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Garder la mutuelle de son entreprise à la retraite : le dispositif Évin en 2026

La loi Évin permet de conserver la complémentaire santé de votre ancien employeur. Le tarif est plafonné trois ans — puis plus du tout. Voici le calendrier exact et les deux délais à ne pas rater.

16/08/2026
14 min de lecture
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En bref

Votre départ à la retraite approche et une ligne de votre budget vous inquiète plus que les autres : la complémentaire santé. Jusqu’ici l’entreprise en réglait au moins la moitié. Demain, la totalité sera pour vous, au moment précis où vos dépenses de santé augmentent.

dispositif Évinmaintien des garanties santé retraiteportabilité complémentaire santédécret n° 2017-372

Votre départ à la retraite approche et une ligne de votre budget vous inquiète plus que les autres : la complémentaire santé. Jusqu’ici l’entreprise en réglait au moins la moitié. Demain, la totalité sera pour vous, au moment précis où vos dépenses de santé augmentent.

Il existe un droit qui amortit ce passage : le maintien des garanties prévu par l’article 4 de la loi n° 89-1009 du 31 décembre 1989, que tout le monde appelle la loi Évin. Il vous permet de conserver le contrat de votre ancien employeur, à titre individuel, sans limitation de durée. Son intérêt réel tient à un encadrement tarifaire — et à la date où cet encadrement s’arrête.

Cet article détaille ce plafonnement année par année, les deux délais couperets qui font perdre le droit, et l’arbitrage à préparer avant la quatrième année. Si votre objectif est aussi d’ajouter une rentrée régulière à une pension fixe, I am Beezy rémunère la consultation de contenus depuis un téléphone, sans condition d’âge ni de santé.

Ce qui arrive à votre contrat le jour du départ

Le contrat collectif de votre entreprise couvre des salariés. Le jour où vous cessez de l’être, vous en sortez mécaniquement. Deux dispositifs différents peuvent alors prendre le relais, et on les confond souvent.

La portabilité, gratuite mais courte

Si vous partez vers l’assurance chômage plutôt que directement vers la retraite, la portabilité maintient vos garanties gratuitement. Sa durée est égale à la période d’indemnisation du chômage, plafonnée à 12 mois et bornée par la durée de votre dernier contrat de travail. Trois conditions : avoir adhéré à la couverture, une rupture sans faute lourde, et une prise en charge effective par l’assurance chômage. Votre employeur signale ce maintien dans le certificat de travail (Service-public.gouv.fr, fiche F20744, vérifiée le 26 novembre 2025).

Le maintien Évin, payant mais sans limite de durée

Le dispositif Évin, lui, transforme votre couverture collective en contrat individuel. Il concerne les anciens salariés retraités, les personnes en invalidité ou en incapacité, et les ayants droit d’un salarié décédé. Pour les retraités et les titulaires de rentes, il est accordé sans limitation de durée. Ce nouveau contrat est payant : c’est tout l’enjeu de la suite.

Deux délais qui font perdre le droit

L’assureur doit vous adresser sa proposition de maintien individuel au plus tard deux mois après la fin de la portabilité, et vous devez faire votre demande au plus tard six mois après. Ces six mois sont un couperet. Un ancien salarié qui les laisse passer ne récupère pas le droit plus tard, et se retrouve à souscrire sur le marché individuel sans aucun encadrement de tarif.

Futur retraité examinant sa proposition de maintien de complémentaire santé en France en 2026

Que garantit exactement le dispositif Évin sur le tarif ?

C’est le cœur du sujet, et le chiffre décisif est rarement écrit. L’encadrement tarifaire ne vient pas de la loi de 1989 elle-même mais du décret n° 2017-372 du 21 mars 2017, qui modifie l’article 1er du décret du 30 août 1990. Il s’applique aux contrats souscrits ou aux adhésions intervenues à compter du 1er juillet 2017.

Le plafonnement, texte à l’appui

Année du contrat individuelCe que le décret autoriseTraduction
1re année« les tarifs ne peuvent être supérieurs aux tarifs globaux applicables aux salariés actifs »Vous payez le tarif des actifs, mais seul
2e année« les tarifs ne peuvent être supérieurs de plus de 25 % aux tarifs globaux applicables aux salariés actifs »Plafond à + 25 %
3e année« les tarifs ne peuvent être supérieurs de plus de 50 % aux tarifs globaux applicables aux salariés actifs »Plafond à + 50 %
4e année et au-delàLe décret ne prévoit aucun plafondTarif libre

Ce que « tarif des actifs » veut dire

La référence est le tarif global du contrat collectif, c’est-à-dire l’ensemble de la cotisation, part patronale comprise. La première année ne vous coûte donc pas ce que vous payiez sur votre bulletin de paie : elle vous coûte la totalité de ce que coûtait votre couverture, ce qui représente souvent le double. Le plafonnement protège de la surtarification liée à l’âge, pas de la disparition de la participation de l’employeur.

Grille tarifaire d’un maintien de garanties santé posée sur une table en France en 2026

Le mur de la quatrième année

C’est le seul droit du secteur qui expire en silence. Le décret encadre trois années, puis se tait. Le contrat, lui, continue.

Pourquoi personne ne l’écrit

Les articles grand public s’arrêtent au « + 50 % » parce que c’est le dernier chiffre du texte. Or ce n’est pas le dernier événement de votre vie d’assuré. Le décret n° 2017-372 ne prévoit aucun plafond à compter de la quatrième année, et l’organisme fixe alors librement le tarif. Ce qui se passe concrètement à ce moment-là n’est mesuré par aucune statistique publique, et c’est précisément pour cela qu’il faut préparer l’arbitrage avant, pas après.

Le calendrier à poser dès la première année

Notez la date d’effet de votre contrat individuel. Marquez le troisième anniversaire dans votre agenda, avec trois mois d’avance. C’est à cette échéance que vous devez comparer sérieusement, pendant que vous êtes encore protégé par le plafond à + 50 % et donc en position de partir sans urgence.

Rester chez son ancien assureur ou souscrire ailleurs ?

La question se pose vraiment, et elle n’a pas de réponse unique. Voici les termes à mettre dans la balance.

Ce qui joue pour le maintien

Vous connaissez vos garanties, vous n’avez aucune formalité d’adhésion, et le contrat collectif est en moyenne mieux-disant : sur les données 2024 de la DREES, les contrats collectifs reversent 85 % des cotisations en prestations contre 73 % pour les contrats individuels. Vous restez aussi chez l’organisme qui détient déjà votre historique de remboursements, ce qui pèse quand un traitement est en cours.

Ce qui joue pour un contrat individuel

Vous choisissez votre organisme et votre niveau de garanties, souvent surdimensionné dans un contrat d’entreprise conçu pour des actifs. C’est aussi le terrain où vous arbitrez seul, à partir de ce que chaque marque publie — et ce que les marques publient sur leurs offres destinées aux plus de 60 ans est très inégal. La section suivante met six d’entre elles côte à côte, sur les trois points qui décident d’un budget de retraité : le prix et ses hypothèses, la chambre particulière, et ce qui reste non publié.

Le troisième terme, souvent ignoré : la C2S

Si vos ressources annuelles sont modestes, la Complémentaire santé solidaire change tout l’arbitrage. Au 1er avril 2026, en métropole, une personne seule dont les ressources des douze derniers mois ne dépassent pas 10 421 € par an y a droit sans participation financière ; entre 10 421 € et 14 069 €, avec une participation. Attention à un piège de calcul : un propriétaire ou une personne logée à titre gratuit voit un forfait logement ajouté à ses ressources avant comparaison au plafond — 78,20 € par mois pour une personne seule.

Âge au 1er janvier de l’année d’attributionParticipation mensuelle, métropole et DOMParticipation mensuelle, Alsace-Moselle
50 à 59 ans21 €7,30 €
60 à 69 ans25 €8,70 €
70 ans et plus30 €10,50 €

Ces montants sont ceux du 1er avril 2026, et la participation s’applique par personne couverte, pas par foyer. Le régime local d’Alsace-Moselle divise donc la facture par près de trois, un écart qui n’apparaît presque jamais dans les comparatifs nationaux.

Ce que la C2S apporte va au-delà du prix. Le tableau de garanties publié en janvier 2026 par le ministère chargé de la santé énumère six droits : aucune avance de frais chez un professionnel conventionné sur présentation de la carte Vitale, aucune participation forfaitaire ni franchise médicale, interdiction faite au professionnel de facturer des dépassements d’honoraires sauf exigence particulière du patient, prise en charge intégrale des équipements du 100 % Santé, forfait journalier hospitalier sans limitation de durée, et prise en charge intégrale de nombreux matériels médicaux. Une limite à connaître : les médecins non conventionnés, dits de secteur 3, fixent librement leurs tarifs et ne sont pas pris en charge par la C2S.

Retraitée comparant un maintien de garanties et un contrat individuel en France en 2026

Les offres seniors du marché : ce que six marques publient, et ce qu’elles taisent

Le tableau ci-dessous reprend ce que six marques affichaient sur leurs pages de complémentaire santé individuelle, en regardant d’abord ce qui intéresse un futur retraité : le prix, ses hypothèses de calcul, et la chambre particulière. Données relevées le 17 août 2026 sur les pages publiques de ces organismes. Une page commerciale n’engage pas : seuls le tableau de garanties et le document d’information sur le produit d’assurance font foi.

Prix, offre seniors et chambre particulière : ce qui est affiché

Un avertissement s’impose sur la troisième colonne : ces prix ne se comparent pas entre eux. Ils ne reposent ni sur le même âge, ni sur la même ville, ni sur le même niveau de garanties, ni sur la même date de valeur — et deux des six marques n’en publient aucun. La colonne est là pour montrer ce que chaque marque accepte de dire de son propre tarif, pas pour désigner le moins cher.

Marque (famille juridique)Offre ou page destinée aux seniorsPrix affiché et hypothèses publiéesChambre particulière chiffrée
MGEN (mutuelle)Aucune page seniors dans le parcours relevé ; cinq formules, et un avantage d’ancienneté « après 3 ans et 5 ans » dont le montant n’est pas affiché25,75 € à 42,75 € par mois « à partir de », un montant par formule — aucune date, aucun âge, aucun département, aucune noteNon : « chambre particulière incluse » dès la deuxième formule, sans aucun montant
Harmonie Mutuelle (mutuelle)Aucune offre seniors identifiée ; couverture composée poste par poste, sans formule nomméeAucun prix affiché sur le produit santéNon : seulement un délai d’attente de 8 mois en psychiatrie, et une option qui la supprime en échange d’une cotisation réduite
AÉSIO (mutuelle)Offre « 55 ans et plus »60 € par mois affichés, 60,05 € avant arrondi, tarif calculé en 2026 et apprécié au 1er janvier, pour une personne de 55 ans à Clermont-Ferrand au niveau 1 — la seule des six à publier toutes ses hypothèsesNon mentionnée sur les pages en ligne, qui ne publient aucun chiffre de garantie
Malakoff Humanis (institution de prévoyance)Page seniors, « avec l’âge, vos besoins en santé évoluent »« À partir de » 47,40 € par mois — aucune date, aucun âge, aucune ville, aucune note rattachée au montantOui, en euros par nuit : aucune prise en charge sur la formule d’entrée, puis 40 €, 60 €, 80 € et 85 €
MACSF (société d’assurance à forme mutuelle)Aucune page seniors ; cinq formules et un bouton « Obtenir un tarif »Aucun prix affiché, ni tarif, ni « à partir de », ni exemple de cotisationOui, en euros par jour : 30 €, 100 €, 50 €, 75 € et 100 € selon la formule, limitée à 90 jours par an en neuropsychiatrie
APRIL (courtier)Page santé senior, une gamme dédiée, trois niveaux affichés sur cinq66,67 €, 78,89 € puis 157,20 € par mois toutes taxes comprises, « Tarif 2026 », pour une personne de 56 ans — mais une ville différente pour chaque niveau : Nantes, Chambéry, PoitiersJamais mentionnée, sur aucune des quatre pages relevées

Trois régimes d’affichage cohabitent dans la colonne des prix, et un seul est utilisable. Une marque publie systématiquement la date, l’âge, la ville, le niveau souscrit et le tarif réel avant arrondi : ses montants sont vérifiables et comparables à eux-mêmes dans le temps. Deux affichent un prix nu, un nombre sans date ni profil, qui ne se compare à rien — pas même à un autre prix nu. Une quatrième date bien ses tarifs, mais change de ville d’un niveau à l’autre, ce qui empêche de lire l’écart entre ses propres niveaux. Et deux marques sur six n’affichent aucun prix sur leur produit santé : elles sont hors de toute comparaison tarifaire, quelle qu’elle soit.

La chambre particulière, chiffrée par deux marques sur six

C’est le poste qui pèse le plus lourd sur une hospitalisation, et deux marques seulement en publient le montant : de 30 à 100 € par jour chez l’une, de 40 à 85 € par nuit chez l’autre. Les deux libellés ne décrivent pas la même unité sur un séjour, et aucune des deux pages ne définit le terme. Les quatre autres ne publient rien de chiffré : une l’annonce « incluse » sans montant, une ne la cite que pour un délai d’attente et une option de suppression, et deux ne la mentionnent nulle part.

Un détail d’affichage montre au passage qu’un rang de formule ne mesure rien. Dans le tableau de garanties le plus détaillé des six, une formule d’entrée renforcée sur l’hospitalisation affiche 100 € par jour de chambre particulière, soit davantage que la formule présentée au-dessus d’elle dans la gamme, à 75 €, et à égalité avec la formule la plus haute. La page ne l’explique pas ; l’intitulé de la formule est la seule indication disponible. C’est la raison pour laquelle un tableau « niveau 1, niveau 2, niveau 3 » à six colonnes n’a pas d’objet : deux de ces marques consacrent un niveau entier à la seule hospitalisation, à des rangs opposés de leur gamme, une n’en publie aucun, et une autre numérote deux gammes différentes de la même façon.

Ce que ce comparatif ne peut pas dire

Il ne désigne pas la meilleure offre pour un retraité, et il ne le peut pas : il enregistre ce qui est publié le jour du relevé, pas ce qui est remboursé. Trois points restent hors d’atteinte. Aucune des six n’affiche de limite d’âge à l’adhésion — c’est le seul point où les six se comportent à l’identique, et c’est une absence, dont on ne peut rien déduire. Aucune n’affichait, ce jour-là, d’offre à durée limitée avec une date de début et de fin : les avantages relevés, couple, famille ou ancienneté, sont permanents et sans bornes. Et aucune ne publie de clause réservant l’adhésion à une profession, quelles que soient les formules commerciales employées. Réclamez le tableau de garanties, le document d’information sur le produit d’assurance et un devis nominatif : c’est le seul terrain où deux offres deviennent comparables.

Alléger le budget santé de la retraite avec I am Beezy

Une pension est un revenu fixe, et la cotisation de complémentaire santé est la ligne qui bouge le plus. I am Beezy ajoute un revenu variable qui ne dépend d’aucune condition d’âge : vous consultez des contenus — vidéos, articles, publicités — et chaque consultation génère un gain crédité sur votre moyen de paiement habituel.

Un revenu qui n’exige ni déplacement ni matériel

Un téléphone et une connexion suffisent. La fourchette observée sur l’application est de 5 à 15 € par jour, en euros, sans conversion à faire puisque la France est dans la zone euro.

À quel moment cela compte le plus

Précisément à la quatrième année du dispositif Évin, quand le plafond disparaît. C’est le moment où une rentrée complémentaire vous laisse le temps de comparer au lieu de subir la hausse.

Vos dates à noter dès maintenant

Trois repères suffisent. La proposition de maintien doit vous parvenir au plus tard deux mois après la fin de la portabilité ; votre demande doit partir au plus tard six mois après cette même fin ; et le troisième anniversaire de votre contrat individuel est la date à laquelle vous devez avoir comparé, parce que la protection tarifaire s’arrête juste après.

Un point pratique pour finir, souvent décisif à cet âge : les aides auditives. Dans le cadre du 100 % Santé, le prix limite de vente d’un équipement de classe I est de 950 € par oreille pour une personne de 20 ans et plus, avec un renouvellement possible tous les quatre ans (ameli.fr, mise à jour le 20 février 2026). Ce montant n’est pas celui de la C2S : le tableau de garanties de la Complémentaire santé solidaire, de janvier 2026, plafonne sa prise en charge à 800 € par aide auditive au-delà de 20 ans. Deux périmètres, deux chiffres — ne les confondez pas quand vous comparez des devis.

Vérifiez enfin que votre contrat est bien un contrat responsable : sans cela, le 100 % Santé ne s’applique pas, quel que soit votre régime. Et pour amortir la cotisation d’une couverture qui n’est plus cofinancée, l’inscription à I am Beezy se fait en quelques minutes.

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