Le comparateur public des tarifs bancaires du ministère de l'Économie ne couvre pas les collectivités d'outre-mer : il renvoie lui-même vers deux autres institutions. L'Institut d'émission des départements d'outre-mer publie un observatoire semestriel couvrant 42 établissements bancaires dans huit géographies, et l'Institut d'émission d'outre-mer en publie un pour neuf établissements bancaires et deux établissements de paiement dans les trois collectivités du Pacifique, tous deux relevés au 1er avril 2026. Chercher son tarif au mauvais endroit, c'est lire une grille qui ne s'applique pas chez soi.
Ce guide part de là : quelle source consulter selon votre territoire, ce que la loi plafonne de la même façon partout, comment ouvrir un compte quand on vous le refuse, comment en changer sans casse, et dans quel ordre réclamer. Les montants cités sont des plafonds de droit ou des repères de marché publiés par une institution, jamais le tarif d'une enseigne.
Les frais bancaires se grignotent sur douze mois sans qu'on les voie : les compenser suppose une rentrée régulière, et I am Beezy en est une, accessible depuis un téléphone.
Pourquoi le comparateur national ne vous concerne-t-il pas ?
Parce que son périmètre s'arrête aux établissements retenus par le Comité consultatif du secteur financier, et qu'il l'écrit lui-même.
Ce que compare tarifs-bancaires.gouv.fr
Le site est édité par le ministère de l'Économie avec le Comité consultatif du secteur financier, sur la base du décret n° 2015-1432 du 5 novembre 2015 qui charge le CCSF d'instituer un comparateur public en ligne des principaux frais facturés aux particuliers. Il compare quinze lignes tarifaires, issues du document d'information tarifaire normé que chaque établissement publie depuis le 31 octobre 2018, et sépare les établissements avec agences des établissements en ligne. C'est là que figurent, pour l'Hexagone, BNP Paribas, La Banque Postale, LCL, le CIC, la Société Générale sous sa marque « SG », les caisses régionales du Crédit Agricole et du Crédit Mutuel, face à des acteurs sans agence comme BoursoBank.
Le renvoi explicite vers l'IEDOM et l'IEOM
Pour les collectivités d'outre-mer, le comparateur se déclare hors périmètre et oriente vers l'Institut d'émission des départements d'outre-mer et l'Institut d'émission d'outre-mer, qui publient chacun leur propre observatoire des tarifs bancaires. Le partage territorial est net : l'IEDOM couvre les départements et collectivités dont la monnaie est l'euro — Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte, La Réunion, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon et les Terres australes et antarctiques françaises ; l'IEOM couvre la zone monétaire du franc Pacifique, soit la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et Wallis-et-Futuna.
Deux pièges de lecture à connaître
Le sélecteur du comparateur national propose bien les codes 971 à 976, 986, 987 et 988, ce qui laisse croire que la comparaison y est valable : elle porte sur les établissements du panel national, pas sur l'offre locale. Second piège, valable partout : la mention « NC » signifie « non communiqué » et non « gratuit », et certaines lignes reposent sur des données anciennes. Notre guide du comparateur officiel des frais bancaires détaille la méthode de lecture.
Que publient l'IEDOM et l'IEOM, et à quelle date ?
Deux articles du Code monétaire et financier, deux observatoires, deux rythmes.
Deux textes, deux obligations distinctes
L'article L. 721-13, en vigueur depuis le 26 février 2022, dispose qu'« au sein de l'Institut d'émission des départements d'outre-mer, un observatoire des tarifs bancaires est chargé d'étudier les questions relatives aux tarifs bancaires pratiqués dans les collectivités mentionnées à l'article L. 721-7 », et qu'« il publie semestriellement un rapport portant sur l'évolution des tarifs et les différences constatées entre les établissements des départements et collectivités d'outre-mer concernés et les établissements de la France métropolitaine ». L'article L. 721-23 institue le même observatoire au sein de l'Institut d'émission d'outre-mer, avec une obligation de publier « périodiquement des relevés » et un rapport d'activité annuel mis en ligne. La comparaison avec l'Hexagone n'est donc pas une facilité de présentation : c'est une obligation légale.
Ce que couvre chaque relevé
Côté IEDOM, la collecte porte sur 42 établissements bancaires installés dans huit géographies, à partir des documents publics de tarification, et suit les quatorze services de l'extrait standard plus trois tarifs réglementés. Côté IEOM, elle porte sur neuf établissements bancaires et deux établissements de paiement dans trois géographies. Les deux publications d'avril 2026 reprennent, pour comparaison, les données du CCSF issues d'un échantillon de 102 établissements hexagonaux représentant 99 % des parts de marché des comptes de particuliers.
Ce que dit le relevé d'avril 2026
Dans les départements et collectivités de la zone euro, six services sur quatorze augmentent, dont trois de moins de trente centimes, et deux baissent. Les frais de tenue de compte progressent de 2,8 % sur un an, moins vite que dans l'Hexagone (+3,7 %). L'écart sur la carte à autorisation systématique reste de 7,09 €, mais recule de 0,47 € sur un an. Trois services demeurent gratuits : le virement SEPA occasionnel par internet, le paiement d'un prélèvement et la mise en place d'un mandat. Dans le Pacifique, deux accords de modération tarifaire encadrent les évolutions, en Nouvelle-Calédonie pour 2025-2027 et en Polynésie française pour 2026-2028 : les frais de tenue de compte n'y montent que de 0,7 %, et l'abonnement aux services de banque à distance y est devenu gratuit chez tous les établissements.
| Point de comparaison | IEDOM, zone euro | IEOM, Pacifique |
|---|---|---|
| Base légale | Article L. 721-13 du Code monétaire et financier | Article L. 721-23 du même code |
| Territoires | Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte, La Réunion, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon, TAAF | Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis-et-Futuna |
| Monnaie | Euro | Franc Pacifique |
| Périmètre du relevé | 42 établissements bancaires, huit géographies | 9 établissements bancaires et 2 établissements de paiement, trois géographies |
| Rythme de publication | Semestriel, avril et octobre | Avril et octobre |
| Frais de tenue de compte, dernière évolution | +2,8 % sur un an | +0,7 % sur le semestre |
| Repère hexagonal comparé | +3,7 %, panel CCSF de 102 établissements | |
Ce que la loi plafonne partout, y compris outre-mer
Les plafonds ci-dessous sont des règles de droit : ils ne dépendent ni du territoire ni de l'enseigne, et ils sont opposables tels quels.
Les cinq plafonds à connaître par cœur
La commission d'intervention est plafonnée à 8 € par opération et 80 € par mois, par compte bancaire et non par cotitulaire, depuis le 1er janvier 2014. Elle tombe à 4 € par opération et 20 € par mois pour les souscripteurs de l'offre spécifique clientèle fragile et les bénéficiaires du droit au compte. Le rejet d'un chèque est plafonné à 30 € pour un chèque d'au plus 50 €, et à 50 € au-delà, l'ensemble des sommes facturées comprises, quelles que soient leur dénomination et leur justification. Un rejet hors chèque ne peut excéder le montant de l'ordre rejeté, dans la limite de 20 €. Notre guide des frais bancaires plafonnés reprend chaque texte.
« 25 € par mois » n'est pas un plafond de la loi
C'est la confusion la plus répandue du sujet. Le plafonnement global des frais d'incidents à 25 € par mois pour les clients en situation de fragilité financière est un engagement pris par les banques françaises, pas une norme : aucun des articles du Code monétaire et financier qui fixent les plafonds ne contient ce montant. La nuance compte quand vous contestez, parce qu'un engagement de place et un décret ne se réclament pas avec les mêmes mots.
L'offre spécifique clientèle fragile, à 3 € par mois
Son prix est plafonné à 3 € par mois, revalorisable annuellement sur l'indice INSEE des prix à la consommation hors tabac. Elle comprend au minimum dix services, dont une carte à autorisation systématique, quatre virements SEPA mensuels avec des prélèvements en nombre illimité, deux chèques de banque par mois, un système d'alertes sur le solde et le plafonnement spécifique des commissions d'intervention. Une banque doit vous la proposer sur support papier ou durable dès lors que les incidents se répètent sur trois mois consécutifs, et en particulier lorsqu'ils atteignent cinq au cours d'un même mois. L'IEDOM et l'IEOM publient chacun une rubrique consacrée aux dispositifs en faveur de la clientèle financièrement fragile.
| Frais | Plafond opposable | Texte | Depuis |
|---|---|---|---|
| Commission d'intervention, tout public | 8 € par opération, 80 € par mois et par compte | Article R. 312-4-1 | 1er janvier 2014 |
| Commission d'intervention, clientèle fragile et droit au compte | 4 € par opération, 20 € par mois | Article R. 312-4-2 | 23 juin 2017 |
| Rejet d'un chèque d'au plus 50 € | 30 € | Article D. 131-25 | 16 mai 2008 |
| Rejet d'un chèque de plus de 50 € | 50 € | Article D. 131-25 | 16 mai 2008 |
| Rejet de prélèvement ou de virement | Montant de l'ordre rejeté, au maximum 20 € | Article D. 133-6 | En vigueur |
| Offre spécifique clientèle fragile | 3 € par mois | Article R. 312-4-3 | 1er novembre 2020 |
Ouvrir, changer, vérifier : trois droits et leurs guichets ultramarins
Les droits sont nationaux, mais l'interlocuteur change selon le territoire, et c'est là que les démarches échouent.
Le droit au compte, exercé auprès de l'Institut
Toute personne domiciliée en France dépourvue de compte peut en obtenir un dans l'établissement de son choix, et faire désigner une banque en cas de refus. En métropole, c'est la Banque de France qui désigne, en un jour ouvré, l'établissement disposant ensuite de trois jours ouvrés pour ouvrir le compte. Dans les Outre-mer, c'est l'Institut d'émission qui accompagne la démarche : l'IEDOM écrit que « la loi prévoit que l'Institut peut désigner une banque pour l'ouverture d'un compte », et l'IEOM tient la même mission pour le Pacifique. Les services bancaires de base attachés à ce droit sont au nombre de dix, énumérés par l'article D. 312-5 : ouverture, tenue et clôture, un changement d'adresse par an, relevés d'identité bancaire, domiciliation de virements, relevé mensuel, encaissement de chèques et de virements, paiements par prélèvement et virement SEPA, consultation à distance du solde, dépôts et retraits d'espèces, et une carte de paiement permettant le paiement en ligne et le retrait dans l'Union européenne.
La mobilité bancaire dit « accord formel », pas « mandat »
Le service d'aide à la mobilité est imposé à toutes les banques, gratuitement et sans condition. Le code ne parle jamais de « mandat de mobilité » mais d'« accord formel » donné à l'établissement d'arrivée. Le calendrier est écrit : deux jours ouvrés pour interroger l'ancienne banque, cinq pour qu'elle transmette, cinq pour prévenir les émetteurs, dix pour que ceux-ci en tiennent compte. L'historique repris couvre les treize derniers mois. En cas de manquement, l'établissement fautif indemnise sans délai le préjudice qui en découle directement. Notre article sur la mobilité bancaire et ses délais déroule la procédure complète.
FICOM et REGAFI : deux fichiers, deux usages
Le Fichier des comptes d'outre-mer recense les comptes ouverts dans ces territoires ; le droit d'accès s'exerce auprès de l'agence locale de l'Institut ou de son siège, 115 rue Réaumur à Paris. Dans les collectivités du Pacifique, le droit d'accès aux fichiers d'incidents de paiement s'exerce également via l'IEOM et non directement auprès de la Banque de France. Pour vérifier qu'un établissement a le droit de détenir votre argent, le registre REGAFI de l'ACPR est mis à jour quotidiennement : cherchez-y le nom légal et non la marque commerciale, la dénomination et l'adresse devant être strictement identiques à celles de l'établissement recherché.
À qui adresser une réclamation, et dans quel ordre
L'ordre n'est pas une politesse : sauter une étape rend la suivante irrecevable.
La banque d'abord, par écrit
La réclamation écrite auprès de l'établissement est un préalable obligatoire. La Banque de France indique un accusé de réception sous dix jours et une réponse sous deux mois, ramenée à quinze à trente-cinq jours ouvrables pour un litige portant sur un moyen de paiement. Conservez la date d'envoi : c'est elle qui ouvre les délais suivants.
Le médiateur bancaire, gratuit et encadré
Le médiateur est réservé aux personnes physiques agissant pour un besoin personnel. Il se saisit deux mois après la réclamation écrite, ou quinze jours seulement pour un différend relatif à un service de paiement, et devient irrecevable au-delà d'un an. Son avis arrive dans les quatre-vingt-dix jours et n'est pas contraignant. Deux points décisifs : il n'est pas compétent pour un refus de prêt, et une action en justice contre une banque est irrecevable si la médiation n'a pas été tentée d'abord.
Ce que l'ACPR ne fera pas pour vous
L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution l'écrit sans détour : elle n'a pas de compétence pour régler les litiges individuels. Lui écrire à la place du médiateur fait perdre des semaines. En revanche, si un créancier refuse un IBAN émis dans un autre pays de l'Union européenne pour une opération en euros, le signalement se fait auprès de la répression des fraudes via SignalConso, et le manquement est passible d'une amende administrative pouvant atteindre 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale.
Compenser ses frais bancaires avec I am Beezy
Une cotisation de carte, un abonnement à des alertes, quelques commissions d'intervention : additionnées sur douze mois, ces lignes forment un montant que personne ne décide vraiment de payer. Un revenu d'appoint les neutralise ligne à ligne. Sur I am Beezy, la consultation de contenus — vidéos, articles, publicités — est rémunérée, et le cumul vous est reversé par le canal de paiement que vous avez déclaré.
La fourchette, et la monnaie de votre territoire
La grille de référence se lit entre 5 et 15 € par jour. Sur les territoires de l'IEDOM, c'est directement de l'euro. Sur ceux de l'IEOM, où circule le franc Pacifique, appliquez la conversion du jour avant de comparer ce gain à vos frais.
Où loger ces gains
Faites-les arriver sur le compte qui supporte vos frais, pas sur un livret : c'est le solde de ce compte-là qui déclenche les commissions d'intervention quand il passe en négatif. Et si vous êtes détecté comme financièrement fragile, demandez l'offre spécifique avant d'attendre que les frais s'accumulent.
Les quatre réflexes à prendre dès ce mois-ci
Consultez l'observatoire qui correspond à votre territoire — celui de l'IEDOM pour la zone euro, celui de l'IEOM pour le Pacifique — et non le comparateur national, dont le panel ne vous concerne pas. Relevez sur votre relevé annuel les trois lignes qui pèsent le plus : tenue de compte, cotisation carte, commissions d'intervention. Comparez ces commissions aux plafonds de 8 € par opération et 80 € par mois, puis réclamez par écrit tout dépassement, en gardant la date d'envoi pour le médiateur. Et vérifiez l'agrément de tout établissement au registre REGAFI avant de lui confier un virement. Enfin, pour que ces lignes cessent de peser, adossez-leur une rentrée d'appoint : une inscription gratuite sur I am Beezy suffit à la mettre en place.