Vous voulez mettre de l'argent de côté sans le bloquer et sans payer d'impôt dessus. En France, quatre livrets répondent à cette demande : le livret A, le livret de développement durable et solidaire, le livret d'épargne populaire et le livret Jeune. On les appelle l'épargne réglementée parce que ce n'est pas votre banque qui en écrit les règles, mais l'État.
La question utile n'est donc pas « lequel rapporte le plus » : la rémunération change plusieurs fois par an et se lit sur votre relevé. La question utile, c'est « y ai-je droit, et jusqu'à quand ». Ce guide répond à celle-là, condition par condition. Et parce qu'un livret ne remplit pas tout seul, vous verrez aussi comment un revenu d'appoint régulier obtenu sur une application de contenus rémunérés comme I am Beezy alimente ces enveloppes mois après mois.
Épargne réglementée : ce que l'État décide à la place de votre banque
Un produit d'épargne ordinaire se négocie : l'établissement fixe son taux, ses frais, son plafond. Un produit réglementé, non. Ses conditions d'accès, son plafond de versement et sa fiscalité sont fixés par des textes que nul établissement ne peut modifier.
Quatre livrets, quatre portes d'entrée
Le livret A est le plus ouvert : ni âge minimum, ni nationalité, ni domicile fiscal en France. Le LDDS et le LEP exigent un domicile fiscal français et une imposition séparée. Le livret Jeune ajoute une condition d'âge et de résidence habituelle. Ces quatre portes ne s'ouvrent pas au même public (service-public.gouv.fr, fiches Livret A, LDDS, LEP et Livret jeune, vérifiées le 1er août 2026).
Le même droit dans toutes les enseignes
Le plafond du livret A, celui du LDDS, le plafond de revenu du LEP et l'âge du livret Jeune sont les mêmes dans toutes les banques françaises. Aucune enseigne ne peut durcir une condition, en inventer une, ni servir un taux différent de celui fixé par arrêté. Ce qui change d'une enseigne à l'autre, c'est le compte qui héberge le livret : ce qu'il faut verser pour l'ouvrir, ce qu'on vous demande en échange, et ce que la banque accepte d'afficher comme prix. C'est le seul terrain sur lequel une comparaison a un sens, et la section suivante le traite marque par marque.
Ce que « réglementée » ne garantit pas
La réglementation porte sur l'accès et le fonctionnement, pas sur le rendement. Le taux de ces livrets est révisé en cours d'année par arrêté, et un chiffre recopié sur un blog vieillit en quelques mois. Lisez le taux en vigueur sur la page du produit chez la Banque de France ou sur votre relevé, jamais dans un comparatif d'affiliation.
Le livret est identique, le compte qui l'héberge ne l'est pas
Puisque l'État fixe les plafonds, les taux et les conditions d'accès, il n'y a rien à comparer sur le livret lui-même. Reste le compte auquel il s'adosse. Les huit marques relevées le 17 août 2026 sur leurs pages publiques n'y demandent pas la même chose à l'entrée, et trois d'entre elles n'y affichent aucun prix pour un adulte ordinaire.
| Marque | Versement initial exigé | Domiciliation des revenus | Prix affiché pour un adulte de plus de 30 ans |
|---|---|---|---|
| BNP Paribas | 150 € si le compte est validé par un versement, 20 à 300 € pour les étudiants, 0 € avec une signature électronique | Non exigée sur la page, mais la prime de mobilité la suppose | Non affiché : aucun prix de formule, seulement des prix de carte « avec l'offre Esprit Libre » |
| SG (Société Générale) | Aucun montant minimum, écrit en questions fréquentes | Non exigée, mais la prime de mobilité suppose 24 mois de maintien | Sobrio à partir de 7,75 € par mois, tarifs en vigueur au 1er avril 2026 |
| Crédit Agricole | Non affiché | Non exigée, mais la prime de mobilité suppose 12 mois de maintien | Offre Essentiel 10 € par mois et offre Premium 16 € par mois à 31 ans et plus, prix au 29 avril 2026 ; l'offre Prestige renvoie à la caisse régionale |
| LCL, groupe Crédit Agricole | 50 € pour activer le compte | Non exigée, mais l'exonération des frais de tenue de compte la réclame | LCL Essentiel à 2 € par mois, guide tarifaire au 1er janvier 2026 |
| Crédit Mutuel | Non affiché | Non affichée | Aucun prix affiché, pour aucune des déclinaisons de l'Eurocompte : ils sont « disponibles auprès du conseiller » |
| CIC, groupe Crédit Mutuel | Non affiché | Non affichée | Contrat Personnel Ajustable 1 à partir de 6,80 € par mois, conditions au 1er janvier 2026 |
| La Banque Postale | 15 € pour les 18-25 ans, 30 € à partir de 26 ans, débités à l'ouverture par carte bancaire | Non affichée | Non affiché : les trois prix mis en avant sont des tarifs 18-25 ans, assurance comprise, et il faut ouvrir la plaquette au 1er janvier 2026 pour le reste |
| BoursoBank, groupe Société Générale | Non exigé, mais 300 € versés commandent la prime maximale | « Sans obligation de domiciliation des revenus », écrit deux fois | Offre METAL à 9,90 € par mois ; les cartes WELCOME et ULTIM sont gratuites, ULTIM sous condition d'utilisation, sinon 9 € par mois. La base tarifée est la carte, pas la formule, tarifs au 15 avril 2026 |
Données relevées le 17 août 2026 sur les pages publiques des huit marques, à cette date et à aucune autre. Un prix de page n'engage pas : c'est la plaquette tarifaire, avec sa date d'effet, qui fait foi. Les frais courants du compte se comparent, eux, sur le comparateur public tarifs-bancaires.gouv.fr, en gardant à l'esprit qu'il ne couvre pas tout le marché, que la Société Générale y figure sous le nom SG et que les réseaux mutualistes y apparaissent sous leur caisse régionale.
Le versement initial est le seul de ces trois axes à être vraiment chiffré : trois marques annoncent un montant, deux écrivent noir sur blanc qu'elles n'en exigent aucun, trois n'en disent rien. La comparaison utile est celle-ci : un livret A s'ouvre à partir de 10 €, et 1,50 € à La Banque Postale. Le ticket d'entrée du compte qui l'héberge est donc, chez trois marques sur huit, supérieur à celui du livret lui-même — 150 € chez BNP Paribas quand l'ouverture est validée par un versement, 50 € chez LCL, 30 € à La Banque Postale au-delà de 25 ans.
La colonne des prix, elle, se lit surtout par ses trous. Trois marques ne publient aucun tarif pour un adulte de plus de 30 ans, et une quatrième renvoie son offre haut de gamme à la caisse régionale. S'y ajoutent des conditions qui n'ont rien de financier et qui écartent pourtant des profils entiers : SG n'accepte l'hébergement chez un tiers que si le demandeur est étudiant, a moins de 26 ans, est hébergé par un parent ou par son employeur ; La Banque Postale demande de « ne pas être hébergé chez un tiers autre qu'un parent » et de « ne pas être contribuable américain ». Deux marques imposent en outre un passage humain — LCL rappelle pour convenir d'un rendez-vous, La Banque Postale reçoit en bureau de poste hors Formule de Compte.
Ce que ce comparatif ne peut pas dire
Il ne désigne aucune meilleure banque et n'en classe aucune, parce que les prix de la dernière colonne ne mesurent pas la même chose. Les 2 € de LCL Essentiel valent pour un compte mono-titulaire à débit immédiat, explicitement incompatible avec un découvert autorisé ; les 6,80 € du CIC comprennent la carte et un découvert inclus jusqu'à 500 € ; les 9,90 € de l'offre METAL sont un prix de carte, BoursoBank ne vendant pas de formule. Le prix le plus bas est aussi le plus restreint, et la restriction n'apparaît pas dans le chiffre. Le tableau ne dit rien non plus des tarifs du Crédit Agricole et du Crédit Mutuel au niveau national : le premier renvoie à 39 caisses régionales, le second à 14 fédérations, et aucun des deux ne publie de document tarifaire national. Enfin, une case « non affiché » signale ce que la marque ne publie pas, jamais ce qu'elle ne facture pas.
Livret A et LDDS : qui peut en ouvrir un, et combien ?
Ce sont les deux livrets les plus répandus, et ce sont aussi ceux dont les conditions se confondent le plus souvent dans les esprits. Elles n'ont pourtant presque rien en commun.
Le livret A n'a aucune condition d'âge ni de nationalité
Toute personne physique peut détenir un livret A, sans condition d'âge, de nationalité ni de résidence fiscale en France. Un mineur peut même l'ouvrir sans l'intervention de son représentant légal — mais il ne peut effectuer aucun retrait avant seize ans, et au-delà les retraits supposent l'accord du représentant légal. Certaines personnes morales y ont aussi droit : associations à but non lucratif non soumises à l'impôt sur les sociétés, syndicats de copropriétaires, organismes d'habitation à loyer modéré.
Le LDDS dépend de votre foyer fiscal, pas de vos revenus
Le LDDS n'impose aucune condition de revenus, mais il faut avoir son domicile fiscal en France. Surtout, il est réservé à un contribuable au sens propre : une personne rattachée au foyer fiscal de ses parents ne peut pas détenir de LDDS tant qu'elle n'a pas sa propre imposition. C'est le cas d'un étudiant ou d'un apprenti rattaché. Dans un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune, chaque conjoint peut en détenir un : deux LDDS au maximum par foyer fiscal.
Un seul par personne, et la banque doit le vérifier
La règle du livret unique est stricte des deux côtés. Pour le livret A, le contrat d'ouverture doit rappeler l'interdiction d'en détenir plusieurs et décrire l'interrogation de l'administration fiscale. Si celle-ci signale un livret ailleurs, la banque vous propose de clôturer l'ancien vous-même, de la laisser s'en charger, ou de renoncer à l'ouverture. Si vous avez refusé qu'elle reçoive le détail, elle doit refuser l'ouverture et vous en donner le motif. Le non-respect de l'interdiction expose à une amende égale à 2 % de l'encours du second livret, non recouvrée en dessous de 50 € (service-public.gouv.fr, fiche Livret A, vérifiée le 1er août 2026). Pour le LDDS, la déclaration sur l'honneur suffit à l'ouverture, mais une banque qui constate un doublon a l'obligation de clôturer le livret irrégulier, le plus récent.
LEP : conditions de ressources et contrôle annuel
Le LEP est le seul des quatre à être fermé par le niveau de revenu. C'est aussi le seul dont le droit se reperd, ce que beaucoup de titulaires ignorent jusqu'à recevoir un courrier de clôture.
Un revenu fiscal de référence sous plafond
Pour ouvrir et conserver un LEP, il faut être fiscalement domicilié en France et rester sous un plafond de revenu fiscal de référence, révisé chaque année et calculé selon le nombre de parts du quotient familial. Pour une part en métropole, le plafond applicable en 2026 est de 23 028 €, et chaque demi-part supplémentaire ajoute 6 149 € ; les plafonds sont différents outre-mer. La grille complète, ligne par ligne, figure sur la fiche LEP de service-public.gouv.fr, vérifiée le 1er août 2026 : c'est là qu'il faut la lire, et nulle part ailleurs.
Ce que la banque contrôle, et comment
L'établissement a deux moyens de vérifier, à son choix : interroger l'administration fiscale par voie électronique, ou vous demander votre avis d'imposition ou de non-imposition. Quand il interroge le fisc, sa demande porte uniquement sur le respect ou non du plafond — il n'a pas le droit d'obtenir d'autres éléments sur votre situation fiscale. Si vous n'avez pas encore déposé votre première déclaration personnelle, après un décès, un divorce ou un départ du foyer parental, une déclaration sur l'honneur est acceptée, à régulariser dès réception de l'avis.
Deux années au-dessus du plafond, et le livret ferme
Un dépassement isolé ne fait pas perdre le LEP : si le revenu de l'année suivante repasse sous le plafond, le livret est conservé. En revanche, deux années consécutives au-dessus du plafond entraînent la clôture obligatoire du LEP. La banque doit aussi le clôturer d'office en cas de doublon, de perte du domicile fiscal, d'inactivité ou de décès. À l'inverse du livret A, le LEP se transfère vers un autre établissement habilité sans perte des intérêts acquis.
| Livret | Condition principale | Nombre par personne |
|---|---|---|
| Livret A | Aucune condition d'âge, de nationalité ni de résidence fiscale | 1 |
| LDDS | Domicile fiscal en France et imposition séparée | 1 (2 par foyer si couple imposé en commun) |
| LEP | Domicile fiscal en France et revenu fiscal de référence sous plafond | 1 (2 par foyer si couple imposé en commun) |
| Livret Jeune | Avoir entre 12 et 25 ans et résider habituellement en France | 1 |
Source : service-public.gouv.fr, fiches Livret A, LDDS, LEP et Livret jeune, vérifiées le 1er août 2026.
Livret Jeune : douze ans à l'ouverture, vingt-cinq à la fermeture
C'est le seul livret réglementé dont la durée de vie est bornée par l'âge du titulaire. Il s'ouvre tôt et se ferme à date fixe, sans que personne n'ait à motiver quoi que ce soit.
Trois conditions cumulatives
Le titulaire doit avoir entre 12 et 25 ans, résider habituellement en France et ne pas déjà détenir un livret Jeune. L'ouverture peut être demandée par le jeune lui-même comme par son représentant légal, dont la signature reste exigée pour un mineur. La banque réclame une déclaration sur l'honneur de résidence et de non-détention, plus un document officiel établissant la date de naissance.
Les retraits changent trois fois de régime
Entre 12 et 16 ans, chaque retrait suppose l'autorisation du représentant légal, qui peut aussi fixer un montant maximum par opération. Entre 16 et 18 ans, le titulaire retire librement, sauf opposition des parents notifiée à la banque par lettre recommandée avec accusé de réception. À partir de 18 ans, il retire seul et sans condition. Un retrait ne peut jamais rendre le solde négatif.
Une fermeture programmée, pas un transfert
Le livret Jeune se clôture à tout moment, sans motif. Il se ferme surtout à date : le titulaire doit en demander la clôture au plus tard le 31 décembre de l'année de ses 25 ans, faute de quoi la banque y procède elle-même. Et contrairement au LEP, il ne se transfère pas : pour l'ouvrir ailleurs, il faut d'abord fermer le premier.
Que devient votre argent une fois versé sur un livret ?
C'est l'autre moitié de la question : à quoi vous engagez-vous en ouvrant. À rien de bloquant.
Des fonds disponibles à tout moment
Aucun de ces quatre livrets n'immobilise votre argent. Les dépôts et les retraits sont possibles à tout moment, sans préavis ni pénalité, dans la limite du solde, et les opérations d'ouverture, de dépôt, de retrait et de clôture sont gratuites. Aucun n'est pour autant un compte de paiement : pas de chéquier, pas de carte de paiement, pas de prélèvement automatique adossé au livret. Certains établissements proposent une carte de retrait, ce qui est autre chose.
Des plafonds de versement, pas des plafonds de solde
Chaque livret a un plafond de versement. Une fois atteint, vous ne pouvez plus déposer, mais les intérêts continuent de s'ajouter et peuvent porter le solde au-delà sans faire fermer le livret. Depuis le 1er juillet 2023, vous pouvez d'ailleurs l'alimenter par virement depuis un compte à vue ouvert dans une autre banque.
Le cumul est la règle, pas l'exception
Les quatre livrets se cumulent entre eux. Un même contribuable peut détenir à la fois un livret A, un LDDS et un LEP s'il en remplit les conditions, et un jeune de moins de 25 ans détaché du foyer fiscal de ses parents peut y ajouter un livret Jeune. Seule exception documentée : le livret Bleu du Crédit Mutuel ne se cumule plus avec un livret A depuis le 1er janvier 2009, sauf pour les livrets ouverts avant le 1er septembre 1979.
| Livret | Plafond de versement | Versement minimum | Retraits |
|---|---|---|---|
| Livret A | 22 950 € pour une personne physique | 10 € (1,50 € à La Banque Postale) | À tout moment, gratuits |
| LDDS | 12 000 € | 10 € en pratique | À tout moment, gratuits |
| LEP | 10 000 € | 30 € à l'ouverture, puis 10 € | À tout moment, gratuits |
| Livret Jeune | 1 600 € | 10 € | Encadrés jusqu'à 18 ans |
Source : service-public.gouv.fr, fiches Livret A, LDDS, LEP et Livret jeune, vérifiées le 1er août 2026. Les intérêts peuvent porter le solde au-delà du plafond.
Alimenter votre épargne réglementée avec I am Beezy
Un livret ne se remplit pas tout seul, et les plafonds ci-dessus se regardent différemment selon ce que vous pouvez y mettre chaque mois. C'est là qu'un complément de revenu régulier change la donne, sans toucher à votre salaire ni à votre emploi.
Un gain produit par la consultation de contenus
I am Beezy est une application où chaque contenu consulté — vidéo, article, publicité — produit un gain crédité sur votre moyen de paiement habituel. La fourchette observée sur l'ensemble du service va de 5 à 15 € par jour. En France, aucune conversion n'est nécessaire : les montants sont directement en euros, et rien n'empêche de les orienter vers un livret par virement.
Ce que cela représente face à un plafond
Rapporté aux ordres de grandeur du tableau ci-dessus, un usage régulier remplit le plafond d'un livret Jeune en quelques mois et alimente sans à-coups un LDDS ou un LEP. L'intérêt n'est pas de remplacer une épargne construite sur un salaire, mais de rendre le versement mensuel possible quand le budget ne le permettait pas.
Les trois vérifications à faire avant d'ouvrir
Commencez par la seule question qui bloque vraiment : remplissez-vous la condition d'entrée. Domicile fiscal et imposition séparée pour le LDDS comme pour le LEP, plafond de revenu fiscal de référence pour le LEP seul, âge pour le livret Jeune. Vérifiez ensuite que vous ne détenez pas déjà le même livret ailleurs, y compris un livret ouvert pour vous il y a longtemps : un doublon finit toujours par être clôturé. Regardez enfin ce que vous versez, pas ce que le livret rapporte — le taux est révisé par arrêté plusieurs fois par an, et la seule valeur qui vous concerne est celle qui figure sur votre relevé ou sur la page du produit chez la Banque de France. Si le frein tient au montant disponible chaque mois plutôt qu'à l'éligibilité, un complément régulier obtenu sur I am Beezy se transfère sur le livret de votre choix par simple virement.