Une application congolaise veut sortir les cotisations des cahiers et des groupes WhatsApp : Yano, ex-SmartMbongo, a été lancée le 14 septembre 2026 à Brazzaville par ses cofondateurs Régis Dilou et Elwin Gomo. Elle propose trois services : la cotisation (mariage, deuil, anniversaire, cotisations statutaires d’une association ou d’une mutuelle), la cagnotte pour une levée de fonds, et le paiement des commerçants par mobile money.
La fintech est la première entreprise accompagnée par Bantulab, l’incubateur porté par Vérone Mankou (Fondation BantuHub) et le groupe L’Archer. Elle a été présentée au public fin septembre à Brazzaville, dans la salle de conférence de Perspectives d’Avenir, selon Les Dépêches de Brazzaville, puis détaillée par son responsable produit à l’Agence congolaise d’information (ACI) le 28 septembre.
Collecter l’argent d’une famille ou d’une mutuelle, c’est aussi gérer son propre budget. En 2026, des applications comme I am Beezy te permettent de gagner environ 3 280 à 9 840 FCFA par jour depuis ton téléphone, sans CV ni patron, avec un retrait sur Airtel Money ou MTN MoMo.
Qu’est-ce que Yano, la fintech lancée à Brazzaville ?
Une passerelle entre toi et les opérateurs mobile money
Yano se présente comme un agrégateur de services financiers numériques : une seule plateforme pour collecter, centraliser, suivre et sécuriser l’argent d’un groupe. Son point clé, souligné par Elwin Gomo à l’ACI : l’application ne garde pas l’argent. « Quand les gens mettent leur argent dans Yano, ces fonds ne sont pas gardés dans nos bureaux. Nous offrons juste une passerelle. Ce sont les opérateurs qui détiennent l’argent », a-t-il expliqué. Les paiements passent, selon lui, sans tenir compte de l’opérateur de téléphonie.
Concrètement, Yano se place entre les payeurs et les portefeuilles mobile money. Au Congo, les deux rails attestés sont Airtel Money et MTN MoMo : un groupe dont les membres sont répartis sur les deux réseaux est précisément le cas que la plateforme dit vouloir simplifier.
Pourquoi ce projet arrive maintenant
Le constat de départ est chiffré. Selon Les Dépêches de Brazzaville, le taux de bancarisation stricte s’établit à 12 % au Congo. L’ACI rapporte de son côté un taux d’inclusion financière estimé à 49 % en 2024 par la BEAC. Le mobile money a comblé une partie de l’écart : la BEAC recensait 9 498 877 comptes de monnaie électronique ouverts au Congo fin 2024, ce qui ne veut pas dire autant d’utilisateurs, une même personne pouvant en détenir plusieurs.
Le problème, selon les fondateurs, n’est donc plus d’envoyer de l’argent mais de le suivre. Mutuelles, associations, églises, familles et coopératives gèrent encore leurs contributions avec des cahiers, des tableaux, des groupes WhatsApp ou des confirmations par téléphone, ce qui complique le pointage de qui a donné quoi.
Cotisation, cagnotte, paiement : les trois services de Yano
La cotisation et la cagnotte pour les groupes
La cotisation vise les dépenses collectives récurrentes ou ponctuelles : un mariage, un deuil, un anniversaire, ou la cotisation statutaire d’une association. La cagnotte sert à une levée de fonds : aider un ami malade ou financer un projet, selon les exemples donnés par Elwin Gomo aux Dépêches de Brazzaville.
Le paiement pour les commerçants
Le troisième service s’adresse aux marchands. En générant un code QR ou un lien, le commerçant se fait payer en ligne sans exposer son numéro de téléphone, a précisé le responsable produit à l’ACI. Pour une vendeuse qui affiche aujourd’hui son numéro sur son étal, c’est le changement le plus visible.
| Service | Pour qui | Exemple cité par la fintech |
|---|---|---|
| Cotisation | Familles, associations, mutuelles | Mariage, deuil, anniversaire, cotisation statutaire |
| Cagnotte | Particuliers, communautés | Soutenir un ami malade, financer un projet |
| Paiement | Commerçants | Encaissement par code QR ou lien, sans afficher son numéro |
Sources : ACI (29 septembre 2026), Les Dépêches de Brazzaville (5 octobre 2026).
Comment fonctionne une cotisation sur Yano ?
Créer, suivre, retirer
Le principe décrit par Elwin Gomo tient en trois temps. Tu crées une cotisation, par exemple pour un mariage. Les membres contribuent, et toutes les contributions restent visibles : « On sait exactement le montant qu’on a pu collecter et si l’objectif est atteint ou pas. Et à la fin, vous retirez votre argent », a-t-il résumé à l’ACI. Pour le trésorier d’une mutuelle, c’est la fin du cahier raturé et des captures d’écran envoyées une par une.
Ce que la presse ne dit pas encore
Plusieurs points pratiques ne figurent dans aucune des sources consultées : les frais prélevés sur une collecte ou un retrait, le plafond d’une cagnotte, et la façon exacte de télécharger l’application. Avant de lancer une collecte pour un deuil ou un mariage, demande ces trois informations à l’équipe Yano et fais un test avec une petite somme. Un groupe qui découvre les frais au moment du retrait perd la confiance qu’il cherchait à gagner.
| Date | Étape |
|---|---|
| Février 2026 | SmartMbongo entre dans le programme Bantulab (24 mois, quatre phases) |
| 14 septembre 2026 | Lancement numérique sous le nom de Yano |
| 24 septembre 2026 | « Yano Day », présentation officielle annoncée par Bantulab |
| 28 septembre 2026 | Entretien du responsable produit avec l’ACI à Brazzaville |
| 8 au 15 octobre 2026 | Candidatures de la deuxième cohorte Bantulab (commerce en ligne et livraison) |
| Novembre 2026 | Annonce du projet retenu pour la deuxième cohorte |
Le véhicule d’investissement qui accompagne Yano pèse 655 millions de FCFA, cofinancé par Bantulab et le groupe L’Archer, selon EcoMatin et VoxCongo. Le premier appel de Bantulab avait réuni plus de 100 candidatures en dix jours.
Gérer tes cotisations familiales et ton budget avec I am Beezy
La cotisation, une dépense qu’on oublie de prévoir
Mariage d’un cousin, deuil dans le quartier, cotisation mensuelle de la mutuelle : ces dépenses tombent rarement au bon moment. Un outil comme Yano rend la collecte plus transparente, mais il ne crée pas l’argent de ta part. La méthode la plus simple consiste à fixer un montant mensuel réservé aux cotisations, et à le compléter quand un imprévu arrive.
Un complément de revenu sur le même téléphone
Avec I am Beezy, tu consultes des contenus (vidéos, articles, publicités) et chaque consultation génère un gain. Les utilisateurs actifs au Congo rapportent environ 3 280 à 9 840 FCFA par jour, avec un retrait sur Airtel Money ou MTN MoMo. De quoi alimenter ta part d’une cotisation sans toucher au budget du foyer.
Questions fréquentes sur Yano au Congo
Yano garde-t-il mon argent ?
Non, selon son cofondateur Elwin Gomo : Yano ne stocke pas d’espèces et se présente comme une passerelle de paiement. Les fonds restent détenus par les opérateurs mobile money.
Faut-il être sur le même opérateur que les autres membres ?
D’après le responsable produit interrogé par l’ACI, la plateforme permet de payer et de recevoir sans tenir compte de l’opérateur de téléphonie. Vérifie tout de même, à ta première collecte, que les contributions venues d’Airtel Money et de MTN MoMo apparaissent bien.
Combien coûte une cotisation sur Yano ?
Aucun tarif n’a été publié dans la presse consultée. Demande les frais de collecte et de retrait avant d’inviter ton groupe.
Qui est derrière l’application ?
Yano a été fondée par Régis Dilou et Elwin Gomo, et elle est accompagnée par Bantulab, le programme de Vérone Mankou et du groupe L’Archer. Loïs Bakanadio en dirige le département commercial.
Ce qu’il faut retenir
Yano s’attaque à une pratique très congolaise : la cotisation collective, aujourd’hui suivie au cahier ou sur WhatsApp. La promesse est claire (transparence, multi-opérateurs, pas d’argent stocké chez la fintech), mais les frais restent à connaître avant de confier la collecte d’un mariage ou d’un deuil. Et pour que ta part soit prête le jour venu, un revenu d’appoint aide : tu peux t’inscrire sur I am Beezy et retirer tes gains sur ton portefeuille mobile.
Sources : Agence congolaise d’information, Les Dépêches de Brazzaville, VoxCongo