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Dissolution de LFI réclamée par François-Xavier Bellamy : peut-on dissoudre un parti politique en France ?

Au lendemain de la journée du 17 octobre 2026, l’eurodéputé LR François-Xavier Bellamy a appelé à dissoudre La France insoumise. Ce que prévoient la Constitution et le code de la sécurité intérieure, qui décide, les délais, les précédents, les bilans de la journée et les réactions.

19/10/2026
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Fronton sculpté et colonnes d’un monument parisien, surmonté du drapeau tricolore, sous un ciel bleu
Fronton sculpté et colonnes d’un monument parisien, surmonté du drapeau tricolore, sous un ciel bleu — Dissolution de LFI réclamée par François-Xavier Bellamy : peut-on dissoudre un parti politique en France ? (2026).
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En bref

Le dimanche 18 octobre 2026, au lendemain de la journée de mobilisation du 17 octobre marquée par des violences et des pillages dans plusieurs villes, l’eurodéputé Les Républicains François-Xavier Bellamy a appelé à la dissolution de La France insoumise (LFI). Selon Europe 1, il a déclaré sur cette

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Le dimanche 18 octobre 2026, au lendemain de la journée de mobilisation du 17 octobre marquée par des violences et des pillages dans plusieurs villes, l’eurodéputé Les Républicains François-Xavier Bellamy a appelé à la dissolution de La France insoumise (LFI). Selon Europe 1, il a déclaré sur cette antenne et sur CNews qu’« il faut dissoudre La France insoumise », reprenant une idée avancée par le président de LR, Bruno Retailleau.

LFI rejette toute responsabilité dans les violences. Selon 20 Minutes, Jean-Luc Mélenchon a affirmé dès le samedi soir que « ceux qui partagent notre combat n’ont rien à faire dans le pillage, le saccage », et il impute la dégradation de la situation au gouvernement. Aucune procédure de dissolution n’est engagée à ce stade, selon les sources consultées.

Que dit la loi sur la dissolution d’un parti politique ?

L’article 4 de la Constitution protège les partis

L’article 4 de la Constitution du 4 octobre 1958 dispose que « les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. » Aucune procédure propre aux partis n’existe.

L’article L. 212-1 du code de la sécurité intérieure

La seule voie est celle qui s’applique à toutes les associations et à tous les « groupements de fait ». L’article L. 212-1 du code de la sécurité intérieure énumère sept motifs, dont le premier vise les groupements « qui provoquent à des manifestations armées ou à des agissements violents à l’encontre des personnes ou des biens ». Les autres visent notamment les milices privées, la haine et le terrorisme.

Un parti est traité comme une association

Le Conseil d’État a confirmé, dans une décision du 30 décembre 2024 sur Civitas, qu’un parti politique peut être dissous comme toute autre association. Une dissolution de LFI devrait donc reposer sur l’un des sept motifs.

La cour d’honneur du Palais-Royal à Paris, où siège le Conseil d’État, juge des décrets de dissolution

Qui décide d’une dissolution, et combien de temps faut-il ?

Un décret du gouvernement en conseil des ministres

La dissolution est prononcée « par décret en conseil des ministres ». Le Parlement ne vote pas. Le maintien ou la reconstitution d’un groupement dissous est ensuite un délit prévu par le code pénal.

Le contrôle du Conseil d’État

Le groupement visé peut saisir le Conseil d’État, en référé puis sur le fond. Depuis ses décisions du 9 novembre 2023, le juge vérifie que la dissolution est « adaptée, nécessaire et proportionnée à la gravité des troubles susceptibles d’être portés à l’ordre public ». Les violences commises par des membres ne suffisent pas : il faut une provocation, par exemple la légitimation publique de violences graves.

Des précédents récents, validés ou annulés

Les délais se comptent en mois, d’après les décisions recensées par le cabinet Landot et associés.

GroupementDécret de dissolutionDécision du Conseil d’ÉtatIssue
Les Soulèvements de la Terre21 juin 2023Suspension en référé le 11 août 2023, annulation le 9 novembre 2023Dissolution annulée, jugée non proportionnée
Groupe antifasciste Lyon et environs (GALE)20229 novembre 2023Dissolution validée
Civitas (parti politique)Non précisé30 décembre 2024Dissolution validée
La Jeune Garde12 juin 202530 avril 2026Dissolution validée
Façade à colonnes d’un bâtiment public parisien surmonté du drapeau français, sous un ciel nuageux

Que s’est-il passé le samedi 17 octobre 2026 ?

Une journée de mobilisation contre la vie chère

Lycéens, militants et gilets jaunes, entre autres, ont défilé partout en France contre la vie chère et les conditions d’enseignement, selon 20 Minutes. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a fait état samedi soir de 110 défilés et de 550 000 manifestants, dont 110 000 à Paris, selon CNews avec l’AFP. Des affrontements et des pillages ont eu lieu à Paris, Lyon, Marseille, Nice ou Limoges, où l’hôtel de ville a été incendié.

Des bilans qui ont évolué en vingt-quatre heures

Les chiffres varient selon l’heure ; le bilan du ministère de l’Intérieur, dimanche soir, est le plus récent.

MomentSourceInterpellationsPoliciers et gendarmes blessés
Samedi 17 octobre, fin de journéeLaurent Nuñez (CNews, AFP)Environ 400Près de 60
Samedi 17 octobre, soiréeSébastien Lecornu (20 Minutes)1 200150
Dimanche 18 octobre, soiréeMinistère de l’Intérieur (ICI)2 397997, dont 7 gravement
Dimanche 18 octobre, Paris seulPréfecture de police (ICI)855Non précisé

Un manifestant mort à Paris

Selon franceinfo, un homme est mort d’un « probable malaise cardiaque » aux abords du cortège parisien, dans le quartier du Château-d’Eau (10e arrondissement). La préfecture de police indique que ce décès est « sans lien avec les violences ou une quelconque action des forces de l’ordre ». Le parquet de Paris a ouvert une enquête sur les causes de la mort. L’eurodéputée LFI Manon Aubry a demandé des précisions au ministère : « Nous exigeons des explications. »

Les réactions des partis après le 17 octobre

La France insoumise

Sur LCI, dimanche, Jean-Luc Mélenchon a déclaré, selon TF1 Info : « Nous ne dirigeons pas le mouvement populaire. » D’après LCP, il a ajouté : « C’est de la faute du gouvernement, il n’y a que lui qui est responsable de tout ça », tout en jugeant que « mettre le feu à la mairie de Limoges, c’est un crime ».

Le gouvernement et l’Élysée

Sébastien Lecornu a accusé LFI de vouloir faire de ces débordements « un tour de chauffe » avant la présidentielle et a sommé Jean-Luc Mélenchon de « choisir son camp », rapporte 20 Minutes. Laurent Nuñez attribue les violences à « l’ultragauche et l’extrême gauche radicale » ; selon LCP, il a reconnu « un manque d’anticipation » et proposé sa démission. Interrogée sur TF1, la procureure de Paris, Laure Beccuau, a déclaré qu’elle ne « peut absolument pas confirmer » que les auteurs de violences à Paris soient « des personnes politisées vers l’ultragauche », selon 20 Minutes. RFI rapporte qu’Emmanuel Macron a déclaré que « ceux qui ont détruit doivent payer », a reconnu des « défaillances » et a refusé la démission de son ministre de l’Intérieur.

Les Républicains

Avant le 17 octobre, François-Xavier Bellamy estimait déjà sur CNews, le 2 octobre, que « la question de la dissolution de LFI doit être posée aujourd’hui ». Dimanche sur BFMTV, face à Philippe Poutou (NPA), qui expliquait que « la colère vient de loin et qu’elle est profonde », il lui a demandé « pourquoi vous n’êtes pas en prison ce soir ? », selon Gala. Le député Alexis Corbière a protesté : « Vous voulez interdire des manifs et mettre Poutou en prison ? »

Rassemblement national, Horizons et Parti socialiste

Marine Le Pen (RN) a déclaré, selon LCP, que « la violence n’est pas une opinion, la destruction n’est pas un mode d’expression ». Édouard Philippe (Horizons) a estimé sur BFMTV que « la responsabilité politique de LFI dans ces violences est considérable ». Raphaël Glucksmann (PS-Place publique) a appelé l’État à « sortir de l’impuissance », d’après BFMTV.

Façades d’immeubles haussmanniens à balcons dans une rue de Paris, au petit matin

Que changerait concrètement une dissolution de LFI ?

La structure disparaîtrait, pas les mandats

Une dissolution viserait le mouvement en tant que groupement. Les mandats de députés et de sénateurs restent individuels : l’article 27 de la Constitution prévoit que « tout mandat impératif est nul ». Les élus de LFI conserveraient donc leur siège jusqu’à la fin de leur mandat.

Un recours possible

LFI pourrait contester le décret devant le Conseil d’État, comme les Soulèvements de la Terre ou La Jeune Garde, avec une décision au fond plusieurs mois plus tard.

Questions fréquentes sur la dissolution de LFI

Le gouvernement a-t-il lancé une procédure ?

Aucune des sources consultées ne mentionne, au 19 octobre 2026, une procédure de dissolution visant LFI.

Le Parlement peut-il dissoudre un parti ?

Non. L’article L. 212-1 confie la décision au gouvernement, par décret en conseil des ministres, sous le contrôle du Conseil d’État.

Dissolution de LFI : ce qu’il faut retenir

Dissoudre un parti passe par un décret fondé sur l’article L. 212-1, sous le contrôle du Conseil d’État. L’appel de François-Xavier Bellamy n’a donné lieu à aucune procédure à ce stade, et LFI conteste toute responsabilité dans les violences du 17 octobre. Et si vous cherchez un complément de revenus, vous pouvez aussi rejoindre I am Beezy.

Sources : Europe 1, franceinfo, 20 Minutes

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Marie-Victorine Kondo

Marie-Victorine Kondo

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