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Jordan Bardella visé par des révélations de Mediapart : ce que l’on sait

Mediapart a publié le 28 septembre 2026 une enquête qui attribue à Jordan Bardella des écrits de 2013 que le journal qualifie d’antisémites. Le président du RN conteste formellement, parle de « faux grossiers » et annonce des plaintes. Les faits, sa réponse et les réactions.

29/09/2026
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Drapeau français flottant au sommet d’un mât sous un ciel bleu
Drapeau français flottant au sommet d’un mât sous un ciel bleu — Jordan Bardella visé par des révélations de Mediapart : ce que l’on sait (2013).
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En bref

Le lundi 28 septembre 2026, dans l’après-midi, le site d’investigation Mediapart a publié une enquête qui attribue à Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), des propos écrits que le journal qualifie d’antisémites. Selon Mediapart, ces messages dateraient principalement de l’été 20

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Le lundi 28 septembre 2026, dans l’après-midi, le site d’investigation Mediapart a publié une enquête qui attribue à Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), des propos écrits que le journal qualifie d’antisémites. Selon Mediapart, ces messages dateraient principalement de l’été 2013, lorsque Jordan Bardella, alors âgé de 17 à 18 ans, militait au Front national. Le journal évoque des conversations écrites s’étalant de 2013 à 2015.

Jordan Bardella conteste « formellement » ces accusations. Il parle de « faux grossiers », affirme que son avocat a déposé une plainte en diffamation et annonce une seconde plainte, pour faux et usage de faux, si des documents écrits sont publiés. Au moment de notre dernière vérification, le mardi 29 septembre à 22 h 50, aucune pièce n’avait été rendue publique par Mediapart et aucune décision de justice n’était intervenue.

Que rapporte l’enquête de Mediapart ?

Des dizaines de conversations écrites, selon le journal

Mediapart présente son article comme le résultat d’une « enquête de plusieurs mois », fondée sur « des dizaines de conversations écrites » tenues de 2013 à 2015, issues selon lui d’une base documentaire plus large et complétée de témoignages. Le journal ne précise pas le ou les destinataires de ces échanges. L’enquête est signée par les journalistes Alexandre Berteau et Antton Rouget.

D’après les extraits publiés par Mediapart et repris par l’AFP et franceinfo, les messages développeraient des thèses complotistes visant les Juifs, notamment l’idée d’une domination juive sur la finance, avec cette phrase citée par de nombreux médias : « Toutes les banques sont détenues par des Juifs ». Mediapart affirme aussi que le jeune militant y exprimait son soutien à l’humoriste Dieudonné et son adhésion aux thèses de l’essayiste Alain Soral, tous deux condamnés par la justice, et qu’il visait des ministres du gouvernement de François Hollande.

Des documents présentés comme authentifiés

Mediapart affirme avoir authentifié ces documents, y compris sur le plan technique. Antton Rouget a expliqué sur franceinfo qu’il s’agissait de courriels échangés dans des listes de diffusion et de conversations sur des messageries. Le journal se dit prêt à produire l’ensemble de ses éléments devant la justice.

Dôme et fronton du Panthéon à Paris, surmontés d’un drapeau français, sous un ciel clair

Comment Jordan Bardella et le RN répondent-ils ?

Un démenti total

Sollicité par Mediapart avant la publication, Jordan Bardella a répondu par écrit que ces éléments étaient « nécessairement des faux grossiers ». Il a fait valoir qu’il n’était pas « militant actif » durant l’été 2013 et qu’il était « encore mineur ». Sur X, il a ensuite écrit : « Je conteste formellement les accusations portées à mon endroit par Mediapart, me prêtant des propos délirants et antisémites. » Le soir même sur CNews, il a évoqué des « propos parfaitement délirants » qui ne sont pas les siens.

Le mardi 29 septembre, en arrivant à l’Assemblée nationale, il a déclaré, selon l’AFP : « Soit Mediapart a monté cette manipulation, soit Mediapart lui-même s’est fait enfumer par des gens derrière assez puissants qui ont intérêt à déstabiliser cette campagne présidentielle. » Devant les parlementaires de son parti, il a dénoncé « les prémices d’une guerre totale » contre le RN et affirmé : « L’objectif, c’est de tuer ma carrière politique. »

Deux plaintes annoncées et le soutien de Marine Le Pen

Jordan Bardella a annoncé une plainte en diffamation contre Mediapart, qu’il dit déjà déposée par son avocat, puis une plainte pour faux et usage de faux « s’il y a des éléments écrits ». Marine Le Pen, candidate du RN à l’élection présidentielle de 2027, a déclaré lundi que cela lui paraissait « tellement dingue que ça ne peut être qu’un faux, qu’une barbouzerie dont Mediapart a le secret ». Mardi, elle a exprimé sa « confiance absolue » en Jordan Bardella, à qui elle entend confier Matignon en cas de victoire.

DateÉvénement
2012Jordan Bardella adhère au Front national
Été 2013Période de la plupart des messages cités par Mediapart ; il a alors 17 à 18 ans
2013-2015Période couverte par les conversations écrites, selon Mediapart
Dimanche 27 septembre 2026Élections sénatoriales : le RN obtient pour la première fois un groupe au Sénat
Lundi 28 septembre, après-midiPublication de l’enquête ; démenti de Jordan Bardella sur X
Lundi 28 septembre, soirSur CNews, il annonce une plainte en diffamation
Mardi 29 septembre, matinDevant les élus RN, il annonce une plainte pour faux et usage de faux si des écrits sont publiés
Mardi 29 septembre, journéePropos de Marine Le Pen sur le « costard en Kevlar » ; réponse de Mediapart
Pile de journaux imprimés vue de près, pages superposées

Les réactions politiques, du RN à la gauche

Au gouvernement et à droite

Aurore Bergé, ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, a estimé que « ces écrits, s’ils sont avérés, sont d’une immense gravité ». Chez Les Républicains, Jean-François Copé a appelé à ce que « les masques tombent ». Le vice-président de LR Julien Aubert a résumé sur Radio J : « Dans cette histoire, il va y avoir un mort. Mais lequel ? », en posant l’alternative entre une enquête exacte et une « barbouzerie » qui ferait prendre à Mediapart « un très gros risque ».

À gauche, dans les institutions juives et au RN

La cheffe des Écologistes, Marine Tondelier, a demandé que Jordan Bardella démissionne « de toutes ses fonctions ». Jean-Luc Mélenchon (LFI) a condamné « formellement » ces écrits, « si c’est bien » Jordan Bardella qui en est l’auteur. Au RN, Jean-Philippe Tanguy a imputé les révélations à d’anciens membres exclus du parti dans les années 2010.

QuiCampRéaction rapportée
Marine Le PenRN« Ça ne peut être qu’un faux, qu’une barbouzerie dont Mediapart a le secret »
Aurore BergéGouvernementDes écrits « d’une immense gravité », « s’ils sont avérés »
Julien AubertLR« Il va y avoir un mort. Mais lequel ? »
Olivier FaurePS« On comprend mieux aujourd’hui pourquoi Bardella a pu dire que Jean-Marie Le Pen n’était pas antisémite »
Marine TondelierÉcologistesDemande sa démission « de toutes ses fonctions »
Jean-Luc MélenchonLFICondamne « formellement » ces écrits, « si c’est bien » lui qui en est l’auteur
Yonathan ArfiCrif« Une illustration des limites de la dédiabolisation du Rassemblement national »

Ce que cette affaire change dans la campagne présidentielle 2027

Une crise au lendemain d’un succès électoral

L’enquête est parue au lendemain des sénatoriales du 27 septembre, qui ont permis au RN de constituer son premier groupe au Sénat. Selon l’AFP, il s’agit de la première crise de la campagne de Marine Le Pen, lancée le 7 juillet, et elle touche la stratégie de « dédiabolisation » engagée depuis 2011. En mars 2025, Jordan Bardella avait été invité par le gouvernement israélien à une conférence sur la lutte contre l’antisémitisme.

Un bras de fer entre le RN et Mediapart

Mardi, Marine Le Pen a lancé : « Maintenant, c’est à Mediapart, je crois, qu’il va falloir dire d’enfiler son costard en Kevlar parce qu’il y aura évidemment une réponse à la manière dont ils se comportent. » Mediapart y a vu, avec l’expression de « guerre totale », une illustration de « la violence sidérante de cette extrême droite qui se prétend propre sur elle ». La députée écologiste Léa Balage El Mariky a annoncé saisir le procureur de la République au titre de l’article 40 pour « ces propos qui ressemblent à des menaces de mort ».

Grille dorée ornée devant une façade officielle à Paris, avec un drapeau tricolore et la devise républicaine gravée

Questions fréquentes sur l’affaire Bardella-Mediapart

Jordan Bardella a-t-il reconnu ces écrits ?

Non. Il conteste formellement en être l’auteur et parle de « faux grossiers ». Aucune juridiction ne s’est prononcée sur l’authenticité des documents. Jordan Bardella, comme toute personne mise en cause, bénéficie de la présomption d’innocence.

Quelles procédures judiciaires sont engagées ?

Jordan Bardella annonce une plainte en diffamation contre Mediapart, et une plainte pour faux et usage de faux si des documents sont publiés. De leur côté, des députés écologistes ont annoncé un signalement au procureur au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, portant sur des faits susceptibles, s’ils sont avérés, de constituer une infraction. Les sources consultées ne font état d’aucune enquête judiciaire ouverte à ce stade.

Quel âge avait Jordan Bardella en 2013 ?

Selon l’AFP et Public Sénat, il avait entre 17 et 18 ans à l’été 2013. Il avait adhéré au Front national en 2012 et a pris la tête de la fédération de Seine-Saint-Denis en 2014.

Ce qu’il faut retenir

Deux versions qui s’opposent

Mediapart affirme détenir des écrits authentifiés et se dit prêt à les défendre devant les magistrats ; Jordan Bardella dément en bloc, dénonce une manipulation et saisit la justice. La suite dépendra des pièces que le journal pourrait publier et de l’examen des plaintes. D’ici là, les propos restent attribués à Jordan Bardella par Mediapart, et contestés par l’intéressé.

Sources : franceinfo, Public Sénat, AFP via Sud Radio.

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Marie-Victorine Kondo

Marie-Victorine Kondo

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