En Belgique, une réduction de prix affichée en 2026 doit être calculée sur le prix le plus bas que le magasin a lui-même pratiqué pendant les 30 jours précédents. Ce prix de référence doit figurer à côté du prix réduit. Si vous ne le voyez pas, ou s'il ne correspond pas au pourcentage annoncé, l'annonce a toutes les caractéristiques d'une fausse promotion.
La règle est simple à énoncer et beaucoup moins simple à appliquer devant un rayon, avec un caddie qui avance et une étiquette jaune qui clignote « -50 % ». Elle comporte des exceptions que peu de consommateurs connaissent : le « 1+1 gratuit », les fruits et légumes frais et certaines offres de carte client n'obéissent pas au même régime. Ce guide reprend ce que prévoit le Code de droit économique, comment le vérifier en trente secondes, et vers qui vous tourner quand l'annonce ne tient pas.
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Que dit la loi belge quand un magasin annonce une réduction ?
Les annonces de réduction de prix sont encadrées par l'article VI.18 du Code de droit économique. Les guidelines du SPF Économie, dans leur version du 9 février 2026, rappellent que ces dispositions s'appliquent depuis le 28 mai 2022 et qu'elles visent un comportement précis : augmenter artificiellement un prix juste avant de le « réduire ».
Le prix de référence, c'est le prix le plus bas des 30 derniers jours
Selon le SPF Économie, le prix de référence est le prix le plus bas que l'entreprise a appliqué au cours des 30 jours précédant la réduction. Le pourcentage annoncé doit être calculé sur ce prix-là, et non sur un « prix normal » choisi par le magasin. Un produit vendu 3,99 € pendant deux semaines, puis remonté à 5,99 €, ne peut donc pas être présenté à « -33 % » à 3,99 € : son prix de référence reste 3,99 €.
Sept jours seulement pour un produit nouveau
Pour un bien commercialisé depuis moins de 30 jours, la période de référence est ramenée à 7 jours. C'est la règle qui s'applique aux nouveautés de rayon et aux références que l'enseigne vient d'introduire. Un « prix de lancement » peut aussi être annoncé, à condition que sa période de validité soit clairement indiquée.
Un prix de référence par magasin et par canal
Le prix de référence se détermine séparément pour le magasin physique et pour la boutique en ligne, et même par établissement si la promotion ne concerne que certains points de vente. Le même paquet de café peut donc afficher deux prix de référence différents selon que vous l'achetez en rayon ou en commande en ligne. Comparer l'étiquette du magasin avec le site de l'enseigne ne suffit pas à prouver une irrégularité.
Les annonces que la règle des 30 jours ne couvre pas
Une grande partie des mécaniques promotionnelles de supermarché ne sont pas des « annonces de réduction de prix » au sens du Code. Elles restent soumises à l'interdiction générale des pratiques commerciales déloyales : le magasin ne peut pas vous tromper sur le prix, son mode de calcul ou l'avantage réel. Mais l'obligation d'afficher un prix de référence ne s'y applique pas.
Le « 1+1 gratuit » et le « 2e à moitié prix »
Les offres conjointes et conditionnelles sont explicitement exclues par le SPF Économie. Face à un « 3 pour 2 », aucun prix de référence ne vous sera donc affiché. Le seul contrôle possible est le vôtre : ramener le prix au kilo ou au litre, et vérifier que vous auriez de toute façon consommé la quantité achetée.
Les fruits, légumes et autres denrées périssables
Pour les biens qui se périment rapidement, comme les fruits et légumes frais, les entreprises ne sont pas tenues d'indiquer un prix de référence. Les guidelines précisent que cette exception vise uniquement les biens qui peuvent périmer : les articles saisonniers, comme les vêtements, n'en bénéficient pas.
Carte client, bons et prix conseillé
Un programme de fidélité à points ou un bon réellement personnel, reçu par exemple pour votre anniversaire, n'est pas une annonce de réduction. En revanche, le SPF Économie considère qu'un « 20 % ce week-end pour les détenteurs de la carte client » reste une annonce soumise au prix de référence lorsque la carte est facile à obtenir et largement utilisée. Quant au prix « conseillé » ou « recommandé » par le fabricant, il ne peut pas servir de prix de référence si le magasin ne l'a jamais pratiqué.
| Type d'annonce | Prix de référence obligatoire ? | Période prise en compte |
|---|---|---|
| « -20 % », « 10 € de réduction », prix barré | Oui | Prix le plus bas des 30 jours précédents |
| « Promo », « Réductions Black Friday » sans pourcentage | Oui, à côté de chaque produit en magasin et en ligne | 30 jours précédents |
| Produit commercialisé depuis moins de 30 jours | Oui | 7 jours précédents |
| Réduction augmentée par paliers dans une même campagne | Oui, le prix de référence initial est conservé | Campagne ininterrompue de 30 jours maximum |
| Fruits, légumes et denrées périssables | Non, pratiques déloyales toujours interdites | Aucune |
| « 1+1 gratuit », « 2e à moitié prix » | Non, pratiques déloyales toujours interdites | Aucune |
| Points de fidélité, bon d'anniversaire personnel | Non | Aucune |
Comment repérer une fausse promotion en 30 secondes au rayon ?
Vous n'avez pas besoin de connaître le Code par cœur. Quatre réflexes suffisent pour trier les vraies remises des annonces qui gonflent l'avantage.
Cherchez le prix de référence avant de regarder le pourcentage
Sur une annonce de réduction classique, trois informations doivent apparaître : le prix réduit, le prix de référence et, le cas échéant, le pourcentage. Faites le calcul à l'envers. Une étiquette « -30 % » à 7 € doit mentionner un prix de référence de 10 €. Les guidelines interdisent aussi les mentions du type « la réduction est calculée à la caisse » : en magasin, le prix réduit doit être lisible à côté du produit.
Ramenez tout au kilo ou au litre
C'est la seule vérification qui fonctionne sur toutes les mécaniques, y compris celles qui échappent au prix de référence. Un format familial en promotion peut rester plus cher au kilo que le format standard au prix normal, et un lot « 2+1 » n'a d'intérêt que si le prix unitaire obtenu bat celui de la marque distributeur voisine.
Méfiez-vous du « jusqu'à -50 % »
Le SPF Économie considère comme trompeuse une publicité « jusqu'à 50 % » lorsque cette remise ne porte que sur quelques articles et qu'un pourcentage plus faible s'applique au reste. Devant ce type d'affiche, vérifiez produit par produit la réduction réellement appliquée à ce que vous comptiez acheter.
Vérifiez l'historique du prix sur votre téléphone
Le prix de référence ne dit rien de ce qui s'est passé il y a deux mois. Pour savoir si le prix promotionnel est réellement bas, un historique est plus parlant. Dealoco, un service belge gratuit et consultable sans compte, agrège les folders de plus de 40 enseignes selon son éditeur et affiche l'historique des prix promotionnels depuis mai 2026. Pour le non-alimentaire (électroménager, vêtements, mobilier), l'application liégeoise MOSC suit l'évolution du prix d'un article en ligne et envoie une alerte en cas de baisse ; un abonnement premium payant y élargit le suivi. Pour situer l'enseigne elle-même, notre comparatif Colruyt ou Lidl et le guide pour trouver le supermarché le moins cher près de chez vous complètent la vérification.
| Signal sur l'étiquette | Ce que vous vérifiez | Outil |
|---|---|---|
| Pourcentage sans prix de référence visible | Présence du prix le plus bas des 30 jours à côté du produit | Vos yeux, la photo de l'étiquette |
| « -30 % » dont le calcul ne tombe pas juste | Prix réduit divisé par (1 - pourcentage) = prix de référence affiché | Calculatrice du téléphone |
| « 1+1 gratuit », « 3 pour 2 » | Prix au kilo ou au litre comparé au format standard | Mention du prix unitaire en rayon |
| « Jusqu'à -50 % » sur toute une allée | Remise réelle sur chaque article du panier | Étiquettes produit par produit |
| Promotion qui revient chaque semaine | Prix pratiqué sur les semaines et mois précédents | Dealoco pour les folders |
| Remise sur un appareil ou un vêtement en ligne | Évolution du prix sur plusieurs mois | MOSC |
Tenir le budget courses avec des promotions vérifiées et I am Beezy
Refuser une fausse remise protège votre budget, mais ne l'augmente pas. Les deux leviers se combinent : acheter moins cher ce qui l'est vraiment, et ajouter une rentrée régulière pour absorber les semaines chargées.
Réserver les achats en quantité aux remises contrôlées
La méthode la plus rentable consiste à ne stocker que les produits dont vous avez vérifié le prix au kilo et l'historique : lessive, conserves, café, produits d'hygiène. Pour les produits frais, où le prix de référence n'est pas obligatoire, achetez à la quantité consommée dans la semaine. Notre article sur le panier qui coûte plus cher chaque semaine détaille où part l'argent quand rien ne change dans vos habitudes.
Ajouter une rentrée à votre rythme
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Que faire si la réduction affichée est fausse ?
Commencez par photographier l'étiquette ou faire une capture d'écran de la page produit, avec la date. C'est la preuve la plus simple à conserver, et elle vous servira quelle que soit la suite.
Signaler sur ConsumerConnect
Le SPF Économie oriente les consommateurs vers ConsumerConnect, où vous choisissez le thème correspondant à votre situation et répondez à quelques questions. Le signalement est transmis à l'Inspection économique, et il peut être anonyme, mais l'Inspection ne pourra alors pas vous recontacter pour obtenir des précisions.
Ce que l'Inspection économique peut faire, et ce qu'elle ne fait pas
L'Inspection examine chaque signalement et peut ouvrir une enquête, adresser un avertissement ou dresser un procès-verbal. D'après les guidelines du SPF Économie du 9 février 2026, une infraction peut être sanctionnée d'une amende pénale allant jusqu'à 100 000 € ou 4 % du chiffre d'affaires annuel, et jusqu'à 500 000 € ou 6 % en cas de mauvaise foi. En revanche, elle ne règle pas votre litige individuel : pour obtenir un geste, ConsumerConnect propose la médiation, et la Commission fédérale de Médiation du SPF Justice est une autre voie.
Black Friday et soldes : la règle vaut aussi
Les guidelines citent expressément les « réductions Black Friday » parmi les annonces soumises au prix de référence. Elles précisent aussi que les prix pratiqués pendant le Black Friday comptent pour calculer le prix de référence des promotions qui suivent, comme le Cyber Monday. Une remise « prolongée » quelques jours plus tard ne peut donc pas repartir d'un prix plus élevé.
Questions fréquentes
Un magasin peut-il afficher « prix barré » sans indiquer de prix de référence ?
Non. Un prix barré à côté d'un nouveau prix est une annonce de réduction : le prix antérieur affiché doit être le prix le plus bas pratiqué pendant les 30 jours précédents, ou 7 jours pour un produit nouveau.
Le prix en ligne et le prix en magasin doivent-ils être identiques ?
Non. La fixation des prix est libre, et le prix de référence se calcule séparément pour chaque canal de vente. Un écart entre le site et le rayon n'est pas en soi une fausse promotion.
Un remboursement proposé par le fabricant est-il une réduction ?
Non. Les offres de « remboursement » par un tiers, sur demande individuelle pendant une période donnée, sont exclues des règles sur le prix de référence. Elles restent soumises à l'interdiction des pratiques trompeuses.
Conclusion
Une réduction n'est vraie en Belgique que si elle se calcule sur le prix le plus bas des 30 derniers jours, affiché à côté du produit. Retenez les exceptions — denrées périssables, « 1+1 gratuit », fidélité personnelle —, ramenez chaque offre au kilo ou au litre, et consultez l'historique quand le doute persiste. Si l'étiquette ment, une photo et un signalement sur ConsumerConnect suffisent pour alerter l'Inspection économique. Et pour que les courses pèsent moins chaque mois, un complément de revenu se construit aussi avec I am Beezy.