La question ne se pose presque jamais à froid. Elle surgit après une chute, une hospitalisation, ou le soir où l’on comprend que la personne qui aide depuis deux ans ne tiendra pas six mois de plus. Le temps manque, et c’est précisément là que les décisions coûteuses se prennent.
Une chose mérite d’être dite d’emblée : le domicile reste la norme, très largement, y compris à un âge avancé. Les statistiques publiques le montrent, et elles montrent aussi ce qui change quand la bascule devient inévitable. Voici les deux versants, posés côte à côte, avec ce qui est documenté et ce qui ne l’est pas.
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Le domicile est la règle, l’établissement l’exception
L’enquête de la DREES arrêtée au 31 décembre 2023 donne la photographie la plus récente du secteur, et elle contredit l’image d’un pays qui place massivement ses aînés.
Un parc qui se vide, à offre constante
Fin 2023, 697 000 personnes fréquentaient un établissement d’hébergement pour personnes âgées, soit 4,5 % de moins qu’en 2019. Dans le même temps, le nombre de places installées n’a reculé que de 0,8 %, à 756 400. Le taux d’occupation d’ensemble est tombé à 92,1 %, en repli de 3,6 points. Autrement dit, il y a davantage de places libres qu’il y a quatre ans.
Moins de 5 % des plus de 65 ans
Seuls 4,7 % des 65 ans ou plus vivaient dans un établissement d’hébergement fin 2023, contre 5,2 % en 2019. Même chez les 90 ans ou plus, la part accompagnée par un établissement s’élevait à 29,5 %, deux points de moins qu’en 2019 : passé 90 ans, sept personnes sur dix vivent encore ailleurs qu’en établissement.
Les quatre pistes avancées par la DREES
Pour expliquer ce reflux, la DREES cite le virage domiciliaire, une baisse de la prévalence de la perte d’autonomie, l’effet persistant de l’épidémie de Covid-19, et celui des révélations sur les pratiques de certains établissements. C’est l’un des rares endroits où une source officielle relie explicitement la crise de réputation du secteur à la désaffection mesurée.
| Type de structure | Évolution des personnes accueillies entre 2019 et 2023 |
|---|---|
| EHPAD | −3,6 % |
| Résidences autonomie | −5,6 %, dont −9,8 % pour les publiques |
| Unités de soins de longue durée | −16,2 % |
| Autres établissements pour personnes âgées | −17,7 % |
| Ensemble | −4,5 %, soit 697 000 personnes fin 2023 |
Que couvre l’allocation personnalisée d’autonomie de chaque côté ?
C’est la même aide, portée par le même conseil départemental, mais elle n’a ni le même objet ni la même mécanique selon que la personne vit chez elle ou en établissement. Confondre les deux fausse tous les calculs.
En établissement : le tarif dépendance, jamais l’hébergement
L’allocation personnalisée d’autonomie en établissement finance une partie du tarif dépendance facturé aux résidents d’EHPAD et d’unités de soins de longue durée. Elle ne touche jamais à la ligne hébergement, qui est pourtant la plus lourde. Elle suppose 60 ans ou plus, une résidence stable et régulière en France, et un classement en GIR 1 à 4 — les personnes évaluées en GIR 5 ou 6 n’y ont pas droit. L’évaluation est conduite après l’entrée par le médecin coordonnateur de l’établissement, avec l’équipe soignante, à l’aide de la grille nationale AGGIR.
Elle est versée par le conseil départemental, le plus souvent directement à l’établissement qui la déduit de la facture, et elle est exonérée d’impôt. Pour les résidents dont les ressources sont inférieures à 2 846,77 € par mois en 2026, la règle est explicite : la part correspondant au tarif GIR 5-6 reste à leur charge, et l’aide couvre l’écart entre le tarif de leur groupe et ce tarif GIR 5-6. Au-delà de ce seuil, la participation augmente selon un barème que nous n’avons pas retrouvé sur une source officielle : demandez-le au conseil départemental.
À domicile : un autre régime, non cumulable
La forme à domicile de l’allocation obéit à ses propres règles et ne se cumule pas avec la forme en établissement : l’une remplace l’autre le jour de l’entrée. Elle ne se cumule pas davantage avec l’allocation compensatrice pour tierce personne, la prestation de compensation du handicap, la prestation complémentaire pour recours à tierce personne, la majoration pour la vie autonome, ni avec l’aide à domicile relevant de l’aide sociale départementale.
Nous ne publions pas ici ses plafonds : ils ne figurent pas dans les sources officielles que nous avons vérifiées, et un montant approximatif sur ce sujet ferait plus de dégâts qu’une absence de chiffre. Le conseil départemental et le portail national d’information pour les personnes âgées les donnent, à jour et par situation. Demandez-les avant de comparer quoi que ce soit.
Ce qui ne change pas d’un côté à l’autre
Un point rassure les familles et mérite d’être connu : l’allocation personnalisée d’autonomie ne fait l’objet d’aucune récupération. Le conseil départemental ne peut ni en demander le remboursement si la situation financière s’améliore du vivant de la personne, ni la récupérer sur la succession. C’est ce qui la distingue radicalement de l’aide sociale à l’hébergement, laquelle est récupérable, y compris sur les donations consenties dans les dix ans précédant la demande.
Le coût des deux options, sans chiffre inventé
Un côté de la balance est parfaitement chiffrable, l’autre beaucoup moins. Cette asymétrie n’est pas neutre : elle explique pourquoi tant de familles décident sur une intuition.
En établissement, tout est public à l’euro près
Le prix d’un EHPAD est déclaré établissement par établissement, sous son numéro FINESS, dans un fichier public qui comportait 6 075 établissements au 31 décembre 2025. On y lit le prix journalier d’hébergement en chambre seule et en chambre double, et les trois tarifs dépendance. Sur un établissement réel du fichier arrêté à janvier 2026, l’hébergement permanent en chambre seule s’élève à 103 € par jour, et le tarif dépendance va de 5,91 € pour le GIR 5-6 à 21,94 € pour le GIR 1-2. Le statut pèse lourd sur ce prix : sur une place non habilitée à l’aide sociale, la nuit en chambre individuelle revenait en moyenne à 59,80 € dans le public et 97,60 € dans les EHPAD des cinq grands groupes commerciaux en 2022.
À domicile, aucun tarif national n’est publié
Il n’existe pas d’équivalent domiciliaire de ce fichier : aucun barème national ne fixe le prix d’une heure d’aide humaine, et les tarifs varient selon le service, le département et le moment de l’intervention. La méthode reste la même que pour un devis d’établissement : demander plusieurs propositions écrites, faire distinguer les heures de semaine, de dimanche et de nuit, et faire préciser les frais de dossier et les majorations de dernière minute. Le régime fiscal applicable aux services à la personne obéit à ses propres règles, à vérifier sur service-public.gouv.fr plutôt qu’auprès du prestataire.
L’avantage fiscal côté établissement
Les frais d’accueil liés à la dépendance et à l’hébergement ouvrent droit à une réduction d’impôt sur le revenu de 25 % des dépenses supportées, dans la limite annuelle de 10 000 € par personne hébergée, soit 2 500 € au maximum. Deux précisions comptent : les frais de soins en sont exclus, et les aides perçues — allocation personnalisée d’autonomie, aide sociale départementale, allocation logement — doivent être déduites de la base. Plus la personne est aidée, moins l’avantage fiscal pèse.
| Poste | À domicile | En établissement |
|---|---|---|
| Logement | Charges du logement occupé, aménagements éventuels | Tarif hébergement, intégralement à la charge du résident |
| Aide humaine | Heures facturées par le service, aucun barème national publié | Tarif dépendance à trois niveaux, fixé par le département |
| Aide publique dédiée | Allocation personnalisée d’autonomie à domicile, plafonds à demander au département | Allocation personnalisée d’autonomie en établissement, GIR 1 à 4 |
| Soins | Relève de l’Assurance maladie, à vérifier situation par situation | Financés par l’Assurance maladie, jamais facturés au résident |
| Récupération sur succession | Un seuil de 46 000 € d’actif net existe pour l’aide sociale à domicile | L’ASH est récupérable ; ce seuil de 46 000 € ne s’y applique pas |
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Les deux options ont un point commun : elles reposent sur un proche qui avance des frais et rogne son temps de travail. I am Beezy est une application où chaque contenu consulté génère un gain, crédité puis versé sur votre moyen de paiement habituel.
Un complément qui suit le rythme d’un aidant
Ni planning ni quota : quelques minutes dans la voiture avant de monter, une pause pendant que le repas chauffe, un trajet de retour. C’est ce que permet une journée d’accompagnement, et ce qu’un emploi d’appoint classique rend impossible.
L’ordre de grandeur, dit franchement
La fourchette de gains observée sur l’application est de 5 à 15 € par jour, en euros, sans conversion à faire en France. Cela ne remplace pas un salaire et ne financera ni un plan d’aide à domicile ni une place en établissement. Cela couvre le carburant des allers-retours, les repas pris dehors et les petites dépenses qui n’entrent dans aucun budget prévisionnel.
À quel moment le domicile ne suffit-il plus ?
Il n’existe pas de seuil réglementaire, mais les données de fin 2023 dessinent assez nettement le profil des situations qui basculent.
La perte d’autonomie et la surveillance de nuit
85 % des résidents étaient classés en GIR 1 à 4, une proportion identique à celle de 2019. L’âge médian dépassait 87 ans et 11 mois, et 40 % des résidents avaient 90 ans ou plus. Le point de bascule le plus fréquent n’est toutefois pas l’âge, c’est la nuit : l’accueil de nuit en établissement concerne moins de 0,1 % des résidents, à peine une centaine de personnes dans tout le pays. Quand la présence nocturne devient nécessaire, il n’existe presque aucune solution intermédiaire.
La maladie neurodégénérative
268 200 résidents étaient atteints d’une maladie neurodégénérative fin 2023, soit 38 % des personnes accueillies, en hausse de 4 points par rapport à 2019. C’est le premier motif d’entrée qui ne se négocie pas avec de la bonne volonté familiale. Si c’est votre cas, vérifiez l’équipement de l’établissement visé : 56 % des EHPAD disposaient d’une unité dédiée aux maladies neurodégénératives, 33 % des établissements publics d’un pôle d’activités et de soins adaptés, et l’unité d’hébergement renforcée reste rare, 6 % dans l’ensemble du parc.
Les formules intermédiaires que l’on oublie
Entre le domicile complet et l’entrée définitive, plusieurs options existent et sont sous-utilisées. L’hébergement temporaire compte 13 600 places pour 8 200 résidents, soit davantage de places qu’il y a quatre ans et moins d’occupants qu’en 2019 : c’est la solution la plus disponible pour souffler après une hospitalisation. L’accueil de jour offre 15 300 places. Les résidences autonomie, destinées aux personnes encore autonomes et présentées par le portail public comme d’un coût modéré, n’occupaient que 84 places sur 100. Le portail documente aussi l’habitat inclusif, l’habitat intergénérationnel, les béguinages et l’accueil familial.
Ce que devient une entrée
Ces chiffres sont durs, et il vaut mieux les connaître avant qu’après. Près de 30 % des personnes présentes fin 2023 étaient arrivées dans l’année, et 51 % d’entre elles venaient de leur domicile ou de celui d’un proche. Sur les personnes entrées en 2023, 38 % sont sorties la même année, et 69 % des sorties correspondent à des décès. Une entrée en établissement intervient donc, très souvent, à un moment déjà tardif du parcours : ce n’est pas une décision prise trop tôt dans la majorité des cas.
Décider avec les bons éléments
L’arbitrage honnête ne consiste pas à choisir entre une solution chaleureuse et une solution froide. Il consiste à mettre en regard trois choses : le niveau d’autonomie mesuré, la disponibilité réelle des proches, et deux budgets construits sur des devis écrits, pas sur des ordres de grandeur entendus. Vérifiez le classement GIR, demandez les plafonds de l’aide à domicile à votre conseil départemental, et comparez les prix des établissements sur le fichier public plutôt que sur un site de mise en relation.
Et gardez à l’esprit que la décision se révise : l’hébergement temporaire existe précisément pour cela. Pendant que le dossier avance, I am Beezy apporte un complément mesuré, gagné sur des contenus consultés depuis votre téléphone, quand vous en avez le temps.