Le document que l’on vous remet en fin de visite tient souvent sur une page : un prix journalier, un tarif dépendance, un total mensuel arrondi. Il est sincère, et il est incomplet. Ce qui décidera du budget réel de votre parent se joue dans ce que cette page ne dit pas.
Lire un devis d’EHPAD, ce n’est pas vérifier une addition. C’est distinguer trois choses : le socle de prestations que l’établissement doit obligatoirement fournir, les suppléments qu’il a le droit de facturer à côté, et les montants qu’il ne peut pas vous demander du tout. Ce guide se lit le document sous les yeux, ligne après ligne.
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Ce que le tarif hébergement contient déjà
La première ligne du devis est aussi la plus lourde. Elle n’est pas librement définie par chaque maison : elle recouvre un ensemble de prestations que tout EHPAD doit proposer, et il faut savoir lesquelles pour repérer un supplément qui n’a pas lieu d’être.
Un socle de prestations fixé par décret
La liste des prestations minimales que doivent proposer les EHPAD est fixée par le décret n° 2015-1868 du 30 décembre 2015, pris en application de la loi d’adaptation de la société au vieillissement. C’est le même texte qui oblige les établissements à transmettre chaque année leurs prix hébergement et leurs tarifs dépendance à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, pour affichage public.
Les postes couverts par la ligne hébergement
Le tarif hébergement couvre l’accueil hôtelier au sens large : la chambre et sa salle de bain, l’entretien des locaux, l’accès internet, la restauration en pension complète, le blanchissage du linge plat, l’animation de la vie sociale et l’administration générale. Si l’un de ces postes réapparaît en bas du devis sous forme de supplément, demandez à quel titre.
Les deux autres lignes du devis
Le tarif dépendance finance l’aide dans les actes de la vie quotidienne. Il est fixé chaque année par le conseil départemental et comporte trois niveaux seulement, par paires de groupes iso-ressources : GIR 1-2, le plus élevé, GIR 3-4, intermédiaire, et GIR 5-6, le plus bas. La ligne soins, elle, ne doit pas figurer à votre charge : le portail national écrit que ce coût « est financé par l’Assurance maladie et n’est pas facturé aux résidents ».
Une réserve s’impose sur cette architecture : depuis le 1er juillet 2025, vingt-trois départements expérimentent la fusion du tarif soins et du tarif dépendance en un forfait global unique. La liste de ces départements ne figure pas sur les pages officielles consultées : si le devis vous surprend par sa structure, posez la question au conseil départemental avant de conclure à une erreur.
| Compris dans le tarif hébergement | Facturé en supplément | Jamais à votre charge |
|---|---|---|
| Chambre et salle de bain | Linge personnel, selon une unité à préciser | Prise en charge médicale quotidienne |
| Entretien des locaux | Coiffure, pédicure, esthétique | Personnel soignant de l’établissement |
| Accès internet | Transports personnels et sorties | — |
| Restauration en pension complète | Téléphone et abonnements personnels | — |
| Blanchissage du linge plat | Autres prestations déclarées par la maison | — |
| Animation de la vie sociale et administration générale | — | — |
Quelles lignes peuvent s’ajouter en bas du devis ?
C’est la zone la moins comparable d’un établissement à l’autre, et celle qui crée la mauvaise surprise du deuxième mois. Elle est pourtant déclarée officiellement, dans un format qui vous donne un moyen de contrôle.
Onze champs de prestations en sus dans le fichier public
Le fichier que les établissements remplissent pour la CNSA comporte onze champs distincts de prestations facturées en supplément, plus un champ dédié au prix du linge personnel, un champ précisant l’unité de ce prix, et un champ libre pour les autres prestations ou tarifs. Un établissement qui a rempli sérieusement ces cases a déjà écrit, quelque part, la liste que vous demandez.
Le linge personnel, la ligne la plus courante
Le blanchissage du linge plat — draps, serviettes — est compris dans l’hébergement. Le linge personnel du résident ne l’est pas nécessairement. Deux questions suffisent : quel est le prix, et surtout à quelle unité il s’applique. Un tarif au mois et un tarif à la pièce n’ont rien à voir sur une année, et le fichier public prévoit précisément un champ pour cette unité.
L’avertissement que le portail public écrit lui-même
Le portail national prévient que les informations sur les prestations optionnelles « ne sont pas forcément complètes » et recommande d’appeler l’établissement pour obtenir des précisions. Prenez-le au mot : ce que vous lisez en ligne est un point de départ, pas un engagement contractuel. Le document opposable, c’est le contrat de séjour et la grille tarifaire annexée.
Comment vérifier un devis avec les données publiques ?
Vous n’avez besoin d’aucun intermédiaire commercial pour vérifier un devis. Les prix des EHPAD sont publics, nominatifs et téléchargeables, en application du même décret de 2015.
Le numéro FINESS, la clé d’entrée
Chaque établissement porte un numéro FINESS. Il ouvre sa fiche dans l’annuaire des EHPAD du portail national, où figurent coordonnées, statut, nombre de chambres, équipements, prix hébergement et tarifs dépendance. Le portail propose en outre un comparateur qui met en regard deux à trois établissements sélectionnés, dont la page d’explication a été mise à jour le 14 août 2026.
Le fichier de la CNSA, colonne par colonne
Pour un contrôle complet, le fichier source est publié en données ouvertes. Chaque ligne correspond à un numéro FINESS et porte le prix journalier d’hébergement permanent et temporaire, en chambre seule comme en chambre double, les trois tarifs dépendance et la date de dernière mise à jour. Le fichier annuel arrêté au 31 décembre 2025 comporte 6 075 établissements. Les maisons saisissent elles-mêmes ces valeurs au moins une fois par an avant le 30 juin, et la mise à jour est répercutée dans l’annuaire sous quarante-huit heures.
Deux réserves à garder en tête
La CNSA qualifie elle-même ces données de brutes, « non retravaillées », pouvant contenir « des informations non fiabilisées », même s’il s’agit bien des valeurs remontées par les établissements. Seconde réserve : aucun dépôt n’a eu lieu après le 13 février 2026, si bien que la donnée disponible porte sur janvier 2026. Un écart entre le fichier et le devis n’est donc pas nécessairement une anomalie — c’est une question à poser, pas une accusation à porter.
Le prix mensuel « à partir de » n’est pas votre facture
Le montant affiché par le comparateur public répond à une formule connue : prix hébergement en chambre simple multiplié par trente jours, plus tarif dépendance GIR 5-6 multiplié par trente jours, hors aides publiques. Il retient donc le tarif dépendance le plus bas, celui des résidents autonomes, un mois forfaitaire de trente jours quand la facturation est journalière, et aucune aide. Trois raisons pour lesquelles il ne coïncidera pas avec votre devis.
Absorber les frais d’une entrée en établissement avec I am Beezy
Trousseau à marquer, mobilier, déplacements, dossiers à monter : le mois de l’entrée coûte bien plus que le prorata du premier séjour. I am Beezy est une application où chaque contenu consulté génère un gain, crédité puis versé sur votre moyen de paiement habituel.
Un revenu sans horaire ni engagement
Vous consultez quand vous avez dix minutes : dans une salle d’attente, entre deux visites, le soir une fois les appels passés. Aucun quota, aucun planning, aucune obligation de régularité — c’est ce qui le rend compatible avec le rythme heurté d’une entrée en établissement.
Ce que cela représente concrètement
La fourchette de gains observée sur l’application est de 5 à 15 € par jour, directement en euros puisque aucune conversion n’entre en jeu en France. Ce n’est pas un salaire et cela ne financera pas une place. C’est l’ordre de grandeur de ce que coûtent, chaque mois, le carburant des visites et les suppléments non prévus au devis.
Les questions à poser avant de signer
Aucune des réponses ci-dessous ne figure sur une plaquette, et toutes engagent l’établissement dès lors qu’elles sont écrites. Posez-les dans cet ordre.
Avant la visite
Deux questions se posent par téléphone et évitent un déplacement inutile : la place disponible est-elle habilitée à l’aide sociale, et quels sont les trois tarifs dépendance de la maison. Si l’on ne vous donne que le tarif GIR 5-6, insistez : c’est le plus bas des trois, et il ne concerne que les résidents autonomes.
Pendant la visite
Réclamez la grille écrite des prestations facturées en supplément, avec l’unité de chaque prix. Demandez l’écart entre chambre seule et chambre double, la date de la dernière évaluation de qualité, et où se trouve l’affiche des principaux résultats — elle est obligatoire dans les locaux au plus tard quatre mois après la clôture de l’évaluation.
Au moment du contrat de séjour
Faites préciser par écrit les modalités de facturation en cas d’absence ou d’hospitalisation, et l’attestation annuelle que l’établissement remet pour la déclaration de revenus. Cette attestation sert à la réduction d’impôt au titre des frais d’accueil, égale à 25 % des dépenses supportées dans la limite de 10 000 € par personne hébergée, soit 2 500 € au maximum, dont la base se calcule après déduction des aides perçues. Enfin, si l’ASH est envisagée, déposez la demande en même temps que le dossier d’admission.
| Question à poser | Pourquoi elle change le budget |
|---|---|
| Cette place est-elle habilitée à l’aide sociale ? | Sans habilitation, l’ASH est impossible, quelles que soient les ressources |
| Quels sont vos trois tarifs dépendance ? | Le tarif du groupe réel remplace le tarif GIR 5-6 des prix affichés |
| Quelle est la grille écrite des suppléments ? | Onze postes distincts sont déclarés officiellement, plus le linge |
| À quelle unité s’applique le prix du linge personnel ? | Au mois ou à la pièce, l’écart annuel est considérable |
| Comment sont facturées les absences et hospitalisations ? | C’est la clause la moins lue et la plus fréquemment appliquée |
| De quand date votre dernière évaluation de qualité ? | Le rythme légal est de cinq ans, l’affiche des résultats est obligatoire |
| Remettez-vous une attestation fiscale annuelle ? | Elle conditionne la réduction d’impôt, plafonnée à 2 500 € |
Signer en sachant ce que vous signez
Un devis d’EHPAD ne se conteste pas après coup : il se lit avant, avec la grille des suppléments à côté et le fichier public ouvert sur un téléphone. Les trois quarts des désaccords ultérieurs portent sur des prestations que personne n’avait listées, pas sur le prix journalier lui-même. Réclamer un écrit n’est ni de la défiance ni de la mesquinerie, c’est ce que la réglementation organise depuis 2015.
Gardez une copie datée de chaque réponse, et relisez le contrat de séjour à froid, hors du bureau du directeur. Et pour les dépenses annexes de ce mois-là, I am Beezy rémunère quelques minutes de consultation sur votre téléphone, sans quota ni contrat.