Bart De Wever a remis la démission de son gouvernement au roi Philippe le lundi 2 novembre 2026, faute d’accord sur le budget fédéral 2027. Le Roi ne l’a pas acceptée : il « tient sa décision en suspens », consulte les présidents des cinq partis de la majorité à partir du mardi 3 novembre et recevra de nouveau le Premier ministre le vendredi 6 novembre.
Pour votre portefeuille, rien n’est tranché à l’heure où cet article est écrit, le 2 novembre. Une piste reste toutefois sur la table : une « loi de stabilité » qui gèlerait les indexations en 2027. Elle n’a été ni adoptée ni acceptée par les partis.
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Pourquoi Bart De Wever a-t-il remis sa démission ?
La crise suit plusieurs semaines de négociations sans issue. La RTBF recense des réunions du comité restreint, le kern, terminées sans accord les 25 septembre et 21 octobre, puis une réunion sans « avancée majeure » le 29 octobre. Nous avions déjà détaillé les mesures alors discutées dans notre article sur le kern d’octobre.
Un kern terminé vers 1 h du matin
Le dernier kern a commencé le dimanche 1er novembre à 21 h et s’est achevé vers 1 h du matin, selon La DH et L’Avenir, sans accord sur le budget 2027. Bart De Wever était attendu au Palais à 9 h 30. Dans son communiqué, le Palais indique que le Premier ministre lui a remis sa démission « suite à l’échec des négociations budgétaires au sein de son gouvernement ». Il ajoute, selon L’Avenir et l’AFP, que le pays « ne peut se permettre une crise politique prolongée ».
Dix milliards d’euros, le chiffre qui bloque
Le chef du gouvernement réclame un effort de 10 milliards d’euros d’ici 2029, alors que le déficit dépasse 5 % du PIB, selon l’AFP. La DH rapporte que le MR et Les Engagés ont proposé de ramener cet effort à 8 milliards, ce que Bart De Wever a refusé. Le désaccord porte aussi sur les recettes : le MR juge le volume de taxes « beaucoup trop élevé », tandis que Vooruit et Les Engagés demandent une contribution plus forte des « épaules les plus larges ». Les Engagés veulent ainsi porter à 15 % la taxe sur les plus-values, d’après La Libre.
Que peut décider le Roi d’ici le vendredi 6 novembre ?
La remise d’une démission ne fait pas tomber le gouvernement à elle seule. Le travail parlementaire se poursuit d’ailleurs cette semaine, indique La Libre.
Le calendrier de la semaine
| Date | Étape | Statut au 2 novembre |
|---|---|---|
| Dimanche 1er novembre, 21 h | Début du kern | Fin vers 1 h, sans accord |
| Lundi 2 novembre | Démission remise au Roi | Tenue en suspens |
| Mardi 3 novembre | Début des consultations des présidents de parti | Annoncé par le Palais |
| Vendredi 6 novembre | Bart De Wever de nouveau reçu par le Roi | Annoncé par le Palais ; date limite pour présenter un budget, selon la RTBF |
Trois issues possibles
La RTBF, avec la politologue Caroline Sägesser, décrit plusieurs scénarios. Le Roi peut prolonger la suspension pour laisser aux partis le temps de se remettre d’accord. S’il accepte la démission, le gouvernement tombe, sans dissolution automatique de la Chambre. Une nouvelle majorité dans la Chambre actuelle resterait théoriquement possible, y compris un gouvernement De Wever II. Des élections anticipées exigeraient une procédure parlementaire et un délai de 40 jours après la dissolution ; un scrutin avant Noël paraît improbable, selon la même analyse.
Pensions, allocations, index : qu’est-ce qui changerait pour vous ?
Il faut distinguer ce qui existe aujourd’hui de ce qui n’est encore qu’une proposition.
Les paiements de novembre
Aucune des sources consultées n’annonce de report de pension ou d’allocation à cause de la crise. Les dates de pension figurent dans notre calendrier des paiements.
Les douzièmes provisoires
Sans budget voté, l’État dépense chaque mois un douzième du budget de l’année précédente, rappelle La Libre. Le gouvernement Arizona a déjà commencé 2026 sous ce régime, selon L’Avenir. Bart De Wever le juge inacceptable pour 2027, mais La Libre écrit qu’il semble désormais « inéluctable », faute de temps pour adopter un budget.
La loi de stabilité et le gel de l’index
Pour encadrer ces douzièmes, le Premier ministre a proposé une loi de stabilité présentée comme un « filet de sécurité ». Selon La Libre, elle gèlerait toutes les indexations de 2027 : prestations sociales, salaires des fonctionnaires et norme de croissance des soins de santé. Econostrum, citant la RTBF et L’Écho, y ajoute les pensions, les allocations de chômage et l’adaptation des barèmes fiscaux. Un gel ne baisse pas un montant : il empêche sa hausse automatique. Le texte n’a pas abouti au kern et devrait, en cas d’accord, passer par le Parlement.
| Sujet | Situation au 2 novembre 2026 | Ce que changerait la proposition |
|---|---|---|
| Prestations sociales | Aucun gel adopté | Pas d’indexation en 2027 |
| Pensions | Aucun gel adopté | Pas d’adaptation automatique en 2027, selon Econostrum |
| Salaires des fonctionnaires fédéraux | Aucun gel adopté | Pas d’indexation en 2027 |
| Salaires du privé | Non cités par les sources consultées | Aucun effet rapporté |
| Barèmes fiscaux | Aucun gel adopté | Pas d’adaptation à l’inflation, selon Econostrum |
| Salaires des ministres | Proposition non soutenue au kern, selon La Libre | Baisse mensuelle tant que le budget n’est pas voté, au pourcentage non fixé |
Préparer votre budget du début 2027 avec I am Beezy
Le prochain dépassement de l’indice pivot détermine quand une hausse de 2 % pourrait arriver : c’est ce type de hausse qu’un gel viendrait bloquer.
L’indice pivot à surveiller
Le groupe Securex indiquait le 12 octobre que, selon le Bureau fédéral du Plan, l’indice pivot de 102,29 devrait être dépassé en novembre 2026, ce qui porterait à février 2027 la hausse de 2 % des salaires de la fonction publique. Des prévisions antérieures le plaçaient en décembre. Ces dates restent des estimations : ne comptez pas sur cette hausse tant que la question du gel n’est pas réglée.
Un complément à côté de l’index
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Questions fréquentes sur la démission de Bart De Wever
Bart De Wever est-il encore Premier ministre ?
Oui, au 2 novembre : le Roi n’a pas accepté la démission et tient sa décision en suspens. La suite dépend des consultations et de l’audience du vendredi 6 novembre.
Y aura-t-il des élections anticipées ?
Rien n’est annoncé. Une chute du gouvernement n’entraîne pas de dissolution automatique, et la RTBF juge un retour aux urnes improbable avant Noël. Les prochaines élections ordinaires sont prévues en 2029.
Une grève générale est-elle prévue ?
Nous n’avons trouvé aucun appel confirmé au 2 novembre. La FGTB avait dit en septembre disposer d’un mandat pour la semaine du 23 novembre, à certaines conditions ; notre article consacré à ce sujet détaille ces conditions.
Conclusion
Le vendredi 6 novembre 2026 est la prochaine date qui compte : Bart De Wever retourne chez le Roi, avec ou sans accord sur les 10 milliards. Aucun gel de l’index n’est adopté à ce stade. Vérifiez la décision du Palais ce jour-là, gardez une marge dans vos prévisions pour 2027, et pour étoffer un peu ce budget, vous pouvez aussi regarder du côté de I am Beezy.