À Thiès, le calcul se pose dans presque chaque foyer : faut-il continuer à passer au salon, ou apprendre à faire soi-même. Elle se tranche rarement sur des chiffres, parce que personne ne les note. On compare le prix d’une séance à celui d’un paquet de mèches, on conclut trop vite, et on découvre en fin d’année que la dépense n’a pas bougé.
Ce guide ne vous donne pas de prix, pour une raison simple : ils varient d’un quartier à l’autre et d’une coiffeuse à l’autre, et aucune source publique ne les recense. Il vous donne la méthode pour établir les vôtres en trois relevés, puis les projeter sur douze mois, des deux côtés, avec le même compteur.
Le calcul sert aussi à autre chose qu’à trancher : il rend le budget visible, donc négociable en famille. Beaucoup de foyers l’adossent d’ailleurs à un petit revenu régulier comme celui d’I am Beezy, pour que ce poste cesse de peser sur la caisse commune.
Pourquoi le prix d’une séance ne dit rien de la dépense annuelle
Un tarif de salon est une information à peu près inutile prise isolément. Ce qui compte, c’est combien de temps la coiffure tient et combien de fois vous la refaites dans l’année.
Une coiffure n’est pas un achat, c’est une durée
Deux prestations au même prix n’ont aucune raison de coûter la même chose sur un an. Celle qui se porte six semaines vous reviendra deux fois moins cher que celle qui se défait au bout de trois, à tarif identique. C’est pour cela que la seule unité comparable est le prix par semaine portée : le montant total dépensé divisé par le nombre de semaines pendant lesquelles vous gardez la coiffure. Toutes les autres comparaisons se trompent d’objet.
Ce que le fait maison déplace plutôt qu’il ne supprime
Faire soi-même ne fait pas disparaître la dépense, cela la répartit autrement. Le poste main-d’œuvre tombe, les fournitures augmentent parce qu’on achète à l’unité au lieu de profiter des approvisionnements du salon, et un poste apparaît qui n’existait pas : l’équipement, avec les rateaux, les pinces, le sèche-cheveux, les produits d’entretien. Le premier mois du fait maison est presque toujours plus cher que le dernier mois de salon, et c’est normal.
Quels postes faut-il relever avant de comparer ?
Le relevé prend trois semaines et se fait sur le téléphone. Sans lui, le calcul repose sur des souvenirs, et les souvenirs sous-estiment systématiquement les petits montants répétés.
Côté salon
Notez la prestation elle-même, ce que vous apportez de votre poche — mèches, gel, huile, élastiques — le pourboire s’il est d’usage chez vous, le transport aller-retour, et la retouche intermédiaire si vous en faites une. Notez aussi la date, parce que c’est elle qui vous donnera plus tard la durée de tenue.
Côté fait maison
Notez les fournitures achetées, l’équipement acquis une fois pour toutes, le transport jusqu’au lieu d’achat, et la part de produit réellement consommée quand un flacon sert à plusieurs séances. C’est le poste le plus souvent faussé : un produit acheté en une fois et utilisé sur six mois ne doit pas être imputé en entier à la première coiffure.
Le temps, qu’il faut compter même sans le convertir
Une coiffure faite à la maison prend des heures, souvent un dimanche entier, et parfois deux personnes. Vous n’êtes pas obligée de lui donner une valeur en francs, mais vous devez l’écrire à côté du montant. Un budget qui ne mentionne que l’argent conclut toujours en faveur du fait maison, et c’est une conclusion tronquée. Notez simplement les heures dans une colonne à part.
| Poste à relever | Où le noter | À quelle fréquence |
|---|---|---|
| Prestation en salon | Notes du téléphone, le jour même | À chaque passage |
| Fournitures apportées | Relevé du portefeuille mobile | À chaque achat |
| Équipement durable | Liste séparée, avec la date d’achat | Une fois, puis au remplacement |
| Transport aller-retour | Même note que la prestation | À chaque déplacement |
| Date de pose et date de dépose | Calendrier du téléphone | Systématiquement |
| Heures passées | Colonne à part, en heures | Pour les séances faites à la maison |
Le calcul sur douze mois, étape par étape
Trois opérations suffisent, et elles se font avec la calculatrice du téléphone. L’objectif n’est pas la précision comptable, c’est de savoir de quel côté penche l’écart et de combien.
Première étape : le prix par semaine portée
Additionnez tout ce qu’une coiffure vous a coûté, fournitures et transport compris, puis divisez par le nombre de semaines pendant lesquelles vous l’avez gardée. Faites-le pour vos trois dernières coiffures en salon et pour vos trois dernières coiffures maison. Vous obtenez deux prix par semaine, et c’est déjà la moitié de la réponse.
Deuxième étape : le nombre de passages dans l’année
Divisez cinquante-deux par la durée moyenne de tenue, en semaines. Une coiffure qui tient quatre semaines représente treize passages par an, une coiffure qui tient huit semaines en représente six ou sept. Cet écart est presque toujours plus important que l’écart de tarif entre deux salons, et c’est pourtant celui qu’on ne regarde jamais.
Troisième étape : la dépense des deux côtés
Multipliez le coût moyen d’une séance par le nombre de passages annuels, de chaque côté, puis ajoutez au fait maison l’équipement amorti sur sa durée de vie et les produits achetés en réserve. Vous obtenez deux montants annuels comparables. Si l’écart est inférieur à ce qu’une seule prestation vous coûte, il n’y a pas de bonne réponse économique : choisissez sur le temps disponible et sur le résultat obtenu.
| Étape du calcul | Côté salon | Côté fait maison |
|---|---|---|
| Dépense d’une séance | Prestation, apports, transport | Fournitures, part du produit consommée |
| Durée de tenue | Relevée entre pose et dépose | Souvent plus courte au début |
| Passages par an | 52 divisé par la durée de tenue | 52 divisé par la durée de tenue |
| À ajouter une seule fois | Rien | Équipement, réserve de produits |
| Colonne non monétaire | Trajet et attente | Heures de pose, aide d’un proche |
Ce qui change à Thiès plutôt qu’ailleurs
La méthode est universelle, les paramètres ne le sont pas. Trois éléments locaux modifient le résultat, et ils jouent tous dans le même sens.
Une ville assez grande pour que l’écart entre salons soit réel
Le département de Thiès comptait 879 185 habitants au recensement de 2023, dont 541 577 en milieu urbain. C’est le deuxième pôle urbain du pays hors région de Dakar, avec une densité de salons suffisante pour que les tarifs varient nettement d’un quartier à l’autre. Relevez trois adresses avant de conclure : dans une ville de cette taille, l’écart entre deux salons du même quartier dépasse souvent l’économie attendue du fait maison.
Le transport, poste systématiquement sous-estimé
Un aller-retour ne coûte pas grand-chose isolément, mais treize allers-retours dans l’année finissent par peser autant qu’une prestation entière. Comptez-le, surtout si vous ajoutez un déplacement pour acheter les fournitures. À l’inverse, une coiffeuse qui se déplace chez vous supprime ce poste : intégrez-le à sa proposition avant de la juger chère.
Où vous achetez change le calcul
Les fournitures s’achètent au marché, en boutique de quartier ou en grande surface. Le pays compte deux enseignes vérifiables, et l’une des différences entre elles est utile ici : Auchan vend en ligne et livre, tandis que Carrefour tient des magasins sans boutique en ligne, dont un à Thiès. Une commande livrée supprime un déplacement ; un achat au marché permet de négocier la quantité. Les deux se défendent, mais ils ne s’inscrivent pas dans la même ligne de votre relevé.
Financer son budget beauté avec I am Beezy
I am Beezy est une application où l’on consulte des contenus — vidéos, articles, publicités — et où chaque consultation génère un gain versé sur le moyen de paiement local. La référence sur le réseau est de 5 à 15 € par jour, soit environ 3 300 à 9 800 FCFA à la parité fixe de 655,957 FCFA pour un euro publiée par la BCEAO.
Un gain quotidien qui absorbe les postes non prévus
Le budget coiffure ne déraille presque jamais sur la prestation elle-même : il déraille sur la retouche imprévue, le produit racheté en urgence ou le rendez-vous avancé avant une cérémonie. Un petit revenu quotidien couvre exactement cette catégorie de dépenses, celle qui n’entre dans aucune enveloppe et qu’on finit par prendre sur l’argent des courses.
Un poste qui cesse d’être une négociation familiale
Quand la coiffure est financée sur la caisse commune, chaque séance devient une discussion. Quand elle est financée sur un gain personnel, versé sur un portefeuille au nom de celle qui l’utilise, la discussion disparaît. C’est souvent le vrai bénéfice recherché, bien avant l’économie réalisée sur douze mois.
Faut-il vraiment choisir entre les deux ?
Presque personne ne tranche définitivement, et c’est probablement la bonne façon de faire.
Le mode mixte, le plus fréquent en pratique
Beaucoup de foyers font au salon les prestations longues et techniques, et à la maison l’entretien courant, les retouches et les coiffures des enfants. Cette répartition allonge la durée de tenue de la prestation payée, ce qui réduit le nombre de passages annuels : c’est le levier le plus efficace des trois, et il ne demande de renoncer à rien.
Les prestations qu’il vaut mieux ne pas improviser chez soi
Tout ce qui touche à un produit chimique appliqué sur le cuir chevelu, à une coloration ou à une pose sous tension forte demande un apprentissage et un matériel adaptés. Une erreur à ce niveau coûte bien plus cher que la séance évitée, en produits de réparation comme en temps de repousse. Commencez par les gestes réversibles, gardez les autres au salon tant que vous n’avez pas été formée.
Le calcul sur douze mois ne sert pas à prouver que le salon est cher ou que le fait maison est vertueux. Il sert à savoir de combien vous parlez, et à quel moment l’écart justifie de changer d’habitude. Dans un contexte de prix stables — l’indice des prix à la consommation publié par l’ANSD progressait de 0,4 % sur douze mois en juin 2026, après une moyenne annuelle de 1,4 % en 2025 — un relevé fait cette année reste utilisable l’année suivante.
Faites vos trois relevés, calculez vos deux prix par semaine portée, et décidez ensuite. Et si vous voulez que ce poste cesse de peser sur le budget commun du foyer, adossez-le à un revenu qui vous appartient : I am Beezy verse vos gains directement sur votre portefeuille mobile.
