La réforme du petit commerce en RDC entre dans sa phase de contrôle. Le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a annoncé à Kinshasa que l’État allait désormais vérifier le respect du décret n° 26/011 du 30 mars 2026 et sanctionner les opérateurs en infraction, rapportent Actualite.cd le 13 octobre 2026 et 7sur7.cd le 14 octobre. « Nous sommes arrivés à l’étape où nous allons contrôler et commencer à sanctionner », a-t-il déclaré.
Ce décret réserve le petit commerce et le commerce de détail aux opérateurs économiques congolais. Avant d’annoncer les contrôles, le ministre a reçu les grands importateurs le 5 octobre, puis des représentants de missions diplomatiques le 12 octobre. Aucune date précise de début des contrôles ni aucun barème de sanctions n’ont été rendus publics à ce jour.
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Que dit le décret 26/011 sur le petit commerce en RDC ?
Petit commerce et commerce de détail : deux activités réservées
Le texte porte « mesures d’exercice du petit commerce et du commerce de détail ». Son principe tient en une phrase, reprise du communiqué du ministère de l’Économie nationale par Radio Okapi et Sika Finance : « le petit commerce et le commerce de détail sont réservés aux opérateurs économiques congolais ». Le ministère avait annoncé l’entrée en vigueur du dispositif fin avril, dans un communiqué relayé le 3 mai 2026 par Radio Okapi.
Le décret lui-même n’a pas été diffusé en ligne dans sa version intégrale. Pour faire la différence, Daniel Mukoko Samba s’en tient à une formule simple, citée par Radio Okapi le 6 octobre : « Le petit commerce, la petite quantité, il est réservé aux Congolais. » Le commerce de détail, lui, correspond à la vente à l’unité. Selon RFI, le petit commerce recouvre les commerces ambulants, les kiosques et les étals des marchés, et le commerce de détail les magasins, les épiceries et les pharmacies.
Ce qui reste ouvert aux investisseurs étrangers
La réforme distingue une troisième catégorie : le commerce de détail spécialisé « à forte intensité de capital ». Ces activités restent accessibles aux étrangers « dans les conditions prévues par la réglementation », fixées par un arrêté. Radio Okapi et Burkina 24 citent en exemple les supermarchés modernes, les franchises de marque et la vente de matériel technique ou automobile soumise à agrément. Le ministre parle de « dix catégories » ouvertes, sans que leur liste complète ait été publiée dans la presse.
Pour y entrer, un opérateur étranger doit obtenir un avis de non-objection du ministère de l’Économie nationale, a précisé Daniel Mukoko Samba à Radio Okapi. Selon l’Agence congolaise de presse (ACP) et Reporter.cd, une plateforme numérique sert désormais à délivrer ces avis.
Contrôles du petit commerce : le calendrier connu à ce jour
Six mois de mise en conformité, puis les vérifications
Le communiqué de mai accordait aux opérateurs concernés « un délai de six mois » pour se conformer, selon Radio Okapi et Trends.cd. Ni l’un ni l’autre ne précise la date de départ de ce délai : aucune échéance officielle n’est donc publiée pour la fin de la régularisation.
Le 11 septembre, au Conseil des ministres, le ministre a fait état de 2 689 opérateurs économiques identifiés et géolocalisés à Kinshasa, de 67 nationalités, avec l’appui de la Police nationale congolaise, rapportent l’ACP et Reporter.cd. Le 2 octobre, devant la FEC, la COPEMECO et d’autres organisations professionnelles, il a annoncé que les services compétents vérifieraient la conformité « dans les prochains jours », selon Actualite.cd et l’ACP.
Grossistes et diplomates reçus à Kinshasa
Le 5 octobre, le ministre a rencontré de grands importateurs, dont Premium Food, GFCO Sarlu, Hyper Psaro et SOCIMEX. Le 12 octobre, il a reçu des représentants des missions diplomatiques notamment de Chine, du Bénin, de Guinée, du Mali, du Nigeria et du Sénégal, selon 7sur7.cd et La Prospérité. Aucun de ces médias ne rapporte de réaction publique des importateurs ni des ambassades : le gouvernement indique seulement que le dialogue se poursuivra.
| Date (2026) | Étape | Sources |
|---|---|---|
| 30 mars | Signature du décret n° 26/011 | Actualite.cd, 7sur7.cd |
| Fin avril - 3 mai | Communiqué : activités réservées, délai de six mois | Radio Okapi, Trends.cd |
| 11 septembre | Conseil des ministres : 2 689 opérateurs recensés à Kinshasa | ACP, Reporter.cd |
| 2 octobre | Sensibilisation des organisations professionnelles | Actualite.cd, ACP |
| 5 octobre | Rencontre avec les grands importateurs | 7sur7.cd, La Prospérité |
| 12 octobre | Rencontre avec des missions diplomatiques | 7sur7.cd, Actualite.cd |
| 13 octobre | Annonce des contrôles et des sanctions | Actualite.cd, AfricaNews RDC |
Que risque un commerçant en infraction ?
Des sanctions annoncées, pas encore détaillées
Toutes les sources parlent des « sanctions prévues par la réglementation », sans en donner la nature ni le montant. Le ministre a insisté le 2 octobre sur sa préférence : « Notre préférence demeure la conformité volontaire », a-t-il dit, selon Actualite.cd et l’ACP. Seuls ceux qui refuseraient délibérément de se conformer s’exposeraient aux conséquences prévues par les textes. Tant qu’aucun barème n’est publié, méfie-toi de toute personne qui te réclame une « amende » sans document officiel.
Grossiste ou détaillant : il faut choisir
Le deuxième volet vise le cumul. « Il n’est pas normal qu’un grossiste importateur se retrouve aussi lui-même à vendre au détail dans le même quartier », a déclaré Daniel Mukoko Samba, qui y voit « de la concurrence déloyale », selon 7sur7.cd et Actualite.cd. Selon RFI, le commerce de gros reste ouvert aux étrangers, à condition de ne pas cumuler les statuts de grossiste et de détaillant. Le ministre demande aux opérateurs concernés de se conformer, de se réorganiser ou de changer de modèle.
| Activité | Opérateur congolais | Opérateur étranger |
|---|---|---|
| Petit commerce (petites quantités) | Autorisé | Réservé aux Congolais |
| Commerce de détail (vente à l’unité) | Autorisé | Réservé aux Congolais |
| Détail spécialisé à forte intensité de capital | Autorisé | Ouvert sous conditions, avec avis de non-objection |
| Cumul gros et détail dans le même circuit | Visé par la réforme | Visé par la réforme |
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Une place à prendre, à condition d’être en règle
La réforme est présentée par le gouvernement comme un soutien à l’entrepreneuriat congolais, sans fermer l’économie : la RDC « continuera de rester une économie ouverte à l’investissement et aux échanges », a assuré le ministre. Pour un commerçant congolais, des emplacements ou des clientèles peuvent se libérer, mais aucune source ne chiffre l’effet attendu. Avant de reprendre un local ou un stock, renseigne-toi auprès de ta fédération professionnelle (FEC, COPEMECO) ou du ministère de l’Économie nationale sur les documents exigés. Et si tu cherches des idées d’activité, notre guide sur les idées de petit commerce à Kinshasa peut t’aider.
Ton approvisionnement peut évoluer
Si ton fournisseur habituel est un importateur qui vend aussi au détail, il devra choisir. Prends les devants : demande-lui s’il garde son activité de gros, compare deux ou trois grossistes et garde tes factures, utiles en cas de contrôle.
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Questions fréquentes sur le petit commerce en RDC
Un étranger peut-il encore ouvrir un supermarché en RDC ?
Oui, sous conditions. Le commerce de détail spécialisé à forte intensité de capital, dont les supermarchés modernes, reste ouvert aux investisseurs étrangers, avec un avis de non-objection du ministère de l’Économie nationale.
Quand les contrôles commencent-ils ?
Le ministre a annoncé le 13 octobre 2026 l’étape des contrôles et des sanctions, sans fixer de date publique. Les services avaient été appelés le 2 octobre à vérifier la conformité « dans les prochains jours ».
La réforme vise-t-elle une nationalité en particulier ?
Non. Le ministre affirme qu’elle ne cherche pas à opposer opérateurs congolais et étrangers, mais à organiser le marché intérieur, et que chaque maillon, du producteur au détaillant, y garde sa place.
Le petit commerce, un secteur à surveiller cette semaine
Le décret 26/011 réserve le petit commerce et le commerce de détail aux Congolais, laisse le détail à forte intensité de capital ouvert aux étrangers sous conditions et sépare le gros du détail. Les contrôles sont annoncés, les sanctions restent à préciser : suis les communiqués du ministère de l’Économie nationale, garde tes papiers à jour, et pour renforcer ta trésorerie pendant la transition, pense à I am Beezy.
Sources : Actualite.cd, 7sur7.cd, Radio Okapi