Six musiciens béninois du Gangbé Brass Band ont reçu en juillet 2026 une obligation de quitter le territoire français (OQTF), selon le quotidien Libération, qui a révélé l’affaire le 14 octobre, puis France 3 Bretagne, ICI (Radio France) et La Nation. Le 15 juillet, précise La Nouvelle Tribune, qui ajoute que leurs familles sont aussi concernées. En cause, selon ces médias : des revenus artistiques jugés insuffisants pour renouveler leur titre de séjour « passeport talent ».
Le recours de deux d’entre eux doit être examiné le jeudi 19 novembre 2026 par le tribunal administratif de Rennes, d’après La Nation et La Nouvelle Tribune. Un premier référé a été rejeté en août. À Douarnenez, des habitants, des associations et la mairie se mobilisent.
Que reproche l’administration aux musiciens du Gangbé Brass Band ?
Six OQTF notifiées en juillet 2026
D’après la pétition citée par Bénin Web TV, les six musiciens concernés sont Benoît Avihoué, Crespin Kpitiki, Athanase Obed Dehoumon, Martial Whendo Ahouandjinou, Prosper Odjo et Ebenezer Abdias Akloe. Trois vivent dans le Finistère, à Douarnenez et Beuzec-Cap-Sizun, selon France 3 Bretagne et ICI ; deux autres sont installés à Clermont-Ferrand. Selon ICI, les OQTF ont été prises pour non-respect du quota d’heures travaillées et du revenu minimum exigés par leur titre de séjour.
Ce qu’a révélé Libération le 14 octobre
Libération, repris par La Nation, Bénin Web TV et La Nouvelle Tribune, relie la situation des musiciens à la baisse de leurs engagements pendant l’été : des festivals annulés auraient fait chuter leurs revenus. Pour deux d’entre eux, l’administration retiendrait des ressources insuffisantes sur leurs quatre premières années en France, selon une bénévole citée par La Nouvelle Tribune.
Passeport talent : des conditions de revenus difficiles à tenir
Un titre réservé aux métiers de la culture
Selon ICI, le consul de France au Bénin a proposé en 2021 aux membres du groupe un « passeport talent », titre de plusieurs années qui leur évitait un visa à chaque tournée, mais limité au secteur culturel. Benoît Avihoué raconte à ICI que des agences d’intérim de Quimper et Douarnenez lui ont répondu que son titre ne lui permettait pas de travailler pour elles.
70 % du Smic et 507 heures sur douze mois
La règle française, publiée sur Service-public.gouv.fr et reprise par La Nation, impose au titulaire d’un passeport talent « profession artistique » des ressources d’au moins 70 % du Smic brut par mois de séjour, soit 1 306,91 euros (environ 857 000 FCFA au taux fixe), dont 51 % au moins tirés de l’activité artistique. Selon France 3 Bretagne et ICI, les musiciens n’ont pas non plus atteint cette année les 507 heures de spectacle sur douze mois, le seuil des intermittents.
| Condition rapportée | Ce que disent les sources |
|---|---|
| Ressources minimales | 70 % du Smic brut par mois, soit 1 306,91 euros (Service-public.gouv.fr, La Nation) |
| Part artistique des revenus | Au moins 51 % (Service-public.gouv.fr, La Nation) |
| Heures de spectacle | 507 heures sur douze mois, non atteintes (France 3 Bretagne, ICI) |
| Durée du titre | Jusqu’à quatre ans (Service-public.gouv.fr, La Nation) |
Des festivals annulés faute de subventions
Le tromboniste Martial Ahouandjinou explique à ICI qu’une vingtaine de ses dates de l’été ont été annulées à la dernière minute, les festivals renonçant quand leurs subventions disparaissent. La Nation parle elle aussi d’annulations « faute de subventions ». La pétition des soutiens évoque plus de trente concerts menacés, selon La Nouvelle Tribune.
Où en est la procédure devant le tribunal administratif de Rennes ?
Un référé rejeté en août
Selon La Nation et La Nouvelle Tribune, un référé déposé par le saxophoniste Ebenezer Akloe et le trompettiste Prosper Odjo a été rejeté en août. Bénin Web TV cite une ordonnance du tribunal administratif de Rennes du 28 août : le juge n’aurait relevé aucun doute sérieux sur la légalité du refus de renouvellement, au vu des ressources justifiées, sans trancher le fond.
Le recours au fond, le 19 novembre
Le recours au fond de ces deux musiciens doit être examiné le 19 novembre 2026 par le tribunal administratif de Rennes, selon La Nation, qui cite la pétition, et La Nouvelle Tribune. ICI indique que les musiciens doivent être reçus à Rennes ce jour-là ; France 3 Bretagne parle d’un réexamen par le préfet.
Ce que dit la préfecture
Interrogée par ICI, la préfecture du Finistère indique avoir reçu des courriers d’élus et une intervention de l’ambassade du Bénin, et répond : « Il y aura un réexamen du dossier. » Aucune autre déclaration de l’administration n’a été publiée à ce jour dans les médias consultés.
| Date | Étape rapportée par la presse |
|---|---|
| 1994 | Création du Gangbé Brass Band à Cotonou |
| 2021 | Passeport talent proposé par le consul de France (ICI) |
| 15 juillet 2026 | Notification des OQTF (La Nouvelle Tribune) |
| 28 août 2026 | Référé rejeté par le tribunal administratif de Rennes (Bénin Web TV) |
| 24 septembre 2026 | Lancement de la pétition de soutien |
| 14 octobre 2026 | Article de Libération |
| 19 novembre 2026 | Examen du recours au fond à Rennes |
À Douarnenez, une mobilisation autour des musiciens
La mairie écrit au préfet
Selon France 3 Bretagne et ICI, Martial Ahouandjinou devait enseigner le trombone à l’école de musique de Douarnenez, mais son contrat est bloqué faute de titre valide. La mairie a écrit au préfet. « Il est très compétent, il est très motivé, on aimerait beaucoup qu’il rejoigne l’école de musique », a déclaré à France 3 Diana Rimer, adjointe au maire chargée de la culture.
Une pétition et des associations
Une pétition lancée le 24 septembre demande l’abrogation des OQTF, selon Bénin Web TV et La Nouvelle Tribune. Elle comptait 1 500 signatures début octobre, d’après France 3 Bretagne. « Ce qui nous arrive est un coup dur pour tout le monde », confiait Benoît Avihoué à la chaîne, et Martial Ahouandjinou ajoutait : « On n’est pas des fainéants, on ne cherche qu’à travailler. »
Toujours à l’affiche
Le groupe figurait au programme du festival Oley’Africa, à Crest, dans la Drôme, du 16 au 18 octobre, une édition consacrée au patrimoine béninois, selon La Nation et Bénin Web TV.
Le Gangbé Brass Band, trente ans de fanfare béninoise
Né à Cotonou en 1994
Le Gangbé Brass Band a été fondé en 1994 à Cotonou, rappellent La Nouvelle Tribune et la Ville de Paris. Son nom signifie « le son du métal ». La fanfare mêle cuivres, percussions et chants, entre vodoun, jazz et afrobeat.
Une discographie de Go Slow to Lagos à Ouidah
Parmi ses albums figure Go Slow to Lagos, paru en 2015 chez Buda Musique. Le dernier, From Ouidah to Another World, est sorti le 5 décembre 2025 pour les trente ans du groupe, selon la Ville de Paris, qui l’accueillait au New Morning le 5 février 2026.
Questions fréquentes sur l’affaire du Gangbé Brass Band
Les musiciens peuvent-ils être expulsés avant le 19 novembre ?
Selon l’ordonnance du 28 août citée par Bénin Web TV, le recours en annulation suspend l’exécution de l’OQTF jusqu’au jugement, pour le musicien concerné. La situation des autres membres n’est pas détaillée par la presse.
Comment suivre la suite ?
Tu peux suivre La Nation, France 3 Bretagne et ICI, qui couvrent l’affaire depuis le début. La décision du tribunal administratif de Rennes n’est pas attendue avant l’audience du 19 novembre.
Ce qu’il faut retenir
Une date à suivre, le 19 novembre
Six musiciens d’une fanfare née à Cotonou attendent la décision de la justice administrative française sur leur séjour, après un référé rejeté en août. Et si tu veux continuer à suivre la culture béninoise sur ton téléphone, I am Beezy rémunère aussi les contenus que tu consultes, avec un paiement sur ton compte mobile money.
Sources : La Nation, ICI (Radio France), France 3 Bretagne