Vous tenez une petite activité et l'on vous annonce un montant pour un site internet, en bloc, sans détail. Ce montant ne veut rien dire tant qu'il n'est pas décomposé : un site mélange des dépenses ponctuelles, des abonnements annuels et des charges mensuelles qui vous suivront bien après la mise en ligne. Ce guide sépare les cinq postes, indique lesquels une source publique burkinabè permet de chiffrer, et refuse d'inventer les autres. Il vous propose aussi de comparer le coût d'entrée avec un revenu d'appoint comme I am Beezy, où chaque contenu consulté génère un gain crédité sur votre moyen de paiement habituel, pour savoir en combien de temps la dépense se rembourse.
Un site n'a pas un prix, il a cinq postes distincts
Ce qui se paie une fois et ce qui revient chaque année
La conception graphique, l'intégration et la reprise de contenus se règlent une fois. Le nom de domaine et l'hébergement se renouvellent chaque année. La connexion, l'électricité et le forfait de votre équipe reviennent tous les mois. Enfin, la maintenance et les mises à jour de sécurité constituent un poste que presque tous les devis passent sous silence, et c'est celui qui décide si le site sera encore debout dans deux ans.
Le domaine national se gère par un registre identifié
Pour une activité burkinabè, le domaine national a un intérêt évident de crédibilité locale. Il est utile de savoir à qui l'on a affaire : sur son site consulté le 12 août 2026, l'Association burkinabè des domaines internet indique être le registre officiel du point bf, par délégation de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes. Les tarifs applicables n'ont pas pu être lus lors de cette consultation, la page dédiée n'étant pas accessible : demandez-les au registre ou à un bureau d'enregistrement accrédité plutôt qu'à un revendeur inconnu.
La maintenance, le poste que l'on oublie systématiquement
Un site sans mise à jour devient un risque en quelques mois. Faites inscrire dans le devis qui applique les correctifs, à quelle fréquence, qui détient les accès d'administration et ce qui se passe si le prestataire cesse son activité. Un contrat qui ne nomme pas le détenteur des accès d'administration transforme votre site en actif que vous ne possédez pas. C'est la clause la plus importante du document, bien avant le graphisme.
Quels postes peut-on vraiment chiffrer au Burkina Faso ?
La ligne de partage entre le mesurable et le négociable
Deux postes seulement disposent d'un prix public au Burkina Faso : la connexion internet, dont le régulateur publie les grilles opérateur par opérateur chaque trimestre, et l'électricité, dont l'autorité de régulation du secteur documente la structure tarifaire. Tout le reste, conception, hébergement, domaine, maintenance, relève de la négociation commerciale, sans référence publique. Un article qui vous annonce un prix de conception au Burkina Faso invente son chiffre.
Ce que vous devez exiger sur les postes non publiés
Faute de barème, la seule protection est la comparaison. Demandez trois devis décomposés poste par poste, avec la même liste de fonctions, et refusez les propositions globales. Faites préciser le nombre de pages, le nombre d'allers-retours de correction inclus, la propriété du code et la durée de garantie. Un prestataire qui accepte de décomposer son prix accepte aussi d'être comparé, ce qui est déjà un bon signe.
Le tableau de décomposition à emporter chez le prestataire
| Poste | Repère public disponible au Burkina Faso | Question à poser au prestataire |
|---|---|---|
| Nom de domaine national | Registre officiel identifié, tarifs non consultables au 12 août 2026 | Le domaine est-il déposé à mon nom ou au vôtre ? |
| Hébergement | Aucun barème public burkinabè | Où sont hébergées les données et comment les récupérer ? |
| Conception et intégration | Aucun barème public burkinabè | Combien de pages, combien de corrections, quelle garantie ? |
| Connexion internet fixe | Grilles publiées chaque trimestre par l'ARCEP | Mon adresse est-elle éligible à la fibre ? |
| Électricité | Structure tarifaire documentée par l'ARSE | Ai-je besoin d'une alimentation de secours ? |
| Maintenance annuelle | Aucun barème public burkinabè | Qui détient les accès d'administration après livraison ? |
La connexion, le seul poste dont le régulateur publie les prix
Un marché de la fibre en forte progression
L'internet fixe est le segment le plus dynamique du pays : 310 696 abonnements au 31 mars 2026, en hausse de 72,78 % sur un an selon l'ARCEP, avec 98 % du parc en fibre jusqu'au domicile. Le parc se répartit entre Orange avec 150 334 abonnements, GVA sous la marque CanalBox avec 91 845, ONATEL avec 66 142 et VTS avec 2 334. Le trafic moyen atteint 459 gigaoctets par ligne et par mois. Concrètement, une petite activité urbaine a désormais de bonnes chances d'être éligible.
La grille tarifaire au 31 mars 2026
| Opérateur | Abonnement mensuel relevé par l'ARCEP | Frais de raccordement |
|---|---|---|
| Orange Burkina Faso | 30 Mb/s à 14 900 FCFA TTC, 50 Mb/s à 19 900, 100 Mb/s à 24 900, 200 Mb/s à 29 900 | 10 000 FCFA en fibre |
| GVA, marque CanalBox | 50 Mb/s à 15 000 FCFA, 200 Mb/s à 30 000 FCFA | Non publié par le régulateur |
| ONATEL, marque Moov Africa | Point d'entrée fibre à 15 000 FCFA par mois, reste de la grille illisible à l'extraction | Gratuit avec deux ans d'engagement, 40 000 FCFA avec un an |
| VTS | 50 Mb/s à 17 700 FCFA, 75 Mb/s à 23 600, 100 Mb/s à 35 400 | 82 600 FCFA |
Le vrai arbitrage n'est pas le débit
À l'entrée de gamme, les quatre opérateurs se tiennent en moins de trois mille francs par mois. La différence se joue ailleurs : d'abord sur l'éligibilité de votre adresse, puisque la fibre passe ou ne passe pas, ensuite sur les frais de raccordement, qui vont de dix mille à plus de quatre-vingt mille francs, enfin sur la durée d'engagement demandée en échange d'une installation offerte. Comparez le coût total sur douze mois, jamais l'abonnement seul.
Le poste électricité, souvent sous-estimé
Un site vit chez un hébergeur, mais vous travaillez chez vous. Le rapport d'activités 2024 de l'ARSE relève une durée moyenne de coupure par client de 358 heures sur l'année, contre 87 heures en 2023, pour 146 interruptions et un taux de délestage de 43,1 %. La facturation distingue par ailleurs des heures de pointe de dix-sept heures à minuit, les plus chères, et des heures creuses de minuit à sept heures. Programmer les tâches lourdes en heures creuses est un réflexe de gestion, pas un détail technique.
Financer la mise en ligne de son site avec I am Beezy
Couvrir les charges récurrentes plutôt que le devis initial
Le vrai risque d'un site n'est pas la facture de départ, c'est l'abandon au bout d'un an faute de trésorerie pour le renouvellement et la maintenance. I am Beezy fonctionne sur un principe simple : vous consultez des contenus, vidéos, articles ou annonces, chaque consultation produit un gain, et ce gain rejoint le moyen de paiement dont vous vous servez déjà. Affecté aux charges récurrentes du site plutôt qu'à la dépense initiale, cet appoint sécurise la partie du budget que personne ne provisionne.
L'ordre de grandeur, ramené en francs CFA
La fourchette de référence de la plateforme est de 5 à 15 euros par jour. Le franc CFA est rattaché à l'euro par une parité fixe, affichée par la BCEAO à 655,957 FCFA pour un euro le 5 août 2026, avec un cours d'achat identique au cours de vente. L'appoint se situe donc autour de 3 280 à 9 840 FCFA par jour. Comparé à un abonnement fibre d'entrée de gamme à 14 900 ou 15 000 FCFA par mois, l'ordre de grandeur est parlant.
Faut-il un site, ou une place de marché suffit-elle ?
La marketplace nationale est publique et postale
Particularité burkinabè qui mérite d'être connue avant d'engager un budget : la principale place de marché du pays, FasoRanana, est opérée par La Poste Burkina Faso, avec des rayons allant de la mode à l'électronique en passant par l'alimentaire. Vous y vendez sans site, sans hébergement et sans maintenance. En contrepartie, vous ne maîtrisez ni la présentation, ni la relation client, ni les conditions, qui peuvent changer sans vous.
L'annonce entre particuliers, un test à coût quasi nul
CoinAfrique Burkina Faso couvre Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Koudougou, Kaya et Dédougou pour les annonces entre particuliers. C'est le moyen le moins cher de vérifier qu'une demande existe avant de commander quoi que ce soit. Attention toutefois : l'annonce entre particuliers n'offre pas le recours d'une place de marché structurée, ni pour vous ni pour votre acheteur. Une précision utile pour éviter une erreur courante : la grande plateforme panafricaine que citent beaucoup d'articles régionaux n'a pas de site burkinabè.
Le paiement en ligne, la vraie raison d'avoir un site
Si vous encaissez déjà en espèces et par portefeuille mobile, un site n'ajoute pas grand-chose. Il devient utile quand il permet de commander et de régler à distance. Le terrain est là : la BCEAO recense 59 243 commerces inscrits au paiement marchand au Burkina Faso au 31 décembre 2024, pour 1 197 341 417 paiements marchands dans l'année représentant 875 milliards FCFA. Faites de l'encaissement en ligne le critère de décision, pas la vitrine.
Le calcul de rentabilité à faire avant de commander
Ramener la dépense à un nombre de ventes
Divisez le budget de la première année, charges récurrentes comprises, par votre marge unitaire moyenne. Vous obtenez le nombre de ventes supplémentaires que le site doit produire pour se rembourser. Si ce nombre vous paraît hors d'atteinte sur douze mois, le problème n'est pas le prestataire, c'est le projet.
Fixer une date de vérification à six mois
Inscrivez dès le départ une échéance de contrôle à six mois, avec deux ou trois indicateurs seulement : commandes reçues via le site, demandes de renseignement, ventes conclues. Sans cette échéance, un site inutile se renouvelle par inertie pendant des années.
Garder la main sur ses propres accès
Domaine déposé à votre nom, accès d'hébergement en votre possession, sauvegarde téléchargée chez vous une fois par trimestre. Ces trois habitudes ne coûtent rien et vous évitent le scénario le plus fréquent des petites activités : un site que l'on ne peut ni modifier ni déplacer parce que le prestataire est injoignable.
Un budget de site se juge sur douze mois, pas sur le devis initial, et deux postes seulement sont chiffrables sur source publique au Burkina Faso : la connexion et l'électricité. Pour le reste, exigez trois devis décomposés et gardez vos accès. Et si la crainte porte sur les charges récurrentes plutôt que sur la mise de départ, un appoint régulier comme I am Beezy, crédité sur le moyen de paiement de votre activité, couvre précisément la ligne qui fait abandonner les projets au bout d'un an.
