L'Union syndicale lycéenne (USL) et l'Union étudiante appellent à une « grande manifestation nationale » le mardi 6 octobre 2026, partout en France. L'appel, publié mardi 29 septembre au soir, vise à prolonger le mouvement de blocage des lycées « pour des conditions d'études dignes ». Plusieurs syndicats d'enseignants appellent à la grève ce jour-là, tandis que le gouvernement prépare l'ouverture d'une plateforme de concertation lundi 5 ou mardi 6 octobre.
D'ici là, la mobilisation ne faiblit pas : jeudi 1er octobre, le ministère de l'Intérieur a annoncé 1 949 interpellations et le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a indiqué qu'« un peu plus de 400 établissements » seraient fermés vendredi 2 octobre. Le déroulé de la semaine écoulée, les chiffres jour par jour et les droits des élèves sont détaillés dans notre premier article sur le blocus des lycées.
Qui appelle à manifester le mardi 6 octobre ?
Les organisations lycéennes et étudiantes
L'appel vient de l'USL et de l'Union étudiante, qui dénoncent une « logique de désengagement de l'État et de sélection sociale et raciste ». La Fage, première organisation étudiante, a appelé le 30 septembre à rejoindre le mouvement et réclame des « financements à la hauteur » pour les lycées comme pour les universités. L'Unef soutient elle aussi la mobilisation, selon une dépêche AFP du 30 septembre.
Les syndicats d'enseignants
Les positions varient. La CGT Éduc'action « appelle à la grève le 6 octobre, jour de mobilisation lycéenne », et SUD éducation fait de même avec Solidaires. Le SNES-FSU, premier syndicat du second degré, a déposé avec le SNUEP-FSU et le SNEP-FSU un préavis de grève et appelle les personnels « à s'en saisir là où cela est nécessaire », sans viser une date précise. L'Unsa Éducation soutient la demande de moyens mais insiste pour qu'elle passe par une action non violente.
Les parents d'élèves
Aucun appel national de parents à défiler le 6 octobre n'a été publié à ce jour. En Bourgogne, les fédérations départementales de la FCPE appellent au dialogue, à l'apaisement et à la protection des jeunes, et refusent toute récupération politique du mouvement.
| Organisation | Position pour le 6 octobre |
|---|---|
| USL et Union étudiante | Organisatrices de la manifestation nationale |
| Fage, Unef | Soutien au mouvement, appel à se mobiliser |
| CGT Éduc'action, SUD éducation, Solidaires | Appel à la grève le 6 octobre |
| SNES-FSU, SNUEP-FSU, SNEP-FSU | Préavis de grève déposé, sans date nationale fixée |
| Unsa Éducation | Soutien aux revendications, appel à la non-violence |
| FCPE | Pas d'appel national à manifester connu à ce jour |
Heures et lieux de départ dans les grandes villes
Des parcours pas encore publiés
À la date du 1er octobre, ni l'USL ni l'Union étudiante n'ont rendu publics les horaires et les lieux de départ des cortèges. Le tableau ci-dessous indique ce qui est connu ville par ville, avec la situation constatée ce jeudi.
| Ville | Heure et lieu de départ du 6 octobre | Situation le jeudi 1er octobre |
|---|---|---|
| Paris | Non communiqué à ce jour | Plusieurs universités bloquées (Paris Cité, Paris 1), tramway T3a perturbé |
| Lyon | Non communiqué à ce jour | Université mobilisée selon l'Union étudiante |
| Marseille | Non communiqué à ce jour | Une quarantaine de lycées mobilisés, bus, tramway et métro arrêtés |
| Toulouse | Non communiqué à ce jour | Incidents et mobilisation lycéenne |
| Lille | Non communiqué à ce jour | Campus du Pont-de-Bois bloqué, tensions devant le lycée Faidherbe |
| Bordeaux | Non communiqué à ce jour | Lycée François-Mauriac fermé jusqu'à la fin de la semaine après un incendie |
| Nantes | Non communiqué à ce jour | Hall du lycée Nelson-Mandela détruit par un incendie |
Où trouver l'information mardi
Les points de rendez-vous seront relayés par les organisations lycéennes et étudiantes et par la presse régionale. La préfecture de chaque département publie, le cas échéant, les arrêtés qui restreignent la circulation ou interdisent des rassemblements dans certains secteurs.
Quelles perturbations attendre mardi ?
Transports
Aucune prévision de trafic n'a encore été publiée par les opérateurs pour le 6 octobre. La journée du 1er octobre donne une idée des risques : à Marseille, le réseau RTM a été totalement suspendu ; à Grenoble, bus et tramways ont été arrêtés ; à Strasbourg, le tramway a été interrompu ; à Paris, le tramway T3a a été perturbé.
Cours dans les lycées
Le ministère a demandé que les cours soient assurés à distance dans les établissements fermés ou inaccessibles. SUD éducation appelle à l'inverse les personnels à ne pas faire cours à distance. Pour mardi, vérifiez l'ENT et la messagerie de l'établissement dès la veille au soir.
Universités
Selon l'Union étudiante, une trentaine d'universités ont connu des blocages partiels le 1er octobre, dont Rennes 2, Paris-Nanterre, Aix-Marseille, Strasbourg et Montpellier. Des fermetures de campus ou des cours à distance restent possibles le 6 octobre : chaque université les annonce sur son site.
La plateforme de concertation : comment participer ?
Le calendrier
Annoncée le 30 septembre par Édouard Geffray, la plateforme doit ouvrir « lundi, ou mardi matin au plus tard », soit le 5 ou le 6 octobre, le jour même de la manifestation.
Ce que l'on sait du fonctionnement
Tous les lycéens pourront y déposer leurs demandes, rassemblées par établissement et par région. Les recteurs devaient réunir les conseils académiques de la vie lycéenne sous 48 heures, et les proviseurs peuvent convoquer des conseils d'administration extraordinaires et des conseils de la vie lycéenne. Un temps de restitution nationale doit ensuite apporter des réponses, avec la promesse de transparence sur les demandes reçues.
Ce qui reste à préciser
L'adresse de la plateforme, le mode d'identification des élèves et la date de la restitution nationale n'ont pas été publiés. Pour participer, le premier relais reste les délégués élus au conseil de la vie lycéenne de chaque établissement.
D'ici mardi : les prochaines étapes
Une réunion au ministère vendredi 2 octobre
Édouard Geffray reçoit vendredi les syndicats de personnels, les fédérations de parents, les associations lycéennes et les élus du Conseil national de la vie lycéenne, pour obtenir des « avancées concrètes ». Jeudi soir, il a aussi annoncé que le gouvernement allait retirer son projet de rendre payante l'inscription en BTS et en classe préparatoire pour les élèves non boursiers.
Les réactions des partis
Les responsables politiques restent divisés. Bruno Retailleau (LR) a déclaré : « Je pense aujourd'hui qu'il y a une question qui se pose, c'est la question de l'interdiction de LFI. » Gabriel Attal (Renaissance) a demandé à Jean-Luc Mélenchon d'« arrêter d'utiliser les jeunes comme de la chair à canon politique », et Marine Le Pen (RN) estime que le dirigeant insoumis « porte une lourde responsabilité ». Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, accuse le gouvernement de complotisme et défend un mouvement spontané. Les députés socialistes demandent que le ministre reçoive au plus vite les représentants des lycéens.
Questions fréquentes sur la manifestation du 6 octobre
Un lycéen peut-il manquer les cours pour manifester ?
Non : les élèves n'ont pas de droit de grève et l'absence pour manifester n'est pas un motif d'excuse. Manifester hors du temps scolaire reste un droit.
Les enseignants seront-ils en grève mardi ?
Une partie d'entre eux, à l'appel de la CGT Éduc'action et de SUD éducation.
La plateforme remplace-t-elle la manifestation ?
Non. Les deux tombent la même semaine : l'USL et l'Union étudiante maintiennent leur appel, et le gouvernement maintient l'ouverture de la plateforme.
Ce qu'il faut retenir
Une semaine décisive
Le mardi 6 octobre réunira lycéens et étudiants à l'appel de l'USL et de l'Union étudiante, rejoints par plusieurs syndicats d'enseignants en grève. Les horaires et les parcours restent à publier. Entre la réunion de vendredi au ministère et l'ouverture de la plateforme de concertation, les prochains jours diront si le dialogue annoncé par le gouvernement change le rapport de force.
Sources : franceinfo, franceinfo (direct du 1er octobre), L'Étudiant.