Les cinq candidats à la primaire de la gauche socialiste et démocratique se sont affrontés le jeudi 1er octobre 2026 lors d'un deuxième débat télévisé, diffusé à partir de 20 h 40 sur France 2 et France Inter. Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel et Ségolène Royal ont échangé pendant un peu plus de deux heures, sous la conduite de Caroline Roux et Benjamin Duhamel.
Mouvement lycéen, budget, prix des carburants, affaire Bardella, guerres en Ukraine et à Gaza, relation avec La France insoumise : les sujets ont été nombreux, à huit jours du premier tour, organisé en ligne les 9 et 10 octobre. Voici, candidat par candidat, ce que la presse a rapporté, puis le calendrier et les conditions pour voter.
Qui organise ce débat et comment s'est-il déroulé ?
France 2 et France Inter, après LCI
Ce débat est le deuxième d'une série de trois. Le premier s'est tenu le mercredi 23 septembre sur LCI, animé par David Pujadas, avec des questions posées par des citoyens. Le troisième est prévu le dimanche 4 octobre sur BFMTV. Celui du 1er octobre adoptait une forme classique : candidats à leur pupitre, sans public, temps de parole chronométré, retransmission simultanée à la télévision et à la radio.
Cinq candidats, trois partis
La primaire est organisée par le Parti socialiste, Place publique et la Gauche républicaine et socialiste. Elle doit désigner un candidat commun pour l'élection présidentielle, dont le premier tour est fixé au 18 avril 2027. Les candidats sont présentés ci-dessous par ordre alphabétique.
| Candidat | Formation | Fonction actuelle ou passée |
|---|---|---|
| Olivier Faure | Parti socialiste | Premier secrétaire du PS, député de Seine-et-Marne |
| Raphaël Glucksmann | Place publique | Coprésident de Place publique, député européen |
| Jérôme Guedj | Parti socialiste | Député de l'Essonne |
| Emmanuel Maurel | Gauche républicaine et socialiste | Député du Val-d'Oise |
| Ségolène Royal | Parti socialiste | Ancienne ministre, finaliste de la présidentielle de 2007 |
Lycées, carburants, Bardella : les échanges de politique intérieure
Le blocage des lycées
Selon LCP, les candidats ont jugé légitimes les revendications des lycéens tout en condamnant les violences. Olivier Faure a estimé que « les violences sont insupportables (...) mais le problème de fond existe ». Visant des élus insoumis, Raphaël Glucksmann a déclaré : « Je les juge totalement irresponsables, mais là, le sujet, c'est l'école, c'est l'avenir des enfants. » Jérôme Guedj a estimé que ces élus « jouent avec le feu ». Ségolène Royal s'est adressée aux lycéens : « Ce pouvoir-là ne vous donnera rien, arrêtez de vous abîmer. » Emmanuel Maurel a mis en garde contre le fait d'utiliser des débordements pour discréditer un mouvement qu'il juge légitime.
Budget, carburants et CSG
Olivier Faure s'est engagé : « Oui il y aura une taxe Zucman. » Emmanuel Maurel a dénoncé « cette explosion des inégalités qui est devenue indécente, insupportable ». Ségolène Royal a plaidé pour le rétablissement de l'impôt sur la fortune. Sur les carburants, Jérôme Guedj a averti : « On ne peut pas aller à l'élection présidentielle avec un litre de carburant à 3 euros. » Raphaël Glucksmann a défendu des aides ciblées plutôt qu'une baisse générale : « Une politique qui ne cible pas, c'est ça qui fait exploser la dette. » Sa proposition de baisser la CSG a été contestée par Ségolène Royal, Olivier Faure et Emmanuel Maurel, ce dernier y voyant une « usine à gaz ».
L'affaire Bardella
Les révélations visant Jordan Bardella ont été condamnées par les cinq candidats. Olivier Faure : « Il est totalement disqualifié. » Emmanuel Maurel a jugé que ces propos « ne devraient surprendre personne ». Raphaël Glucksmann a regretté une « tentation au sein des élites » de croire à la banalisation du RN. Jérôme Guedj a estimé que la dédiabolisation ne devait « duper personne ». Ségolène Royal a demandé : « Comment cette imposture a pu durer aussi longtemps ? »
Ukraine, Gaza, La France insoumise : les désaccords les plus nets
La guerre en Ukraine
Ségolène Royal a défendu le maintien d'un dialogue : « Il faut que cette guerre s'arrête. » Emmanuel Maurel a répondu : « Vladimir Poutine, pour l'instant, ne veut pas négocier. » Olivier Faure a estimé qu'une négociation n'était pas une capitulation si elle se faisait avec les Ukrainiens. Raphaël Glucksmann a mis en avant le danger de la faiblesse face à la Russie. Jérôme Guedj a déclaré : « Il y a des paix munichoises qui préparent des guerres encore plus effroyables. »
Gaza et l'emploi du mot « génocide »
Olivier Faure a défendu l'usage du mot, à l'image du chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez : « Je ne comprends pas pourquoi on n'utilise pas les bons mots. » Jérôme Guedj s'y est opposé, estimant selon franceinfo que ce terme participe à une « nazification » de l'État d'Israël. Raphaël Glucksmann a lui aussi contesté ce choix et lancé à Olivier Faure : « Ce que tu fais est largement obscène. »
Ségolène Royal est revenue sur la polémique née du premier débat. Le 23 septembre sur LCI, elle avait dit qu'« il faudrait plus de voix israéliennes et juives pour dire que ce qui se passe » à Gaza « est intolérable ». Le président du Crif, Yonathan Arfi, y avait vu « une trahison de l'idéal républicain ». En réponse, sur X, elle avait écrit : « Je n'ai jamais essentialisé nos compatriotes de confession juive. » Le 1er octobre, elle a déclaré : « Mes propos ont été honteusement déformés. »
La relation avec La France insoumise
Raphaël Glucksmann a réaffirmé son refus d'une alliance : « Nos deux doctrines ne sont pas compatibles. » Olivier Faure a répliqué : « J'ai du mal à comprendre pourquoi dans chaque débat entre nous, le vainqueur par contumace, ce soit Jean-Luc Mélenchon. » Jérôme Guedj lui a reproché sa « danse du ventre permanente » devant LFI. Ségolène Royal s'est présentée comme « une socialiste mitterrandienne », favorable à une alliance avec les Écologistes et le Parti communiste, mais pas derrière Jean-Luc Mélenchon. Emmanuel Maurel a appelé à un front républicain en cas de menace d'une victoire de Marine Le Pen.
Quand et comment voter à la primaire de la gauche 2027 ?
Le calendrier complet
Le vote se fait par voie électronique, à distance ou dans des points de vote équipés d'une tablette dans un isoloir. Les identifiants sont envoyés par courriel le jeudi 8 octobre. Le vote par procuration n'est pas autorisé.
| Date | Étape |
|---|---|
| Mercredi 23 septembre 2026 | Premier débat, sur LCI |
| Jeudi 1er octobre 2026 | Deuxième débat, sur France 2 et France Inter |
| Dimanche 4 octobre 2026 | Troisième débat, sur BFMTV |
| Lundi 5 octobre 2026, 23 h 59 | Date limite d'adhésion pour voter au premier tour |
| Jeudi 8 octobre 2026 | Envoi des identifiants de vote par courriel |
| Du vendredi 9 octobre (8 h) au samedi 10 octobre 2026 (20 h) | Premier tour |
| Lundi 12 octobre 2026, 23 h 59 | Date limite d'adhésion pour le second tour |
| Du vendredi 16 octobre (8 h) au samedi 17 octobre 2026 (20 h) | Second tour, si nécessaire |
| 18 avril et 2 mai 2027 | Premier et second tours de l'élection présidentielle |
Qui peut voter et combien cela coûte
Les adhérents à jour de cotisation des partis organisateurs votent sans frais supplémentaires. Les autres doivent s'acquitter d'un versement de 15 euros sur la plateforme choisir2027.fr, ou de 10 euros au tarif réduit, réservé aux personnes sans emploi, aux étudiants et aux personnes à faibles revenus. Il faut être inscrit sur les listes électorales ; les mineurs de plus de 15 ans, les étrangers et les personnes non inscrites peuvent participer en présentant une pièce d'identité en cours de validité.
Questions fréquentes sur la primaire de la gauche
Peut-on revoir le débat du 1er octobre ?
Oui. Franceinfo publie sur son site les principales séquences du débat en vidéo.
Quand le prochain débat a-t-il lieu ?
Le troisième et dernier débat annoncé est programmé le dimanche 4 octobre 2026 sur BFMTV, la veille de la date limite d'adhésion pour le premier tour.
Faut-il être membre du Parti socialiste pour voter ?
Non. Toute personne qui remplit les conditions et règle le versement de 15 euros, ou de 10 euros au tarif réduit, avant le 5 octobre à 23 h 59 peut voter au premier tour.
Une semaine décisive avant le premier tour
Ce deuxième débat a fait apparaître des convergences sur le mouvement lycéen et sur l'affaire Bardella, et des lignes distinctes sur l'Ukraine, Gaza, la CSG et l'alliance avec La France insoumise. Un dernier débat sur BFMTV le 4 octobre précède le premier tour des 9 et 10 octobre, puis un éventuel second tour les 16 et 17 octobre.
Sources : Franceinfo, LCP, Choisir 2027 (site officiel de la primaire)