchir le plafond autorisé fait basculer dans un autre régime. Vous payez alors les agios prévus pour la partie autorisée, plus des agios à un taux majoré sur la partie en dépassement — taux qui doit vous être communiqué avant tout enregistrement d'opération en dépassement. S'y ajoutent des frais de forçage et des commissions d'intervention. La banque peut aussi clôturer le compte et signaler l'incident au fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers.
Les agios : ce que coûte le découvert lui-même
L'agio est le loyer de l'argent que la banque vous avance. C'est la seule ligne de la facture qui rémunère le découvert en tant que tel — tout le reste paie des traitements administratifs.
Un forfait, puis un calcul proportionnel
La plupart des établissements facturent un minimum forfaitaire dès qu'un découvert existe, quels que soient son montant et sa durée. Au-delà d'un découvert utilisé de 400 €, s'ajoutent des agios proportionnels, calculés sur la durée et le montant moyen d'utilisation. La convention de compte peut toutefois prévoir l'absence d'agios pour des découverts occasionnels de faible montant : c'est un point à vérifier avant de négocier quoi que ce soit.
Le taux appliqué figure sur votre relevé
Les agios proportionnels se calculent à partir du taux annuel effectif global appliqué au découvert. Ce taux ne se devine pas et ne se recopie pas : la banque doit l'indiquer sur chaque relevé de compte mensuel. Il doit rester inférieur au taux d'usure correspondant, fixé chaque trimestre par la Banque de France. C'est là qu'il faut le lire, pas dans un comparatif commercial.
Quand la facture tombe
Le décompte et le paiement des agios sont généralement trimestriels, ce qui explique le décalage entre le mois où vous étiez à découvert et le mois où vous en voyez le prix. Le total annuel des agios prélevés doit figurer dans le récapitulatif des frais que votre banque édite en janvier. Ce document est le seul qui donne le coût réel d'une année de découvert.
Quelles banques publient leur taux de découvert ?
La réponse tient en un chiffre : deux sur huit. C'est le constat le plus net du relevé effectué le 17 août 2026 sur les pages publiques de huit marques françaises, et c'est celui qui décide de ce que vous pouvez vérifier avant de signer une convention de compte.
| Marque | Taux annuel affiché | Exemple chiffré publié | Montant ou durée du découvert | Frais annexes affichés |
|---|---|---|---|---|
| BoursoBank, groupe Société Générale | 7 % pour un découvert autorisé, 16 % pour un découvert non autorisé, « dans la limite du taux d'usure ». Taux en vigueur au 15 avril 2026 | TEG de 7,19 % pour 1 000 € sur 30 jours au taux de 7 %, et de 16,99 % pour le même exemple au taux de 16 % | 1 000 € avec WELCOME, 2 500 € avec ULTIM, 10 000 € avec l'offre METAL, dès trois mois d'ancienneté | Agios inférieurs à 1 € par trimestre non prélevés ; commission d'intervention gratuite |
| La Banque Postale | 15 % avec une Formule de Compte, 16 % sans, 17 % en dépassement. Taux nominaux annuels en vigueur au 1er janvier 2025 | TAEG de 23,12 % pour 690 € sur 15 jours au taux de 15 %, et de 28,47 % pour 400 € sur 15 jours chez un 18-25 ans | Montant non affiché en euros ; durée de 30 jours consécutifs au maximum | 6,60 € par an de frais de gestion au-delà de 300 € de découvert, gratuits pour les 18-29 ans ; commission d'intervention de 4 €, « perception de frais plafonnée à 12 € par jour » |
| CIC, groupe Crédit Mutuel | Non affiché | Aucun | Inclus jusqu'à 500 € avec les contrats Ajustable et Global, jusqu'à 5 000 € avec Premium, en option jusqu'à 7 500 € | Franchise d'agios de 15 € par trimestre |
| Crédit Agricole | Non affiché | Aucun | « Inclus, sur demande en agence » pour les quatre formules, sans montant | Non affichés ; l'exonération des commissions d'intervention renvoie à la caisse régionale |
| Crédit Mutuel | Non affiché | Aucun | « Permanent ou temporaire selon vos besoins », sans montant | Non affichés |
| LCL, groupe Crédit Agricole | Non affiché : la page Jeune Actif parle seulement de « taux préférentiels » | Aucun | Non affiché, et explicitement incompatible avec la formule LCL Essentiel | Non affichés |
| BNP Paribas | Non affiché | Aucun | Non affiché | Non affichés : la facilité de caisse n'est citée que pour être exclue de la gratuité de la première année |
| SG (Société Générale) | Non affiché | Aucun | Non affiché : la page destinée aux 18-24 ans ne contient pas une seule fois le mot découvert | Non affichés |
Données relevées le 17 août 2026 sur les pages publiques des huit marques, à cette date et à aucune autre. Le taux qui vous sera appliqué est celui de votre convention et de votre relevé mensuel : la plaquette tarifaire fait foi, jamais la page commerciale. Le comparateur public tarifs-bancaires.gouv.fr ne comble pas les six cases vides, puisque les agios ne font pas partie de ses quinze lignes ; il publie en revanche la commission d'intervention à l'opération, sous la caisse régionale pour les réseaux mutualistes et sous le nom SG pour la Société Générale.
Les deux marques qui publient un taux ne découpent pas leur grille sur le même axe, et c'est le piège de toute la page. Leurs deux « 16 % » ne désignent pas la même situation. Chez BoursoBank, 16 % est le taux d'un découvert non autorisé : le client a dépassé ce qui était convenu. À La Banque Postale, 16 % est le taux d'un découvert parfaitement autorisé, appliqué à un client qui n'a simplement pas souscrit de Formule de Compte — le dépassement, lui, est facturé à part, 17 %. L'un dépend du statut du découvert, l'autre de l'équipement du client. Mis côte à côte dans une colonne d'euros ou de pourcentages, ces deux chiffres fabriquent une équivalence qui n'existe pas.
Les exemples chiffrés ne se superposent pas davantage : BoursoBank publie un TEG calculé sur 1 000 € pendant 30 jours, La Banque Postale un TAEG calculé sur 690 € pendant 15 jours. Base différente, durée différente, indicateur différent. Sur le montant du découvert, deux marques chiffrent en euros — de 500 à 7 500 € au CIC, de 1 000 à 10 000 € chez BoursoBank — quand La Banque Postale chiffre la durée, 30 jours consécutifs, et pas le montant. La commission d'intervention se plafonne elle aussi dans trois unités incompatibles : BNP Paribas la borne à cinq opérations par mois, SG à 20 € par mois, La Banque Postale à 12 € par jour, formulation unique parmi les huit. Les trois valent 4 € l'unité et ne plafonnent pas la même chose.
Ce que ce comparatif ne peut pas dire
Six cases « non affiché » ne sont pas six gratuités. Elles disent que la marque ne publie pas son taux sur ses pages compte courant, pas qu'elle ne facture pas d'agios — et aucune ne manque à une obligation en agissant ainsi, puisque aucun texte ne l'impose et qu'aucune source officielle ne recense ces taux. Le tableau ne permet donc ni de classer les huit marques, ni de désigner un découvert moins cher qu'un autre. Il ne vaut pas non plus au niveau national pour le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel, dont les conditions dépendent de la caisse régionale ou de la fédération dont relève l'agence. Et il ne dit rien de votre situation personnelle : c'est votre convention de compte, puis votre relevé mensuel, qui portent le taux réellement appliqué et le plafond réellement accordé.
Les plafonds réellement opposables, texte par texte
Ici, on quitte le négociable. Ces montants sont fixés par le code monétaire et financier : votre banque ne peut pas les dépasser, quel que soit son réseau.
8 € par opération et 80 € par mois, par compte
La commission d'intervention est la somme facturée pour l'examen d'une opération qui met le compte en position irrégulière. Elle est plafonnée à 8 € par opération et 80 € par mois par l'article R. 312-4-1 du code monétaire et financier, en vigueur depuis le 1er janvier 2014. Le texte précise « par compte bancaire » : sur un compte joint, le plafond mensuel est celui du compte, et non celui de chaque cotitulaire. C'est une nuance absente des pages grand public.
4 € et 20 € pour la clientèle fragile
Pour les souscripteurs de l'offre spécifique destinée aux clients en situation de fragilité financière, comme pour les bénéficiaires du droit au compte, le plafond descend à 4 € par opération et 20 € par mois (article R. 312-4-2, en vigueur depuis le 23 juin 2017). Cette offre spécifique elle-même est facturée au maximum 3 € par mois, hors frais d'incident, en application de l'article R. 312-4-3, en vigueur depuis le 1er novembre 2020.
Ces plafonds valent dans toutes les enseignes
Ces montants ne se négocient pas et ne dépendent pas de l'enseigne : ils s'imposent à tout établissement de crédit exerçant en France, réseau à agences comme banque en ligne. Ce qui varie d'une marque à l'autre, c'est le tarif pratiqué sous ces plafonds et le prix des lignes qui n'en portent aucune — les agios en font partie. Le comparateur public tarifs-bancaires.gouv.fr publie la commission d'intervention à l'opération de chaque établissement, mais pas les agios : ils ne figurent pas parmi ses quinze lignes tarifaires. Il n'existe donc aucune source officielle pour comparer le coût d'un découvert, et c'est ce qui rend la section précédente aussi maigre chez six marques sur huit.
| Frais | Plafond | Texte | En vigueur depuis |
|---|---|---|---|
| Commission d'intervention, tout public | 8 € par opération et 80 € par mois, par compte | R. 312-4-1 | 1er janvier 2014 |
| Commission d'intervention, clientèle fragile et droit au compte | 4 € par opération et 20 € par mois | R. 312-4-2 | 23 juin 2017 |
| Rejet d'un chèque inférieur ou égal à 50 € | 30 € | D. 131-25 | 16 mai 2008 |
| Rejet d'un chèque supérieur à 50 € | 50 € | D. 131-25 | 16 mai 2008 |
| Rejet de prélèvement ou de virement | Montant de l'ordre rejeté, sans dépasser 20 € | D. 133-6 | Version en vigueur |
Pourquoi le plafond de 25 € par mois ne vient pas de la loi
C'est le chiffre le plus repris de tout le sujet, et sa nature juridique est mal comprise. La distinction compte, parce qu'elle décide de ce que vous pouvez exiger.
Un engagement de la profession, pas un texte
Les banques françaises se sont engagées à plafonner les frais d'incidents à 25 € par mois pour leurs clients en situation de fragilité financière (Banque de France, page « Le plafonnement des frais d'incidents », mise à jour le 5 juin 2026). Aucun des articles qui portent les plafonds — R. 312-4-1, R. 312-4-2, R. 312-4-3, D. 131-25, D. 133-5 et D. 133-6 — ne contient ce montant. Il s'agit d'un engagement de place, respecté en pratique, mais qui ne s'invoque pas comme un décret.
Deux pages officielles qui ne disent pas la même chose
La confusion vient de la source elle-même. Sur banque-france.fr, la page consacrée au plafonnement et à l'offre clientèle fragile, mise à jour le 12 mai 2026, écrit que « certains frais sont plafonnés par la loi ». Sur particuliers.banque-france.fr, la page dédiée écrit que les banques « se sont engagées à » plafonner. La fiche de service-public.gouv.fr sur l'autorisation de découvert présente elle aussi les 25 € comme un maximum mensuel. Devant deux formulations officielles divergentes, c'est l'absence de texte qui tranche.
Ce que vous pouvez opposer, et ce que vous ne pouvez pas
Concrètement : les 8 €, 80 €, 4 €, 20 €, 30 €, 50 € et 20 € du tableau ci-dessus s'opposent, texte à l'appui, à n'importe quel conseiller. Les 25 € se réclament, ils ne s'imposent pas de la même façon. Retenez aussi que ce plafond d'engagement est global et non triple : la fiche service-public F18777 répète les mêmes montants sous trois rubriques différentes, ce qui laisse croire à trois plafonds cumulables. Il n'y en a qu'un.
Comment sortir d'un découvert et faire réviser son autorisation ?
Un découvert installé coûte deux fois : par les agios, et par les incidents qu'il provoque en chaîne. Trois leviers existent, et deux d'entre eux relèvent d'une obligation de la banque.
Réviser à la hausse ou à la baisse
Vous pouvez demander à tout moment la révision du montant autorisé, dans les deux sens. Une autorisation trop basse multiplie les commissions d'intervention ; une autorisation trop haute installe le découvert dans la durée. La banque peut aussi la réviser à la baisse de sa propre initiative, mais seulement dans les conditions prévues par la convention de compte. Si la révision vous semble abusive, le médiateur bancaire est saisissable gratuitement.
Au-delà de trois mois, la banque doit proposer un crédit
Un découvert ne peut pas dépasser trois mois consécutifs. Au-delà, l'établissement doit vous faire une offre de crédit à la consommation, valable quinze jours, assortie d'un délai de rétractation de quatorze jours calendaires après signature. Ce basculement n'est pas une faveur : c'est une protection, parce qu'un découvert durable coûte généralement plus cher qu'un crédit amortissable de même montant.
Résiliation : les préavis à connaître
Vous pouvez mettre fin à votre autorisation à tout moment, en principe par courrier. Côté banque, les règles diffèrent selon la durée : une autorisation à durée indéterminée se résilie par lettre recommandée avec accusé de réception, avec un préavis minimal de deux mois, sauf motif légitime ; une autorisation à durée déterminée ne peut être interrompue qu'en cas de défaillance de paiement, et alors sans préavis.
| Situation | Règle |
|---|---|
| Durée maximale d'un découvert | Trois mois consécutifs |
| Au-delà de trois mois | Offre de crédit à la consommation obligatoire |
| Validité de cette offre | Quinze jours |
| Rétractation après signature | Quatorze jours calendaires |
| Résiliation par la banque, durée indéterminée | Deux mois de préavis minimum, par lettre recommandée |
| Seuil des agios proportionnels | À partir de 400 € de découvert utilisé |
Source : service-public.gouv.fr, fiche Autorisation de découvert bancaire, vérifiée le 22 octobre 2024.
Réduire son découvert bancaire avec I am Beezy
Les plafonds ci-dessus limitent la casse, ils ne la suppriment pas. Le seul moyen de ne pas payer d'agios reste de ne pas passer sous zéro, et cela se joue souvent sur quelques dizaines d'euros en fin de mois.
Un gain adossé à la consultation de contenus
I am Beezy fonctionne sur un principe simple : vous consultez des contenus — vidéos, articles, publicités — et chaque consultation produit un gain, crédité sur votre moyen de paiement habituel. L'ordre de grandeur observé va de 5 à 15 € par jour, en euros pour un utilisateur en France.
Ce que cela change sur une ligne d'agios
Le calcul est mécanique : les agios proportionnels dépendent du montant et du nombre de jours passés en négatif. Réduire l'un ou l'autre réduit la facture dans la même proportion, et éviter une seule opération irrégulière économise une commission d'intervention entière. L'objectif n'est pas de remplacer un revenu, mais de raccourcir la période de découvert de quelques jours chaque mois.
Les quatre lignes à vérifier sur votre prochain relevé
Ouvrez le relevé du mois et cherchez quatre choses. Le plafond de votre autorisation de découvert, que la banque a l'obligation d'y faire figurer. Le taux annuel effectif global appliqué, qui doit y figurer aussi et qui doit rester sous le taux d'usure de la Banque de France. Le total des commissions d'intervention du mois, qui ne peut pas dépasser 80 €, ou 20 € si vous relevez de l'offre clientèle fragile. Et le détail des frais de rejet, à confronter aux plafonds de 30 €, 50 € et 20 € du tableau. Si une ligne dépasse, écrivez au service client puis, sans réponse satisfaisante, au médiateur bancaire, dont les coordonnées figurent dans votre convention de compte. Et si le vrai problème est le trou de fin de mois plutôt qu'une ligne de frais, un complément régulier obtenu sur I am Beezy réduit le nombre de jours passés en négatif.