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Revenus locatifs au Congo : ce qui est imposé et ce que vous pouvez déduire

Abattement forfaitaire, charges déductibles, bascule du meublé vers les bénéfices commerciaux et contribution foncière : ce que le Code général des impôts prévoit pour un bailleur congolais.

12/08/2026
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En bref

Mettre un logement en location est l'un des rares placements accessibles au Congo sans passer par un produit financier. Encore faut-il savoir ce que l'administration en retiendra. Beaucoup de bailleurs raisonnent sur le loyer encaissé, alors que l'assiette imposable se calcule autrement, et qu'une s

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Mettre un logement en location est l'un des rares placements accessibles au Congo sans passer par un produit financier. Encore faut-il savoir ce que l'administration en retiendra. Beaucoup de bailleurs raisonnent sur le loyer encaissé, alors que l'assiette imposable se calcule autrement, et qu'une seconde imposition — la contribution foncière — s'ajoute indépendamment du fait que le bien soit loué ou vide.

Les règles décrites ici proviennent du Code général des impôts publié par le Ministère des Finances, du Budget et du Portefeuille Public, dans son édition du 28 mars 2021. Les lois de finances postérieures peuvent en avoir modifié certains points : vérifiez auprès de la Direction Générale des Impôts et des Domaines avant toute décision engageante. Et si votre revenu locatif arrive de façon irrégulière, un appoint quotidien comme celui d'I am Beezy peut lisser les mois creux, sujet que nous traitons plus bas.

Ce que l'administration appelle un revenu foncier

Immeuble d'habitation mis en location dans un quartier de Brazzaville au Congo en 2026

Le bâti, le non-bâti, et quelques revenus voisins

L'article 12 du Code général des impôts range dans les revenus fonciers les revenus des propriétés bâties, maisons et usines, ainsi que ceux des propriétés non bâties de toute nature, y compris les terrains occupés par des carrières, des mines ou des étangs. S'y ajoutent des revenus qu'on n'associe pas spontanément à un loyer : la location du droit d'affichage, la concession du droit d'exploitation des carrières et les redevances tréfoncières ou analogues, dès lors qu'elles trouvent leur origine dans le droit de propriété ou d'usufruit.

La même disposition pose une réserve importante : ces revenus relèvent de la catégorie foncière lorsqu'ils ne sont pas inclus dans les bénéfices d'une entreprise industrielle, commerciale, artisanale ou d'une profession non commerciale. Si votre bien est inscrit à l'actif d'une activité, ce n'est plus le régime foncier qui s'applique.

Le logement que vous occupez n'est pas imposé sur ce terrain

L'article 12 bis exonère de l'impôt sur le revenu des personnes physiques les revenus des immeubles ou parties d'immeubles dont le propriétaire se réserve la jouissance, ainsi que ceux occupés à titre gratuit par ses descendants ou ascendants en ligne directe. Concrètement, héberger gratuitement vos parents ou vos enfants ne crée pas de revenu imposable à ce titre, et la maison que vous habitez non plus.

Attention toutefois : cette exonération porte sur l'impôt sur le revenu, pas sur la contribution foncière, qui obéit à sa propre logique et que nous détaillons plus loin. Confondre les deux est l'erreur la plus fréquente chez les propriétaires qui se croient hors du champ fiscal parce qu'ils n'encaissent aucun loyer.

Comment passe-t-on du loyer encaissé au revenu imposable ?

Bailleur congolais calculant ses charges locatives sur un carnet en 2026

La définition du revenu brut réserve deux surprises

L'article 13 pose le principe : le revenu net foncier est égal à la différence entre le revenu brut et le total des charges de la propriété. L'article 13 bis précise ensuite comment se construit ce revenu brut, et c'est là que les bailleurs se trompent. Il est constitué des recettes brutes perçues par le propriétaire, augmenté du montant des dépenses lui incombant normalement mais mises par les conventions à la charge des locataires, et diminué des dépenses qu'il a supportées pour le compte des locataires.

Autrement dit, une clause de bail qui transfère au locataire une dépense qui vous revient ne fait pas disparaître cette somme de votre base imposable : elle s'y ajoute. À l'inverse, ce que vous avancez pour votre locataire vient en diminution. L'article 13 ter traite un cas fréquent localement, celui des immeubles dont la finition ou l'achèvement est confié aux futurs locataires : le revenu brut y correspond aux loyers et prestations de toute nature figurant dans le contrat de bail.

Les charges déductibles et l'abattement forfaitaire

L'article 13 quater énumère les charges déductibles pour déterminer le revenu net, et fixe un abattement dont l'intérêt est considérable pour un bailleur qui ne tient pas de comptabilité détaillée.

PosteTraitement prévu par l'article 13 quater
Intérêts d'empruntDéductibles pour la conservation, l'acquisition, la construction, la réparation ou l'amélioration du bien
Impositions liées au bienDéductibles, à l'exception de celles incombant normalement à l'occupant
Gestion, assurance, entretien, amortissementCouverts par une déduction forfaitaire de 30 % des revenus bruts
Affichage, carrières, redevances tréfoncièresRetenus pour leur montant brut sous déduction d'un abattement forfaitaire de 5 %
Frais réels sur justificatifsOption possible sur factures, irrévocablement valable trois années consécutives

Le choix entre le forfait de 30 % et les frais réels mérite un calcul, pas une intuition. Une année de gros travaux plaide pour les frais réels ; mais l'option engage trois exercices d'affilée, donc elle ne vaut que si le chantier s'étale. Conservez vos factures dans les deux cas : sans elles, l'option est fermée.

Pourquoi le meublé ne relève-t-il pas du même régime ?

La bascule vers les bénéfices industriels et commerciaux

L'article 15 du Code général des impôts classe expressément parmi les bénéfices industriels et commerciaux, pour l'application de l'impôt sur le revenu des personnes physiques, les revenus des personnes se livrant à la location en meublé d'immeubles leur appartenant, ainsi que ceux des personnes donnant en location un établissement commercial ou industriel muni du mobilier et du matériel nécessaires à son exploitation, que la location comprenne ou non tout ou partie du fonds de commerce.

La conséquence est directe : meubler un appartement pour le louer plus cher ne change pas seulement votre loyer, cela change votre catégorie d'imposition. Vous quittez le régime foncier, son abattement de 30 % et sa logique de charges de propriété pour entrer dans celle des bénéfices commerciaux, avec les obligations qui vont avec.

Ce que ce basculement implique concrètement

Ce que vous louezCatégorie de revenuPoint d'attention principal
Logement vide, bail d'habitationRevenus fonciersAbattement de 30 % ou frais réels sur option
Logement meubléBénéfices industriels et commerciauxDéclaration d'existence sous quinze jours
Local commercial équipéBénéfices industriels et commerciauxMême régime que le meublé d'habitation
Terrain nu, carrière, étangRevenus fonciersLe non-bâti entre bien dans le champ
Emplacement d'affichageRevenus fonciersAbattement forfaitaire de 5 % seulement

L'article 15 bis impose aux contribuables relevant de ces bénéfices de souscrire une déclaration d'existence dans les quinze jours du début de leurs opérations, auprès de l'Inspection Divisionnaire des Contributions Directes et Indirectes dont ils dépendent. Ce délai court à partir de la première location, pas de la fin de l'année.

La contribution foncière, une imposition distincte du loyer

Maison en construction dans un quartier périphérique congolais destinée à la location en 2026

Une base assise sur la valeur cadastrale, minorée d'un quart

La contribution foncière des propriétés bâties se calcule, pour les biens à usage d'habitation, sur un revenu imposable égal à la valeur cadastrale de la propriété, sous déduction de 25 % au titre du dépérissement et des frais d'entretien et de réparation, selon l'article 257. Pour les locaux à usage professionnel, l'article 257 bis retient la valeur locative, avec le même abattement d'un quart.

La valeur cadastrale d'un logement se détermine, aux termes de l'article 258, à partir de trois paramètres : la localisation, les commodités publiques et la surface bâtie. Elle est égale à la somme des points affectés à ces paramètres, multipliée par la valeur monétaire fixée pour le point. L'article 258 ter répartit la localisation en trois zones : une zone primaire correspondant au centre-ville et aux quartiers industriels, une zone secondaire qui cite nommément Bacongo, Makélékélé, Poto-Poto, Moungali, Ouenzé, Talangaï, M'Filou, Pointe-Noire, Tié-Tié, Loandjili, Dolisie Cité et N'Kayi Cité, et une zone tertiaire couvrant les quartiers des communes rurales et les districts.

Un taux décidé localement, et un redevable désigné

Il n'existe pas de taux national unique de contribution foncière au Congo, et c'est la raison pour laquelle personne ne peut vous en citer un. L'article 262 prévoit que le taux appliqué au revenu net imposable est fixé par délibération des conseils des communes, des régions ou des districts, approuvée par l'autorité de tutelle après avis du ministre des Finances, dans la limite d'un maximum déterminé annuellement. Le même article précise que toute cote n'excédant pas 1 000 FCFA est négligée. Interrogez donc votre commune, pas un forum.

Sur le redevable, l'article 261 est net : la propriété est imposée au nom du propriétaire au 1er janvier de l'année d'imposition, l'imposition étant établie au nom de l'usufruitier ou de l'emphytéote lorsque le bien est grevé d'usufruit ou loué par bail emphytéotique. À ne pas confondre avec la taxe sur la valeur locative des locaux professionnels, qui est établie au nom des occupants des locaux au 1er janvier, dont l'article 346 plafonne le taux à 15 % de la valeur locative et le fait fixer chaque année par délibération communale. Si vous louez à une entreprise, cette taxe pèse sur votre locataire, pas sur vous.

Lisser un revenu locatif irrégulier avec I am Beezy

Les mois où le loyer n'arrive pas

Un bailleur particulier vit rarement une année sans impayé, sans vacance locative ou sans travaux imprévus. Le principe d'I am Beezy tient en une ligne : chaque contenu consulté dans l'application — vidéo, article, publicité — donne lieu à un gain, réglé sur le moyen de paiement que vous utilisez déjà. La référence relevée se situe entre 5 et 15 euros par jour, soit environ 3 280 à 9 839 FCFA en appliquant la parité fixe de la zone CEMAC, 655,957 FCFA pour un euro, relevée auprès de la BEAC le 10 août 2026.

Un flux qui ne dépend d'aucun locataire

L'intérêt pour un propriétaire n'est pas le montant en lui-même, c'est sa nature : ce revenu arrive quotidiennement et ne dépend ni de la solvabilité d'un tiers ni d'un calendrier de bail. Quand la contribution foncière tombe le même mois qu'un logement vide, disposer d'une entrée régulière évite de vendre dans l'urgence ou d'emprunter à mauvais compte.

Quelles obligations pour rester en règle ?

Le titre de propriété, angle mort de nombreux bailleurs

L'enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages conduite par l'Institut National de la Statistique en 2022 relève que 15,4 % des ménages congolais sont propriétaires sans titre ni acte de propriété, avec 6,6 % en milieu urbain et 39,3 % en milieu rural. Or l'imposition foncière est établie au nom du propriétaire : sans titre, la chaîne se rompt, et c'est aussi votre position en cas de litige avec un locataire ou un voisin qui s'affaiblit. Régulariser coûte du temps, mais c'est le préalable de tout le reste.

La même enquête indique que 36,3 % des ménages sont locataires, et 44,2 % en milieu urbain. La demande existe donc massivement dans les villes, ce qui rend d'autant plus dommageable de bâtir une activité locative sur un titre fragile.

Les réflexes qui vous éviteront un redressement

Trois habitudes suffisent à tenir un dossier propre. Écrivez chaque bail, en indiquant précisément quelles dépenses sont mises à la charge du locataire, puisque cette clause a un effet direct sur votre revenu brut imposable. Conservez toutes les factures de travaux, d'intérêts et d'impositions, y compris si vous prenez le forfait de 30 % : c'est ce qui vous laissera la liberté d'opter pour les frais réels lors d'une année lourde. Et déclarez dans les délais, en particulier la déclaration d'existence sous quinze jours si vous louez en meublé.

Enfin, faites confirmer votre situation par le service compétent de la Direction Générale des Impôts et des Domaines plutôt que de recopier une règle lue ailleurs : les éditions du code se succèdent et les taux locaux changent d'une commune à l'autre. Pendant que vous montez ce dossier, un complément quotidien tiré d'I am Beezy vous laisse absorber les frais de régularisation sans toucher au produit de vos loyers.

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